SCÈNE VL
JULILTTE, puis GULLIVER, MAllANS et un Groom.
jui.itTTE, regardant à la fenêtre. Une brillante cavalcade! qui arrive au galop! je gagerais que c'est le futur:., qjand on va se marier, on accourt toujours au galop !
GULLIVER, dans le fond, à la cantonade. Venez donc, mon cher, je vous dis que je suis ici chez moi.
WARANS , paraissant. X la bonne heure; mais sans êlre connu...
GULLIVER. Oh! que c'est joli ! du moment que vous êtes de ma société... vous êtes connu... de tous ceux.,, qui me connai^sent!.. (,'lu groom.) James! que l'on prenne soin des chevaux de M. le vicomte... {Regardant Juliette.) Vous, ma chère Jenny, Betty, Polly... comme vous voudrez, veuillez prévenir Sa Grâce.
JULIETTE. J'y cours, milord ! {A part ^ le regardant.) llum ! l'un des deux n'est pas beau... {Elle sort au fond, à gauche.)
GULLIVER, à part, regardant AfaraHS(l). Pauvre garçon ! heureusement, il n'a pas entendu !.. Cette petite me dévore des yeux !.. diables de femmes! {Avec complaisance.) Ai-je la main malheureuse!
MARANS, souriant. Ali çà, baronnet... vous abusez étrangement du droit des débiteurs! parce que je vous ai gagné cinq mille guinées aux courses d'Epsom, où nous nous sommes retrouvés... vous vous emparez de moi... vous m'entraînez à votre suite!...
GULLIVER, qui l'écoutait, d'un air distrait. Oui, oui... Que dites-vous du domaine du beau-père? MARANS. Du beau-père?... vous vous mariez? GULLIVER. Mais à quoi révez-vous donc, beau ténébreux? voilà deux jours que je ne vous parle que de ça !
MARANS. C'est possible. ( A part. ) Je n'écoutais pas !
GULLIVER. Vous savoz bien? ce mariage arrangé par mon oncle, quand j'étais au berceau? MARANS. Ah! fort bien: {Voulant s'éloigner.) Adieu, bonne chance !
GULLIVER, l'arrêtant. Il est charmant! mais vous ne pouvez pas mo quitter, très-cher, vous êtes mon témoin ! D'ailleurs, vous devez avoir des voyages par-dessus la tôle... depuis un an, vous avez visité nos villes principales ?
.MARANS, avec un soupir. Pas une seule! en revanche, j'ai parcouru, je crois, toutes les forêts des Trois-Royaumes !
GULLIVER. Pour herborisBr?... (Marans secoue la tête.) Non ?... qu'y cherchez -vous donc ? MARANS. Si je vous le dis, vous vous moquerez de moi.
GULLIVER. Dites toujours?
MARANS. Je cherche... cette jeune fille... que nous avons vue... dans le Westmorland.
GULLIVER. Pretly, la petite vachère?
MARANS, avec dédain. Ah !
GULLIVER. Comment! notre sorcière, notre saltimbanque?., celte affreuse bohémienne?., voua y pensez donc sérieusement?
MARANS. J'en suis fou!..
GULLIVER. Une petite voleuse !..
MARANS, piqué. Oh! d'abord vous conviendn que ce n'est pas une voleuse ordinaire!