SCÈNE III
LE DUC, JOSEPH, puis LE COMTE. CUADllLVC ET TAVANNES cachés.
I.F. DUC, brusquement {\). Comment, mordicu! personne à qui parler!
josKPii, ;'(>»rt'i( Ut surprise. Monsieur le duc, lo viinôrable autour do mon auguste maître!...
LE DUC. Te voilà, maraud !... ou est ton raaltro? ou est mon lils?
JOSEPH, d'un air de bonhomie. Oh! qu'il sera donc désolé! il n'y a pas dix minutes qu'il est parti...
LE DUC. Parti !
JOSti'H. Pour aller vous rendre ses devoirs... à votre lerro du Bue... près de Versailles!...
LE Dic. J'en arrive, et je no l'ai pas rencontré.
josiipu. C'est qu'il a pris par la forûl, conimo il est à cheval !...
LE COMTE, cachéf à part. Lo co(juin ment avec un naturel qui fait frémir!...
LE DUC. Il a osé s'éloii^ncr de Marly... sans ordre !
JOSEPH, d'un Ion ému. Lo désir de vous embrasser!.., il n'y pouvait plus tenir, monsieur le duc!...
LE DUC, un peu touché. Vraiment? il n'y a pas grand mal... puisqu'il a sa grâce...
JOSEPH, élevant la voix. Sa grâce!...
LE Dic. Je désespérais de l'obtenir, morbleu !... et, sans la protection de Monseigneur le prince de Conii, dont j'ai l'honneur d'ôtre premier gentilhomme... Du reste, je venais lui apprendre à quelle condition celte faveur lui est accordée : il faut qu'il se marie... Je me suis engagé à présenter sa femme au roi clans quinze jours !...
LE COMTE, étouffant de rire. Oh !
LE DUC, sévèrement, croyant que c'est Joseph. Ucin?
JOSEPH. Je dis... Oh! monsieur lo duc, c'est combler tous ses vœux... il est dans des dispositions à se marier plutôt dix fois qu'une... mais encore lui faut-il le temps de trouver une femme !
LE DUC. C'est chose faite... une jeune parente de Son Altesse, dotée magnifiquement, et qui arrive demain de sa province!
JOSEPH, faisant la grimace. Quelle charmante surprise! et que mon maître va être ravi!... car vous ne le reconnaîtrez pas... il est d'une sagesse à présent! il passe sa vie... (avec affectation) dans la solitude... dans l'habitude... de l'étude... LE DUC, charmé. Bon !
JOSEPH. Il ne joue plus, ne se bat plus... et quant aux amourettes... {.Avec dédain.) Pst!...
LE COMTE, à part. Je ne paierai jamais ce drôle là ce qu'il vaut!
LE DUC. Vive Dieu ! Joseph, tu m'enchantes !...
K Le D.
J'étais furieux, jo l'avouo, d'avoir pour fils unique un pendard qui mo déshonorait !
LE coMTic, choqué, à pari. Ah !
LE DUC, croyant que c'est JosejiJi. Ah ! oui, maugrebleu!.. qui me dé>:honorail! Je suis do la vieille rocho , moi... et tromper do pauvres femmes!... cela a beau n'être que des femmes!... ce n'en est pas mieux!...
Ah" de Renaud de Montauban.
Loin de nous la duplicité!
Oui, tout mensonge et m'irrite et me hlcsse!
Chez les liommes, la loyauté I
C'est la véritable noblesse!
Par le cœur seul, ou est noble, on est grand ; Oui, vcrtudieu!... par le cœur... voilii comme
Un paysan peut être goulilhomiue !
Un ^ràml soigneur, Ctic un muiiant !
Armand n'était pas né méchant... il est faible, plein do vanité, d'amour-propre...
LE COMTE, à part, caché. Merci !
LE DUC, croyant que c'est Joseph. Quoi?
JOSEPH. Rien, monsieur le duc!
LE DUC, continuant (1). Ce sont ses amis qui l'ont perdu ! Cet ivrogne do Chidjriac, qui risquerail son Ame sur une carte, certain do n'avoir rien à perdre...
CHABRiAC, à part, entrouvrant sa porte. Merci !
LE DUC, croyant que c'est JosepJi. Plalt-il?
JOSEPH. Je vous écoute respectueusement!
LE DUC, continuant. Cet ellronté do Noce, un roué du régent... Mauroy, la perversité faite homme... Enfin, jusqu'à cet imbécile do Barbezicux...
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