ACTE I, SCÈNE VI
mon habileté, je touche terre enfin dans llle encluinU'o de Calypso!...
TiiKnÈSK. lîl voire jument?...
UAhBËZiEUX. Elle sera retournée à son écurie... elle sjil lo chemin... (Kluurdiment.) Elle y est allée plus do vin^^l fois comme (.a...
Toi'S. Ali!... comme ça?...
UAi(Ui./iti X, ae rei)renanl. C"esi-à-diro... ollo a un in^iincl !...
LE coMTK, d'un Ion (joguenard. El monsieur lo marquis est-il tombé face?
BAiiUEZitLX, sèchement. Je suis tombé pile!... ou, pour mit ux dire, j'ai glissé mollemcnl...
LE coMTii. iqiuussetunL. Sur le dos!
BAiiuhzii.ix, bas. Tu me paieras cela, toi!
JKAN.NK. Monsieur le marquis doit avoir besoin de se rafraîchir?
LEcoMTi-, bas. Uefusel...
BAKUEziLux, haut, et le narguant. J'accepte.
LE COMTE, àyart, fâché. Ah! mais!
JEA.NNE. Vile, Thérèse!
TiitiiE.-.E. Je cours à la cave.
LE coiiTE, bas, à Barbe^ieux. Va-l'on, lu me gôncs !
BARBEZiEL'X, ^05, OU comte. Jo rcsle, ça me plalll (// firciid une chaise, et s'étale dessus.)
JEA>.NE. El C:U bon, celui qui vient de mon père. (Elle ricondul Théref^e jut^qu'à la porte du fond ; Thérèse disparaît.)
LE coMTi;, à part (\). Morbleu! je te forcerai bien do partir!
JEAN.NE, revenant. Monsieur le marquis se rendait ^ans doute chez son ami, le comte de Mailly.
BAiiHEZiELX, regardant le comte. Il n'y est pas
LE COMTE, froidement. (Jui vous l'a dil?
BAnui;ziEfx. Mais, dame... puisque.... (Se reprenant.) C'est loi qui me l'as dit toulà l'heure!...
LE COMTE. Moi'? du lout!
BARBEziEux. Pcu importe! (A Jeanne.) Je n'y allais pas; je n'ai point envie de me mettre mal en cour... pour le plaisir de voir un écervelél...
JEANNE, regardant le comte. Comment?
BAiiin:ziFX'x, .sans répondre. Non !... j'avais un but plus agréable... Tudieu!... j'allais à Louveciennes... faire une visite à la présidente de Pommereuil ! une petite veuve charmante!
Air : Trompette est le nom d'une fille. (Nadaud.) Je la crois si'-vcre et cruelle, Ça se voit dans ses yeux
Bleus!...
Entre nous, j'adore une belle Qu'on ne dompta jamais,
lUais...
Coquette, coqucUe, coquette, Prends ç;arde a mes filets...
L'amour qui te guclle, te guetle, Itf'a doi\nc tous ^es traits!. „
LE COMTE, avec ironie. Ah bah!... elle que l'on dit si farouche!...
BARBEZIEUX. Parco que ton maître a échoué?... cela no prouve rien !...
LE COMTE, souriant. Ah! vous croyez ijuil a échoué?
BABBEZiEL'x. Paiblcu!... tandis que moi...
Mime <iir.
S'il nie faut tenter Icscaladc, Palscnilileu 1 mou cœur est
V\Hl...
Pour qu'elle balte la chamade, Il sufiit d'un regard f
Car...
Coquette, coquette, coquette.
Tombe dans mes liletsl...
L'amour qui le guette, te guette, S'est caché sous mes traits!
(A Jeanne. ) (1) Je suis peut-être l'homme do Franco le plus irrésistible.
LE COMTE. Bon !... monsieur le marquis l'a rôvé... comme dans la chanson... vous savez?
BAUBEZiEux. (Jucllo chauson? non, jo ne sais pas !
LE COMTE. Si fait... ce pelil Noélquc mon nullrc a composé sur vos bonnes forlunes!
JEANNE, bas, au comte. Ah çà... il en fait donc sur tout le monde!...
BARBEZIEUX, piqué. Il s'cst pormis de me mettre en ponts-neufs?... Verludieu!... qu'est ce (ju'elle dit, sa fiuenillede chanson? allons, chante vite!... je veux la connullre.
JEANNE, bas, au comte. Ne la chaulez pas. LK COMTE, à Darbczieux. Si monsieur lo marquis lordonne!
BARBEziELX. Oul, va! va!... j'ai l'esprit aussi bien fait que la jambe !
LE COMTE, la regardant. Oh! alors!... Mon Dieu! c'est bien innocent. [H chantonne.) . Barbe/icux, tout en dormant, . S'imagine èlre l'amant . De toutes les tilles d'Eve...
t Mais, hélas 1 ce n'est qu'un rêve!
€ Ouvre donc entin les yeiix, . Cher marquis de Barbezicux ! »
BARBEZIEUX, uvec colére. Cordieu! si au lieu d'ouvrir les yeux, j'ouvrais la bouche!., je iiourrais me venger... {A part.) Mais j'ai juré... foi de gentilhomme... c'est sacré!...
LE COMTE, froidement. Du reste, il n'y a que vingt-deux couplets... Vous allez voir... (Chantonnant.)
t Baibezioux »
BARREziF.rx, sèc//fme7U. Assez, maraud!
JEANNE, fâchée (2). Monsieur!...
LE FAUCOiNNIER,
lîARBKZii'DX. Ton iiuiîtrc croit-il donc qu'il n'y ait (lue lui qui sache trousser un couplet... Je tiuis peutélre i'Iiommo de France!... lions! en improiiqUu. (// chaule sur le même air.)
« Le comte Armand de RIailly « S'imsginc... non... se Dgurc.iion...
lluni!... luim!... {S' interrompant.) Va lo promener... diable do rinic!... je n'en trouve jamais tIu'une!...Jc lui enverrai ma réponfc!.,. En ai tondant, tu lui apprendras de ma part cju'il est un fat !
JEANNE, cjf rayée. Alil...
LE COUTE, le regardant. Monsieur le UKU^iuis ne lui répéterai l pas une telle parole en i'aco !
B.vr.BEziKUX, de même. Si, parbleu! qu'il se le tienne pour dit!...
JKANNK, au comte. Là! voyez-vous!
LE COMTE , toujours tranquillement. A cet égard il est quitte envers vous!... car il répète à qui veut l'entendre que le fds do votre père est un im...
BARBEziRUX, avcc complaisaucc. Un nain !... cinq pieds luiil pouces!...
LE COMTE. Un imbécile!
B.snuKziEL'x, faisant un soubresaut. Tlait-il?
JEANNE, voulant lus calmer. IMonsieur iiuberl !
LE COMTE, S inclinant, l'ardon, monsieur leniarquis, c'est l'opinion de mon maître; pas la mienne!
UARDEziEUX, fuiicux (i). Ah! il prétend !... Mordieu ! tu mériterais... (S' arrêtant. } Non, c'est .'•acre... mais cela vaut une leçon! V^a l'aveitir que je l'attends à l'entrée do la lorôt, derrière le mur de son parc.
LE CO.MTE. Il a juré de no plus se battre qu'avec ses amis intimes !...
BAiiBEZiEUX, exasi'éré. Eh bien! j'en suis!... je réclame mon privilège.
JEANNE, le suppliant. Oh! Mon;-ieur... je vous on prie...
BAnBEZiEUx. Ne craignez rien pour nioi, ma belle enfant... je suis pcut-èlrc l'hoinme de France qui manie le mieux l'épéc !
LE C0.MTE, ironiquement. Témoin les deux coups que mon malirc vous a donnés l'a» dernier.
UAKBEZiErx, hors de lui. Jo lui en rendrai... trois... quatre... oui,mordicu.., je veuxlui piquer les doigts... le larder... et l'empôchcr à ra\enir de faire des couplets sur lo lils de mon i)ère... Ah! ah! je compte sur lui. {Criant à tue-téle.) Entends-tu... Dagoborl!... non, lîigobert... non Hubert!... Hubert,., fauconnier! {Il sort par la
droite.)