‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 43 sur 107 · ME LOT · texte numérisé non relu

ME LOT

LE CHAGBiy DE MABKi:

(Le sentiment qui domine chez l'excellent roi Marke, ce n'est pas la colère, ce n'est pas la jalousie, ce nest pas le désir de vengeance, ni la haine : c'est une vive affliction, un profond chagrin : comme 3 c'est bien exprimé î) puis, peu après, cet autre, qui caractérise sa Consternation et peut-être aussi celle de Tristan :

LA coys.TEHyATioy

Lento moderato.comeprimo

p cspies'^ivo e rfclce.

La fin de celte scène est construite en grande partie à l'aide de ces deux nouveaux motifs, avec de fréquents rappels de La Colère, L'Aveu, Le Désir, La Félicité, La Mort libératrice, et L' Invocation à la nuit.

3me Acte.

Scène i. — Le Prélude nous transporte de suite au manoir de Tristan, au moyen d'un motif en exprimant admirablement Za Solitude, qui ne sera employé qu'au début de ce dernier acte, mais dont les notes initiales ne sont pas sans une certaine analogie avec le motif déjà connu du Désir.

En l'analysant par fragments, on découvre dans ces premières notes le sentiment de la désespérance causée par la fatalité, auquel succède, dans la montée en tierces et quartes augmentées, Timage de la solitude, de l'infini de l'Océan; un nouveau dessin exprime l'état de détresse et d'isolement où se trouve Tristan (voir p. 338); après un triple point d'orgue, les mêmes dessins se reproduisent, suivis, cette fois (au/7*j, des dernières notes de La Mort;... puis la montée par tierces revient une troisième fois et forme le lien avec la l""*^ scène.

L'iusemble de ce Prélude, d'une profonde mélancolie, prédispose merveilleusement l'esorit au dénouement du drame.

LA SOIJTl DE Lento moderato

Aussitôt le rideau levé, on entend, derrière la scène, un navrant solo de cor anglais sans aucun accompagnement, fort curieusement développé et expressif. LA TRISTESSE

•: [Au déûut du 1" acte, un jeune matelot chantait dans les mâts dj navire, et un fragment de sa chanson a fourni le motif de La Mer;

ici, c'est un pâtre qui joue sur son chalumeau un chant triste et plaintif, qui servira dans l'orchestre à accompagner une bonne partie du récit de Tristan en délire, après que le pâtre l'aura fait entendre une seconde fois.]

Cet autre motif est spécial au personnage àe Kurwenal, dont il dépeint piltoresquement l'allégresse d'abord lorsque Tristan rouvre les yeux, comme plus tard lorsqu'il pense quiseult peut le guérir définitivement.

IJ ALIÈGHESSE DE hliBWEyAL KLRWENAL

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[Il apparaîtra encore au moment où Kurwenal s'élance sur la suite du roi Marke pour y trouver la mort, à la fin de la scène m.]

Le calme et paisible motif de Karéol, formant une opposition souriante à l'angoisse de l'action, n'apparaît que deux fois, et assez rapprochées, ' l'orchestre, pour rappeler à Tristan le temps heureux de sa jeunesse.

hAHEOL

KUKWENAL

A partir d'ici, tous les principaux Leit-motifs se î)ressent dans un tel enchevêtrement que leur énuraération deviendrait fastidieuse; au surplus, on les a rencontrés déjà assez souvent pour les reconnaître facilement, soit à la lecture, soit à l'audition. Parmi les plus fréquents, on peut pourtant appeler l'attention sur : Gloire à Tristan, La SoUtiule, puis, après un retour de Karéol, L'invocation à la nuit, La Mort libératrice. . .

Un seul motif nouveau reste à signaler; celui-ci aussi dépeint la Joie, mais il n'est pas, comme celui de L'Allégresse, spécialement attaché à un seul personnage; il se rapporte aussi bien à la joie de Tristan qu'à celle de Kurwenal; de Tristan lorsque, dans sa fièvre, il croit voir Iseult arriver, de Kurwenal lorsque celui-ci peut enfin, en frappant à mort le traître Mélot, venger son maître.

TRISTAN

lA JOIE

Les scènes ii et m ne fournissent pas de motifs nouveaux; voici l'ordre dans lequel on retrouvera les précédents, qui y fourmillent.

Scène ii. — L'Invocation à la nuit. Le Chant d'amour, La Délii^rance, La Félicité, L'Ardeur, La Mort, Le Désir L'Aveu, Le Regard, La Mort libératrice. Le Chant de mort, TYistan blessé, Le Breuvage de mort...

ScÈNF. ni. — La Joie, Karéol, Le Chant de mort, L'Aveu, Le Désir, L'Élan passionné,... et le rideau se referme sur une dernière transformation du Désir.

En dehors de ces thèmes essentiels, il en est plusieurs d'une importance secondaire, mais pourtant d'un usa^e assez fréquent, tel le motif de L' Exaltation, apparaissant dès le 1" acte,

puis au 2% au moment de l'arrivée de Tristan. Plusieurs fois, il sert de développement au motif de La Colère.

Seulement à partir du 3^ acte, mais dès le Prélude, on rencontre celui-ci, très expressif :

lAhKJHESSF. DE THÏSTAIS'

L' Anéantissement ne se présente que deux fois, sous des formes très distinctes, à la scène i, après la deuxième apparition de Karéol,

AN À L Y s E M U s I C A L E

TRISTAN Adagio

et tout à fait à la fin. presque aux derniers mots d'iseult.

Celui-ci aussi, également à la scène i, arrivant fort peu après le précédeaf. *-

ZkO

VOYAGE A BAYREUTH UaMOVH IMi'LACABLE

TRISTAN

Oet autre, à la scène ii, devançant de quelques pages

un charmant rappel de La Félicité :

MALEDlCTWy m PHILTHE ir AMOIH TRISTA.V

Ce dernier enfin, aussitôt après la mort de Triitiîi. LA MOHT VAhTAGÉE

^ ISEL'LT

On pourrait certainement en signaler beaucoup d'au-

très, mais ceux-ci me ]:)araissent. suffisants pour l'intelligence de l'œuvre ; d'ailleurs, en entrant dans cette voie, on ne saurait exactement où s'arrêter, et on arriverait finalement à trouver des Leit-motifs là où il n'y a que de la belle déclamation lyrique et des formes caractéristiques du langage musical de Wagner. L'essentiel, c'est que le lecteur sache qu'il lui en reste à découvrir qui, pour êlre secondaires, n'en sont pas moins intéressants.

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