SCÈNE \IV
«I» JOHN, prenant le f'illet vivement, \oyons... voyons!., je connaissais Iriès-bien. (// /i( le billet.) • payable à vue... el a l'ordre de mademoi-
• selle Cé.-arineDigonnel !.. Par celle preniiere de « chanj^e et sans autre avis, il me plaira épouser
• la susdite... valeur reçue. — Sijzné Léonard. » GEOBGiNA, furieuse. (Juelle indignité!
LÉONARD. Permettez! le style seul indique que
ce n'était qu'une plaisanterie'.
SIR JOHN, tout joyeux. Le billet, il était excellent.
LF.oNARD. Pour faifc des papillottes!
cÉSARiNE, appuyant. Très-bon!., et si j'avais \oulu le négocier !..
LÉONARD. Un billet de moi qui se trouverait bon! ce serait donc le premier! (// veut le lui prendre, elle le remet ilans sa poche.)
ctSARiNE, indignée. Mauvaise paie!..
SIR jouN, bas. Employez le contrainte par corps!
Lbo.NABD, a (Jeorgina. Je puis vous jurer...
GEORCiNA. Ne m'adressez plus la parole, Monsieur.
SIR JOHN, se frottant les mains. Bien!., iresbien !..
LÉONARD. Je ne paierai pas! j'ai déposé mon bilan.
SIR JOHN, d Césarine. Il faisait banqueroute!., il n'offrait pas même cinquante pour cent!..
CÉSARINE, crùjnt.CinquantepourcenI?.. Je n'en veux pas! j'y mangerai plutôt tout ce que j'ai!...
SIR JCDN. Vous disiez à raoâ... que vos n'aviez que des dettes criardes...
LÉONARD, montrant Césarine qui reprend haleine. Eh bien! j'espère que celle-là peut compter!.. (Furieux, à Césarine.) C'est de la mauvaise foi!., le billet n'était valdble que lorsque j'aurais fait fortune ?
CÉSARINE. Eh! bien !.. et les cent mille sterling (Montrant sir John.) que l'.Anglelerrre doit à la France!
SIR JOHN ET GKORGiNA. Commeni?
LtosxRD, à part, exasi'éré. Elle a entendu!.. (Haut.) Ah I voila donc la cause de celte recrudescence d'amour?.. {.Vontrant le K'.anc-seing qu'il lire de sa poche.) Eh bien, je la défais ma fortune, j'y renonce. (Déchirant le papier.) Tiens, tiens, tiens, tiens!.. Je n'ai plus le sou! les voilà tes sterlings!..
siB JOHN. Il est folle !..
CÉSARINE. Ah! c'est comme ça... ta es ruiné ! {Tirant un papierdesapoche. jLz\o\\àlapTomesse de mariage. (Le déchirant vivement.) Tiens, liens, tiens, tiens! Elle remonte avec Léonard.)
SIR JOHN, enchanté. (A Georgina.) Oh 1 nous pouvons signer le contrat !..
GEORGINA, le tirant de $a poche. Votre contrat!
jamais!.. (U déchirant.) Tenez, tenez, tenez... tenez!..
SIR JOHN, exaspéré. Oh! je ne havais nen à déchirer, moâ!.. (!).(// o son mouchoir a la main qu'il déchire par lanières.) Hing ! hing ! hini: !
LES TROIS AUTRES, déchirant leurs papiers en plus petits morceaux.
Tiens! liens! tiens! u , . .. ,
Tiens! liens! liens! "'"S. hing, hing!
ENSEMBLE, avec explosion.
Air -. .1/1.' quelle éloquence. (Toréador.'
Ah ! de cette offense...
Qui me blesse au cœur...
Oui, j'aurai vengeance :
(iraigner ma fureur" (Pendant que lu uiusii^ue continue piano.)
sin JOHN, à Georgina. My dear pioupille?..
GEORGINA, /urifuse.Vousm'éles insupportable!..
LÉONARD. Miss Gcorgina...
GEORGINA. Vous m'êtes odieux !
LKs DEUX HOMMES. Elle me déleste. (S'adressant l'un a l'autre.) Vous m'en rendrez raison ! venez, Monsieur, suivez-moi!..
REPRISE, plus fort (i .
Ah: de cette odense, etc.
{Les deux hommes sortent vivement, chacun d'un côté en se tournant le dos et croyant que l'autre te suit; Georgina s'est assise près de la table el secoue ta télé dans ses mains. Ctsarine fait un pas pour sortir par le fond et s'arrête.)