SCÈNE XIL
IVIONGÊRAN, GÉDÉON(I).
GÉDÉON, entrant par la droite, et à part; il a changé de toilette. EiifinH... le Triboulard m'a donné mon congé... me voila libre!., mon oncle ne peut rien dire!... Mais, avant de quitter ce parc aux huîires, il faut que je me réhabilite aux yeux d'Anaïs... Où diable est-elle?...
MONGÉRAN, à part. Elle ne vient pas!...
GÉDi'iON, en se relournant, il aperçoit Mongéran. Xh[ un étranger?...
MONGÉRAN, à part. Quel est ce monsieur?
GKDÉon, à part. Un voisin de campagne, sans doute.
MONGÉRAN, à part (2). Peul-étre un parent... drôle de prolil!... Ah çà! il a l'air de me passer en revue!... Je ne reconnais ce droit qu'à mon colonel!... {Haut.) Monsieur...
GÉDÉON. Monsieur... (//s se saluent.)
MONGÉRAN. Mousieur est de la maison?
GÉDÉON, ricanant. Non, non, Dieu merci, mon cher Monsieur...
MONGÉRAN, à part. Ce ton ricaneur me déplaît souverainement!
GÉDÉON. J'ai failli en être!... figurez-vous... On peut se dire ça, entre jeunes gens... Il ne s'en
SCI^NK XIV.
est pas fallu de l'épaissear du no barbiche, que je de\liisâe répoux <lo celle petite pecqvio ! MON(;i:n\.N, c'iinjiii'. reccpiL'?
CI DKON. Je di> : pccque... comnio j'aurais dil : pei.iL' dinde...
Mo.NGÉiiAN, s'doançiiut plus près de lui. De qui piirlez-vous, s'd voua plall?
GKDkoN. Kh ! mai:*... do la fille do ce poisson dessécl.é. . do ce li.reng pccque!... de la Mlle du Tnbuulel, Triho.iard... A lacjuelle un galant lionimo no saurait donner son noui!...
Aïo.NGKiiAN, à part. Uno insulte personnelle! {Haïti, et lui serrant la-mam.) Monsieur...
ckoÉoN. Vou.5 files de mon avis n'est-ce pas? .\o serrez pas si fort !
Mo>GKn\N. Je passe tout aux imbéciles... parce (ju'ils no savent ce (]u"ii8 di>ont... GÉuKo.N. Hein?... vous nie soi'oz iroj) fort! Mu.NGtnA.N, il' secouant. Mais les inipertinents .. je les cliâlie, et rudement, je vous en avertis!
GÉDKo.v, à purt. J'ai donné dans le pot au noir!... (Haut.) Permettez... je n'avais pas l'intention... au contraire...
MONGKHAN, sans le làcher. Je vous défends de dire un mol (.\\} plus sur celle famille... et, même, sur son amie, niad.imo Duplessis, dont je fais un cas tout particulier.
néoÉo.N, su (lègayrant , à part. Madame Duples!>is!... C'est un de ses adorateurs, dont elle me menaçait... un rival!... {Haut, enfonçant son chapeau.) .Monsieur, si vous croyez m'intimider? Mo.NGÉBAN, le stinanl plus fort. Il est inutile de crier...
GÉDÉON, criant plus fort. Mais, je crie... parce que vous me faites mal!... Il est charmant! (Se dégageant.) Lâchez-moi donc!...
MO.NGÉRAN. lih bien, sortons!...
GÉDÉo.N, tranquitleinent {\). Sortez, si vous voulez!...
MONGKRAN. Je vi;is vous allendre au fond du jardin. (7/ gagne le fond.)
GÉDÉON, comprenant, et élevant la voix. Ah!... pour?... très-bien... ça me val... Je cours prendre mes armes... {A part.) Je vais prendre le chemin de fer... Il m'ennuie ce porc-épic! {On entejul^ à gauche, la valse du commencernent sur le piino.)
MO.NGtuAN, revenant snr ses pas. Qu'entendsje?... notre valse d'hier... c'est un signal... c'est me dire qu'elle m'attend!... ah! je cours!... {Criant, à Gédéon, en se sauvant, à gauche.) Je suis à vous, Monsieur, dans la minute!