SCÈNE XIY
Les mêmes. LORD DURHAM, Quelques invités, sur le seuil de la porte, à gauche ; Laquais, au fond, puis GULLIVER.
LORD DURHAM, eutraïU. Le contrat est prêt... et c'est en présence de tous nos amis-.. (Voyant sa fille éplorée, et courant à elle.) Annah, qu'as-tu donc?
ANNAii, se jetant dans ses bras en sanglotant. Mon père !...
LORD DURHAM, a/a? »u' et bas. Est-ce cemariage?
ANNAH, à mi-voix et dans ses bras, et étoiif faut. Non, je sais tout.
LORD DURHAM, de même. Comment?
ANNAH, de m^?»e. Vous devez rougir de moi.... et je vous accusais!..
LORD DURHAM, bas. Tais-toi , au nom du ciel!
LES INVITÉS. Ah ! voici le futur!...
GULLIVER, paraissant au fond. Permellez; avant de m'unira une famille (Appuyant.) aussi respectable... aussi... considérable... aussi estimable, •ous tous les rapports!., je désire adressera mes nouveaux parents mon petit speack, comme nous disons en Angleterre.
MARANS, à part. Que va-l-il dire?
LORD DURHAM, inquiet. Je ne vois pas la nécessité...
GULLIVER. Pardon, j'y liens!
ANNAii, à part. Je tremble!
GULLIVER, à part. Voici l'instant de montrer les Stiklescott, dans tout leur éclat!.. (Haut, d'un air solennel et s'adressant aux invités.) Mon intention n'est pas de faire du scandale !... mais je ne suis pas d'humeur à donner mon nom à une jeune personne... qui a eu des inclinations... vagabondes ! (Murmure prononcé.)
ANNAH, à son père. Je me meurs!
MARANS, furieux. Monsieur!
GULLIVER, appuyant avec force. Et qui, comme l'oiseau des forêts... a volé... gà et là... en chantant!..
TOUS, indignés. Que dit-il?..
LORD DURHAM, outré. Un pareil outrage!.. (Tenant sa fille.) Mon enfant !
MARANS, s'élançant entre Gulliver et lord Durfiam et tenant la main du premier qu'il ne quille plus.) Malheureux!
LORD DURHAM, ô GulUver. Ce n'est pas ici que je vous répondrai.
ANNAH. Mon père!..
MARANS, à lord Durham. Milord, pardonnez... sir Francis n'a pas l'IiabiLude de parleren public... et son trouble a dénaturé sa pensée.
GULLIVER. Du tout:
MARANS, 6as; et lui serrant la main. Si l'ait!
GULLIVER, faisant la grimace. Oh !
MARANS, continuant, à lord Durham. Personne plus que lui ne sait combien miss Durham est digne de la vénération, des respects de toute la terre!..
GULLIVER, se révoltant. Par exemple!
MARANS, lai serrant la main plus fort. N'est-ce pas, cher ami ?
GULLIVER, autre grimace. Hum!., oui, oui... mon cher ami !..
MARANS, continuant, mais il sait aussi... que je l'adore... Et, dans son dévouement.. .il s'est sacrifié aux liens qui nous unissent...
GULLIVER. Permettez...
MARANS, serrant plus fort. N'est-ce pas, cher ami?
GULLIVER. Ouf!., oui^ oui... mon cher ami !.. (Regardant sa main.) les liens qui nous unissent... (A part.) Quel élau !..
MARANS, à lord Durham. Milord, vous connaissez ma famille, mon rang... j'ai l'honneur do VOUS demander la main de miss Durham... (Appuyant.) Je serai fier de lui donner mon nom!..
GULLIVER, à part. Oh!., il l'avait dit... il y tient !
LORD DURHAM, étouné. J'ai peine à comprendre...
ANNAH, bas, à son père. C'est lui, mon père...
LORD DURHAM. Lui ?
ANNAH, bas. Le Jeune homme au bouquet !
LORD DURHAM, rt mi-voix. Il Sait tout... et demande ta main !
ANNAH, tristement et à mi-voix, en regardant Marans. Et moi, je refuse !..
MARANS. Que dites-vous?..
ANNAH, bas, et d'une voix attendrie. Monsieur de Marans, vous êtes bon, généreux... mais, tant qu'un soupçon flétrissant pourra m'atteindre.-.
MARANS, passant à elle, Annah!..
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