‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 288 sur 429 · SCÈNE XVII ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII ET DERNIÈRE

Les même?, CLOPIN.pm's VAUnORfi.

ci.opiN, annonçant du fonil, à liante voix. M. le duc d'Olivares !

MKI>AMK niDAL I.T. Lui !

CLAnissE. Mon père !

STÉPHANE. Le défunt!

MADAME BiDAiLT, très^agiléc. An moment où j'allais!., ah! je vais me ré-é\anouir!,.

STKPHANE. Ce n'est pns la peine... on \iont!

MADAME BIDAULT, s'élavçant au-dcrant de la personne qui entre (2), enveloppée d'un manteau, avec un large chapeau. 0 mon noble époux ! je n'ose lever les yeux sur vous.... ne me condamnez pas sans menlendre... je ne suis qu'une laible femme... Vous revenez donc de Mexico?.. {S'arrélant, en voyartt Vaudoré.) Que vois-je... monsieur Vaudoré... vous précédez le duc?..

VAfDORK, gravement. C'est de sa part que je me présente... ilérativement!

STÉPHANE, à lui-même. Je n'y suis plus... j'ai des blucltes!.. je deviens presque aussi bote que mon oncle !

MADAME BIDAULT. El Cependant... Ce joumal qui annonçait... au nom du ciel... faites cesser celle oiïreuse perplexité:., le duc cxiste-l-il encore ?

YALDORK. Sur mon honneur, Madamo; le père de votre fille existe !..

cLAUissE. Et nous le verrons?..

Vaudoré. Dans un instant...

LKs DEUX FEMMES, avcc joie. Ah!

STÉPHANE. Alors, décidément, le défunt n'est pas mort ?

VAUDORÉ. Si peu... {Montrant Clopin.) que maiire Pignolel vient de recevoir di; lui une somme imporlanle pour la dot de Clarisse !

CLOPIN, montrant un papier. Je l'allesle... et je dois ajouter.,.

TAUDORÉ, linterrotnpant en prenant le papier.

h C. S. Madame li.

t Cl. di'uxiëmc plan.

N'ajoutez lien ! (Lui montrant la table.) et terminez l'acte que je vous ai commandé pour ce double mariage ! {Clopin s'assied an fond et écrit.)

STÉPHANE, voulant l'arrêter. Un moment... je m'y oppose!., il y a nullité (1) ! Sapristi!., si M. Olivarès vit encore, je ne puis pas épouser sa veuve!..

VAUDORÉ. C'esl impossible!

STÉPHANE, avec Un mouvement de sortie. Alors, sa rue et son numéro?

VAUDORÉ. Où vas-tu?

STÉPHANE. Lui demander sa fille ! il me faut quelque chose de lui!

VAUDORÉ. Jeune présomptueux! pour épouser sa fille... éles-vous gentilhomme?

STÉPHANE. Je ne crois pas... mais...

VAUDORÉ, gaiement. Eh bien! ni lui non plus!

TOUS. Comment !

CLARISSE. Le duc d'Olivarcs!..

STÉPHANE. Un grand d'Espagne... qui ne serait pas noble!., ça ne s'est jamais vu!

MADAME BIDAULT. Mais qu'est-il donc (2) ?

VAUDORÉ, 6as, à madame Bidault. Marchand do vanille!

MADAME DIDAULT, bas. Quoi !

VAUDORÉ. Alberiine... il se reprochera toute sa vie de vous avoir abusée... subrepticement... sous un faux nom, un faux nez... (Lut montrant un bracelet à la dérobée.) Reconnais-tu ce bracelet?

MADAME BIDAULT, émue. Ciel!,, ah! Pedro!., c'était votre petit nom, je crois!..

VAUDORÉ, bas. Mon petit nom espagnol... en français, Pierre Vaudoré!..

MADAMP. BIDAULT, montrant sa fille, haut. Vcil.'i ma réponse : embrassez votre Cl.irissc!

VAUDORÉ, ouvrant ses bras a Clarisse. 0 mu chère (3)!..

STÉPHANE, se précipitant et le faisant pirouetter. Je m'y oppose.

VAUDORÉ Ah! c'est trop fort!., cet animal-là s'oppose à tout!.. (Saisissant le bâton qui est resté dans un coin, sans s'apercevoir qu'il y a un balai au bout.) Il faut que je lui casse ma canne de bois des lies... (// le lève (i).

Tous, avec un cri. Ah!

STÉPHANE, à ses pieds. Frappe... mais écoule! (Tableau (5), Oui, ballez-moi, assommez-moi, lucz-moi comme un chien; je le [iréfère, je le mérite... (Criant) Car j'aime voire Clarisse!..

VAUDORÉ, criantplus fort. Je le sais bien, butor!

STÉPHANE, criant encore plus fort. J'adore voira Clarisse.

\ C. madame B. S. V.

2 C. S. madame B. V.

3 C. S. Y. niadumc |}.

4 C. \. S. madame B.

o Cl. deuxième |.|;ui, V. S. C. madame B,

Ti

INE PASSION A L.\ VANILLE

VAi'DonÉ, lie métne. J'en suis ravi, bôtat !

STÉPHANE, de ynéme. H nie la faut , voire Cla risse 1

VAUDORÉ, s' égosillant. Mais je te la donne, braillard !

STKPHANE, d'un loH tfèS'bas et se levant. Plaîtil?.. VOUS me la donnez!

VAUDORK, plus bas. Puisque je suis son père!

STÉPHANE, baissant encore le ton. Vous ôlesle duc dOlivarès?

VAUDORÉ, de même. Eh! non!

STÉPHANE, de même. Alors, vous vous seriez permis.... vis-à-vis d'un granil d'iispagne... oh! oh !..

VAUDORK, à lui-même. Quel idiot! {Le secouant et criant de nouveau. ) Tu no veux pas comprendre... que tout est légitime... je reprends la mère... et loi la fillo {\)\

STÉPHANE, avec joie. La question du libre échange 1 {Beuglant). Que ne le disiez-vous tout de suite!

CLARISSE, dans les bras de Vaudoré. Mon père !..

MADAME BIDAULT, de même. PédrO !

STÉPHANE, de même. Cher oncle!

\ O.S. Y. C. madame B.

VAUDORÉ, souriant. Se ne le suis plus!., ton beau-père (1)!

STÉPHANE, avecune joie folle. Ah! j'aime mieux ça !.. ma femme sera ma cousine... ma belle-mère sera ma tante... et mes enfans... mes petits cousins!

VAUDORÉ. Je me scnslecœur joyeux et liilarel.. {Avec un (jrand a/fe/ui)iS5c?ne»L)0 mes enfans!.. {Regardant le balai.) Tiens! c'est un balai!..

STÉPHANE. C'est un balai?..

VAUDORÉ, à Stéphane. Dis-moi donc seulement... comment se fait-il que ma canne de bois des îles... que tu avais achetée à Boulogne... se trouve.-,

STÉPHANE, à mi-voix. Chut!... gardez-la précieusement... vous allez entrer en ménage!., on ne sait pas... ça peut servir... c'est très-solide!..

CHQEUU FINAL.

Air : Qu'une heureuse rencontre.

VrH de ^lllll compagne,

9°"]""^ des jours heureux!

Coulez •'

Honneur au grand d'Espagne

Qui couronne nos vœux!

\ es. Y. M.

FIN

Lagny. — Inipriiiierie Ue Yial it et C

THÉATIŒ DL GYMNASE- DKAMATIOUE.

LG VOL A LA ROULADE

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