SCÈNE FX
tiloisir, el je vous apporlerai le plus beau!,.. (/://«; sort avec \ ictoire, par le fond.)
LAUiiKNCK, à Uerfattl (4). Kn vcrilé... mon onclo... vous êtes d'une gahinlerio... {^4 Bt-ruaclie.) Comnio \oii« venoz lanj.
UKRNACiiK. Jo no crois pas avoir perdu mon temps, ma charmante tiancée; j'ai visité la maison, le jardin, jai vu vos locataires, et je vous parlerai de (]uelques amclioralions.
GERFAUT, (i LaurmcL'. A propos! l'homme au vent coulis?...
LiiRi.NCK. Ah! celui-là, j'ai pris mes mesures, cl j'es[a'ie que nous n'en entendrons plus parlrr.
scèm: vin.
GIIRFAUT, in-UNACHI-, lîl-ACMINET, LAU- UKNCR.
DEAUMiNET, entrant tout d'un couj) par le f'ud. Madame...
TOUS. Kncore lui !
iiKAi .Mi.MCT, à part. Je «ais qui!... (// regarde Bevnachc de travers.) Dire que eo matin, d est venu chez moi, et que je pouvais l'étranglera huis- clos !...
LAURENCE, à BeauiiHiiet. .Mais, Monsieur, je croyais vous avoir notifié...
BKALMi.NET. Je sals, Madame... mais je pleure et j'ai l'onglée... je viens de rethef vous demander un a>ile.
(;i iiKAUT. De rechef?
BKR.NACUK. Un asile !
LAUKK.NT.K. Mousicur, Ic Serrurier a dû...
BKAUiii.NKT. Madame, ma serrure va comme un vrai bijou.
GERFAUT, ironiquement. Ah! elle n'a plus de rats''...
iiKMMiNET. Mais toutes me.s cheminées fuuient.
LURENCE. Toutes?
HEAUMiNET. Même celle de la cuisine.
UERNACHE. Allonsdonc!
nKAUMi.NET. A ce point, Monsieur, que si vous y mettiez un gi.uol de pré-salé, vous en retireriez unj.imbon de .Mnyence.
DEu.NACiiE. Miiis la cheminée de \olre ch mibre?
DEsuMiNET. Elle fume comme un Suisse.
GERFAUT. Eh bien, bouchez-la.
BERNACHE. Ou n'y faites pas de feu.
BEAU.MINET. (Jnand il gèle?... Je vous trouve récré.itifs, .Messieurs, mais peu réchauffants!
LAURENCE, exaspérée. Ah ! c'est à n'y pas tenir 1 [Elle s'assied sur la causeuse.)
BEAUMi.NET. N'est-ce pas, Madame?... Tenez,
1 Vie. Ber. Ger. Agi. Lau.
2 Vie. Ger. Ber. Agi. Lau.
3 Ger. Ber. Lau.
j'en pleure... c'eal pour cela que jo viens réclamer un petit coin à voiro foyer. {// fait mine do s'asseoir à côié de Laurenct'.)
LAURENCE. Monsieur... ( Koj/an( cn/rer Virtoire par le fond, avec un papier à la main; à part.) Ah! Dieu merci, voila ma vengeance qui arrive!
SCKNK IX.
Les mêmes, VICTOIRE.
VICTOIRE, à Bi'auminet (1). Monsieur Beauminet, c'est un [)apier quo vient do me remettre pour vous, un honune mal mis, [)arldnt à ma personne.
BEAUMiNET, prenant le papirr. Tour moi? un papier timbré!
GERFAUT, (/est unc saisie. {\'ictnire passe, à droite, près du guéridon.)
BEAUMINET '2). Impossiblo !.. . Je n'ai p:is un >ou de dettes! (A Laurence.) Pas un sou. Madame.
BERNACHE, ricana»/. Oh!...
BEAUMINET. Avec Ce quc j'ai de dettes, Monsieur, je vous défierais d'acheter même un de ces bouquets de violettes que vous oilVez si gdainmenl aux dames. {A Laurence.) Ce ne peut être qu'une méprise.
LAURENCE, sc levant. Lisez toujours, Monsieur.
BEAUMINET. Du moment que vous l'ordonnez... (Lisant.) « Nous, Sébastien, Gratelard... » (A luimême.) Quel nom malséant! {Continuant.) « A la requête de madame veuve Duveruoy... » {S'inlorrompant.) C'est de votre part?... Ah! Madame!... {Baisant le papier.) C'est la première fois que vous daignez m'écriro. {Il dit ces derniers mots comme en confidence el d'un ton passionné.)
LAURENCE. Liscz douc !
BEAU.MINET, achevant de lire tout bas. Quo \ois-jeP .. un congé?
GERFAUT. Ah ! bah !
BEAUMINET, à Laurence. Quoi, Madame... un homme aussi peu exigeant?...
VICTOIRE, se lamentant. Un si bon locataire!... (.1 part.) Dix francs!
LAURENCE. Puisque c'est le seul moyen d'échapper à des persécutions intolérables.
BEAUMINET. Je suis désolé... mais je ne m'en irai pas!
BERNAciiE. C'est ce que nous verrons!
GERFAUT, à Beauminet, en allant à lui (3). Permettez, mon cher Monsieur, ce papier timbré...
BEAUMINET, tirant de sa poche un autre papier
1 Ger. Ber. Vie. Beau. Lau.
2 Ger. Ber. Beau. Lau. Vie.
3 Ber. Ger. Beau. Lau. Vie.
iM. BEAUMINET,
timbré. Est anniilo par cet aulre, non moins timbré.
BERNACHE, à fcir/. Ah ! sapristi! moi (]ui oubliais!...
LAURENCE, élofinée, à Beatimintt. Que voulezvous dire?
BEAUMINET. Que voire homme d'affaires, Madame, esl un hanneton... pour l'étourderie !... un vrai linot... puisqu'il m'a signé, ce malin, uii bail de trois, six, neuf, à ma volonté!... (^4 liernache, d'un air trioiniihant.) Ah !
LAURiNCE, regardant Bernache. Comment?
GERFAUT, à Bernache. Ah! dame!... si vous êtes encore plus bête que lui... pardon! c'est une distraction !
BERNACHE. Je l'augmentais de cent écus!... Je ne pouvais pas prévoir...
LAURENCE. -Ah!... plutôt que de subir une pareille tyrannie! {Elle se rapproche du guéridon, et saisit le papier que le notnire y a déposé.) Oui... ce sous seing-privé que Boisfleury, mon notaire, m'a laissé... {Elle écrit quelques inots dessus, signe, et met le papier sous enveloppe. Pendant ce mouvement, les autres persoiiîiages se regardent étonnés : ['ictoire à remonté.)
GERFAUT, à /ui-»n^me(1). Qu'est-ce qu'elle fait?
BERNACHE, de même. Elle écrit au commissaire de police.
BEAUMtNET, de même. Elle va m'envoyer un cartel?...
LAURENCE, après avoir mis l'adresse, donnant le papier à Victoire. Victoire... faites porter ceci sur-le-champ... à M. Brignolet .. au n° 27...
BEAUMINET, à lui-mêmc. Briiinolel... 27?...
VICTOIRE. Oui, Madame. {Elle sort par le fond.)