SCÈNE XII
LÉONARD, puis SIR JOHN et GEORGINA (4).
LÉONARD, d'abord seul. Les voici il était
temps!..
SIR JOHN, « Grorgina. Ycs .. je volais présenter à vos... ma meilleur ami...
GEORGINA. à part. Sir John qui me l'amène!., je n'y comprends plus rien!..
SIR JOHN, montrant Léonard qui se confond en salutations. Mon excellent hami, monsieur... Léopard.
LÉONARD, bas. Léonard.
GEORGINA, saluant aussi. C'est singulier!., et vous connaissez Monsieur?
LÉONARD. Oui!., une r.'ncontre!
SIR JOHN, bas. Inutile de parler du petite affaire d'hon neur!.. je va niais jamais moû de ces choses!..
LÉONARD, à part. Il n'y a pas de quoi!
GEORGINA. Une rencontre?
LÉONARD, étourdiment. En Afrique!
SIR JOHN. Où Monsieur avait sauvé moâ... dans le grand Kabylie...
LÉONARD. Je suis trop payé... de ce léger service... par le plaisir. {Saluant Georgina.) d'avoir conservé à Milady un époux... adoré!..
GEORGINA, auec dépit. Milady!.. Milady!.. mais vous vous trompez. Monsieur!., je nesuispas mariée !..
LÉONARD. Ah bail !
SIR JOHN. No!., mais ce était le môme... miss Georgina épousait moâ, sir John Esbrouff... son liuteur.
LÉONARD, a part, très-agité. Ah! mais ceci change furieusement la thèse! elle est libre, je l'adore... Je suis fixé! 'H remonte, haut , avec solennité (2). Sir John Esbrouff, mon honorable ami!., vous trouverez peut-être ma démarche singulière... et ma demande un peu... coup de pistolet !..
SIR JOHN, faisant un bond sur lui-même. Hein ? LÉONARD. Je veux dire... un peu prompte!., mais la circonstance me commande... et j'ai l'hon-
SIR JOHN ESBROUFF.
neiir de vous demander la main de miss Georgina, voire pupille.
sm JOHN, stupéfait. De Miss?..
LÉONARD. Pour laquelle je me sens le plus tendre... c'est-à-dire, le plus vif... enfin... great... attraction!..
GEORGINA, à part, émue. Il m'aimait... j'en étais sûre!..
sin JOHN. Je hilvais pas bien henlendu!.. vos demandez à moâ, en maria.ue?..
LÉONARD. La charmante Georgina.
SIR JOHN. Mais, mon bon hami... je pouvais pas... puisque je l'épousais pour moâ...
LÉONARD. Mais, mon bon ami, moi... je l'épouserai pour vous...
SIR JOHN, à part. Il e?t diôie! {Haut.) Mais je l'épousais, dans trois jours...
LÉONARD. Eh liien, moi, je l'épouserai, tout de suite, voilà uno économie de temps!
siRJOHN.se /«c/ia»<. Oh! c'était une demande... très-indiscrète... (Avec colère.) Allez-vous-en... VOUS... dehors (1)!..
LÉONARD. Pas avant d'avoir... une réponse!
sia JOHN, hors de lui. Un réponse?., un réponse?.. Eh: bien le voilà... c'est que Miss n'aimait pas vos!., c'est que Miss préférait moâ à vos... c'est que Miss volait épouser moâ et pas vos!
LÉONARD. Oh! permettez... je lis au contraire dans les yeux de Mademoiselle...
GEORGINA, levant les yeux avec un geste expressif. Oh!..
LÉONARD, la montrant. Vous voypz?.. je ne lui fais pas dire!..
SIR JOHN. Allez-vous-en dehors... je disais!..
LÉONARD. Non !.. et si vous ne me l'accordez pas!.. (A son oreille.) je recommence votre portrait que je fais tirer à cent mille exemplaires.
SIR JOHN, exaspéré. Diawel! Diawel!
GEORGINA. Mai> enfin, puisque Monsieur se présente avec des intentons honorables...
SIR JOHN, se prenant les cheveux. Oh ! je enra geais moâ!.. (Criant à fue-/^/e.) Permettez! je accorderais à loui!.. s'il avait une fortune confortable!., mais il n'avait rien.,, les peintres... ils étaient irès-gueuses! tandis que moâ... qui avais cent milh.- livressterling!..
LÉONARD, vivement. Ce n'est que cela qui vous arrête? (Il va àtabl.-.j
SIR JOHN. Je hâvals juré à son papa, le père... de ne la marier qu'à quelqu'un... capablepour la rendre très-heureuse!., c'est-à-dire Irès-riche!..
LÉONARD, qui a tiré Je .<!a poche le papier siijné par sir John. Je suis très-riche!.. {Ecrivant sur le papier, à part.) Parbleu, quand il ne servirait qu'à cela!
G..0RGINA, avec intérêt. Vous, Monsieur?
SIR JOHN, se moquant. Une rapine!..
LÉONARD, se levant. Plus riche que vous!., je n'ai qu'à envoyer ce mot à mon banquier!.. (Montrant la signature à Georgina.) Vous le connaissez peul-ôlre, Miss?
GEORGINA, Usant. Sir John Esbrouff!
LÉONARD, montrant aussi le papier à sir John, sans le lâcher. Je crois la maison assez solide!.. (Il lui frappe sur le ventre.)
sin JonN,Oh!..Shoking!.. (Lisant.)» Je reconnais devoir à M. Léonard la somme de cent mille livres sterling... sir John Esbrouf! » mon blanc-seing! qu'il avait rempli. [S'arrachant les cheveux.) Oh! god, god, god !
LÉONARD, montrant le papier. Vous voyez que je suis à mon aise.
GEORGINA. Est-il possible !
SIR JOHN, d'une voix entrecoupée. Tout mon fortune!., mais moâ, Monsieur, je hâvais plus rien alois...
LÉONARD. C'est bien mon intention!
SIR JOHN, pleurnichant. Je tombais dans le pauvreté... je étais gueux comme... une peintre... je demandais un sou à tout le monde (1)!..
LÉONARD. Au.ssi, je vous donnerai des leçons de dessin. (S'apiloijant.) Pauvre jeune homme... à la fleur de son âge... ça l'end le cœur!., je vous enverrai à Rome... tandis que moi... avec mes cent mille livres sterling!,.
cÉSARiNE, qui écoutait, à part. Cent mille livres!..
LÉONARD, achevant et prenant miss Georgina sous son 6ros. J'épouse miss Georgina, aujourd'hui même!..
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