‹ Le voyage artistique à BayreuthChapitre 57 sur 107 · LE DRAGON · texte numérisé non relu

LE DRAGON

Le nain capturé, les dieux remontent à la surface de la terre avec leur prisonnier, ce qui donne lieu à un nouveau changement de décor et à un nouvel intermède symphonique. Celui-ci débute par un rappel, à coup sûr ironique,

du Triomphe du Nibelung, clans lequel l'élément du feu, Loge, prend un développement inaccoutumé; L'Anneau paraît joyeux, puis se termine par La Lamentation ; alors reparaissent les bruits de Forge, mais en diminuant ; on éprouve cette sensation qu'on parcourt le même chemin, mais en sens inverse. Après un retour de La Fuite, le motif des Géants se fait sourdement entendre, comme pour rappeler qu'ils ne sont pas loin; il se combine avec Le Walhalla, puis avec La Servitude, et s'enchaîne avec la scène suivante au moj'en d'une pédale de dominante sur laquelle on retrouve L'Adoration de l'or et plusieurs des motifs précédents.

Scène iv, — Dès le début de la scène, à la 9*^ i-^iasure, une amusante petite figure sautillante représente le dieu Loge dansant de joie autour du nain ficelé, en faisant claquer ses doigts. Sans avoir caractère de Leit-motif, elle se reproduit deux pages plus loin.

Remarquer aussi la façon imitative dont l'orchestre rend le bruit du frottement des cordes lorsque Loge délivre graduellement le Nibelung de ses liens.

Aussitôt qu'il est libre, gronde sourdement dans les profondeurs de l'abîme mystique ce rythme menaçant,

THAVAIL DE DESTHVCTIOJS liFS I^IBELUNGS

décelant le travail continu par lequel dorénavant les gnomes rancuniers vont sans cesse miner l'édifice divin, le saper dans sa base jusqu'à sa ruine complète.

AiNALYSE MUSICALE

[Ce rythme bien reconnaissable ne paraîtra pas dans la « Wnlkyrie », mais on le retrouvera très souvent dans « Siegfried » et le ■î Crépuscule ».]

Aussitôt Alberich, dans une phrase à l'allure démoniaque, lance son anathème à V Anneau qu'il maudit, et qui devra dorénavant porter malheur à tous ses possesseurs.

MALÉDICTION DE LAiyyEAU ALBERICH == h.

Ce haineux motif est presque constamment accompagné du rythme de Destruction, et vers la fin du récit par La Puissance d'AlbericJi, aussitôt atténuée par La Servitude.

L'action se déroule sans qu'il soit besoin d'y introduire de nouveaux motifs jusqu'au moment de l'apparition d'Erda, qu'annonce sinistrement le thème des Nornes, ses filles, les Parques de la mythologie Scandinave. Ce motif

VOYAGE A BAYREUTU

LES youyES

reDroduit, mais en mineur et à ^ temjis, la forme principale de celui du Rhin, de l'élément originel.

De même en dérive, par mouvement contraire, Le Dé' clin des dieux ^ ,

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LE DECUy DES DIEUX

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qui ne tarde pas a apparaître, ainsi que L'Anneau, aux derniers mots de la prophétie d'Erda, laquelle a reçu pour accompagnement les motifs des Nomes et du Tra~ vail de destruction.

Les nombreux Leit-motifs déjà établis suffisent à Wagner jusqu'à la formidable Incantation du Tonnerre, que répercute avec fracas l'écho des cuivres tonitruants.

1. Le terme classique adopté est : Le Crépuscule des dieux; j'emploie ^ci le mot déclin uniquement pour éviter, dans la suite de cette analyse, la confusion entre le Leit-motif et la 4"" journée de la Tétralog-ie.

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[Ce thème ne se représentera qu'une seule fois, dans le Prélude de « La Walkyrie».]

Après le passage d'un court orage, apparaît rapidement, radieux, le thème serein de Z'^rc-e/i-c/e/ traçant une belle courbe sous un trille mesuré et étincelant des violons, des flûtes et de tous les instruments aio-us.

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[Ce motif ne reparaîtra pas dans les journées suivantes.]

Le motif du Walhalla accompagne le passage des dieux sur ce pont céleste. On sent se presser dans le cerveau de Wotan l'idée de L'Anneau qu'il a dû conquérir, puis donner, pour payer son Burg; du Wiin auquel il a été antérieurement volé, et de la nécessité de créer une milice invincible pour le défendre; de là jaillit comme un éclair la pensée de L'Épée des dieux.

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