‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 277 sur 429 · MADAME BIDAULT, STÉPHANE · texte numérisé non relu

MADAME BIDAULT, STÉPHANE

MADAMK BiDAi'LT, avec uii mouvement de /judcur alarmée. Ou vas-lu donc, Clarisse?

STÉPHANE, larnHant d'un air passionné. Restez!..

MADAME DIDAULT. QuoI?

STÉPHANK. Madame... ah ! que j'ai souffert !

MADAME BIDAULT. Vous étcs malade?

STÉPHANE. Vous Ic demandez !.. mais regargardez donc ces yeux caves et éteints... ces paupières rougics par les larmes... ces lèvres

\ Mad>unc B. Y. C. S.

i Madame lî. S.

décolorées... el brûlantes. {Lui baisant les mains.) Voyez plutôt! oh! Dieu! qiio j'ai soutferl!.. (.4f«c explosion.) Tout cela, baibaro, no vous dit-il pas... que je laime!..

MADAME BIDAULT, à part, aoio joio. Moi !

STKPHANK, ffiijnant le didire. Pour éloulVor cet amour... inexplicable , j'ai élu respirer l'air des champs à Boulogne... .'^ur-.Mor !.. je reviens... et j'apprends qu'un mariai;e... Oh! Dieu! que j'ai soutrert!.. heureusemonl c'est votre lille... ça m'est égal... jo n'y liens pas... pourvu que lu me restes, toi!., toi !.. loi (I) !..

MADAME uiDAULT, à part. Quello passion!., (/iuu/.) Ainsi quand je .sortais avec ina (ille...

STÉPIIANB.

Air : L'amour (piTÀliuond a sti me taire.

Sur vos pas, toujours en extase.

Partout, partout, je vous suivais !

De la Madeleine au Gymnase, Et puis du Gymnaso, au !\Iarais ; Le louy du quartier d'AugoulènM), Au Jardin-des-Pluntes, s) fiais 1 Dans le palais des singes même.

C'est toujours vous que je voyais!

MADAME BIDAULT, à part . Il élBil né pourôlro Castillan !

STÉPHANE, à part. Je m'empare du rretir de la vieille, et une fois dedans, je fais llanquer mon oncle dehors !

MADAME BIDAULT. .Mais, Jeunc homme... (Tr.ndrement.) Stéphane !.. (c'esl votre pelii nom, je crois), que dirait le monde?

STÉPHANE. Je m'en fiche !

MADAME BIDAULT. Je SUis pluS iigéo qUO VOUS !

STÉPHANE. Je ne le croirai jamais! d'abord, jo suis beaucoup plus vieux que je ne parais!..

MADAME BIDAULT. Vous avez vingl-huit ou vingt-neuf...

STÉPHANE. J'ai vingl-ciuq ans! [Reprenant avec exaltation.) Mais j'ai trop vécu, si vous mo repoussez!., el cette arme qui ne me quille pas depuis trois mois...

MADAME BIDAULT, Œvec un cri, en détournant les ijeux.) Ah!., un pistolet !

STÉPHANE, à part. L'écritoire du clerc !

MADAME BIDAULT. Arrête/.! malheureux enfant! (.4 part.) se tuer pour moi ! faut-il qu'il m'aime !.. voilà le cœur que j'ai rêvé!..

STÉPHANE, la menaçant. Il est armé, Madame !

MADAME BIDAULT, avcc effort. Eh bien... cli bien... je consens !..

STÉPHANE. A m'épouser?

MADAME BIDAULT. Oui... oui... VOUS faitcs de moi tout ce que vous voulez.

STÉPHANE, o part. Si je pouvais... en faire sa flUe !

I S. Madame B.

I1NE PASSIOiN A LA VANILLli,

MADAMK BIDAULT. Mais Seulement... après lo niariaao de Clarisse !..

STÉPHANE. Non pas! avant! avant!.. Madame... ou je... (// portt' l'écritoire à non front.)

MADAME niDAiLT. Oui ! oui ! avant!., remettezmoi celte arme.

STÉPHANE, mettant l'écriloire dans sa poche. Ne craii^nez rien... maintenant, je suis calme.

MADAME BIDAULT. Mais encoro quelques jours de mystère...

STÉPHANE. Vûui .'

MADAME niDAii.T. Et après... tout ce que tu voudras, mon Stéphane !

STÉPHANE, o part. Sapristi! elle me tutoie!., j'ai donné la dose trop forte!

MADAME BiDACLT. Nous vcrrons plus tard le notaire... {Clopin frappe à la porte du bûcher.)

STÉPHANE, à port. L'autre que j'avais oublié!.. (Haut.) Un notaire? voilà! {Il ouvre le bûcher, Clopin en sort.) Venez, petit Cujas !

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