ACTE H, SCI^Nl-: XVI
MAc-pnEnsoN, rontinudtil. I.o iioiUillioinnie irlandais?..
Tois. Le geolilhomine irlandais?
ANN.vii, 0 part. Encore!
MvnANS. Vous lavez jugé?
Lono ouKiiAM, vouhvit dHourney. Mo non... il est conluniace. ..
MAc-i'iiuRsoN. Du tout î à lappcl de la cause, il s'est présonlé...
TOUS. Il s'est préscnlé?..
GULLIVER. Bah! contez-nous donc ?..
TOUS. Oui... oui...
MAc-piiEi\so.N^ entouré. Eh ! bien, qu'on nio donne un verre de Madère... car je tombe d'inanition... une séance de .se[)t heures!., pas un juj^o ne s'est endormi ! [l'a laquais est sorti à la deviande du Madère).
GULLIVER, regardant Annah. V.l la jeune fdle, sa complice ?..
MAc-iMiERSON. Parbleu , nous l'avons jugée aussi, puisqu'elle était là...
ANNA», LORD DIRHAM, MARANS. Elle était lu ?
GULLIVER, abasourdi. La jeune fille?..
MAC-PiiERSoN,. Mon Dieu ! c'est une pauvre 'enfant bien naïve, bien innocente.... une petite vachère du Weslmorland...
TOUS. Une vachère ?
GULLIVER, étourdiment. l'retty ?
MAC-PIIERSON. Vous la connaisscz ?
GULLIVER. Non... c'est-à-dire... on m'avait dit... Eh bien, cette petite vachère?
MAc-piiERSON. Eh! bien... il a été parfaitement démontré aux débats qu'elle ij^norait tout... qu'elle avait aç:,\ sans le moindre discernement... en un mot, qu'elle était pure commtî les anges... et nous l'avons acquittée, à l'unanimité!
TOUS. Acquittée !..
MARANS, avec joie, regardant Annah, Ah!
ANNAH, prèx de son père. Èst-il possible !..
ORD DuiiiiAM, à part. C'est un rêve !
GULLIVER, regardant Annah. Ah çà... ce n'était donc pas elle ! {Se ravisant.) Tiens, au fait, elle chantait, cette petite vachère.
MAC-pHERSON. Quant à ce damné Irlandais, il nous a fait un plaidoyer si fort... et si bouffon, à la fois'... la cour en riait aux larmes... toutes nos perruques dansaient... {Redressant sa perruque.) D'abord, il a prouvé que son pistolet n'était jamais chargé...
GULLIVER, élourdiment. Ça, c'est vrai !
MAc-PiiERSON. Tiens! d'où le savez-vous ?
GULLIVER. Non... je dis... qu'on me l'a dit... à la Bourse!..
MAC-PIII.RSON. Ensuite, nous m'avons pu découvrir dans lesTrois-Royaumes une loi qui in- I lerdise de donner des concerts en plein vent, ni
(le faire payer les places le plus cher possible cl... nous l'avons aussi renvoyé de la plainte. .. blanc comme nei;;e !..
r.oRD DIRHAM ET MARANS, à part . F.nfiu !.. ANNAii, (i part. Je renais...
GULLIVER, à part. Les bras me tombent!..
MAC-piiERSON, gaiement. Mais je n'oublierai jamais ce visage grotesque...
o'drian, qui est entré, présentant à Muc-Phcrson un verre de Madère sur un plat d'argent.) Sa Grâce a demandé un verre de vin de Madère...
MAC-PIIERSON, prenant le verre. Merci, mon ami... {Le regardant.) Oh!..
LORD DURHAM, S approchant vivement. Quoi donc ?
GULLIVER, à part, voyant O'Brian. Le voilà ici, a présent!., je deviens aliéné... je finirai mes jours à Bodlani !
MAc-piiERSON, bas, à lord Durham. C'est particulier... ce que c'est qu'une imagination frap- |)ée... je ne veux pas le dire devant ce bravo homme... {Montrant O'Brian.) Ça lui ferait de la peine... Mais votre intendant ressemble... oh ! mais, ressemble... étonnamment... à mon coquin de tout à l'heure !
GULLIVER. N'est-ce pas?..
LORD DURHAM. Vous croiriez ?..
MAC-PIIERSON, avalant son verre. Du tout !.. ce n'est pas moi qui prendrais l'un pour l'autre!., celui-ci est bien plus... c'est-à-dire, est bien moins... oh ! oh ! nous autres... nous avons un coup d'oeil !.. (Tendant son verre à 0' Brian.) Encore un verre, mon garron ?
LORD DURHAM, bas, à O'Brian, pendant que celui-ci verse à Mac-Pherson. Imprudent ! qu'as-lu fait ?
o'brian, bas et rapidement. J'ai assuré votre repos... celui de miss Annah !
ANNAH, bas. Mais celle pauvre petite ?..
o'iirian, bas. Elle est enchantée !... elle avait l'idée fixe de se marier... je l'épouse...
ANNAii, bas. Je me charge de la dot,
MARANS, bas, à O'Brian. Moi, je la double... (// lui glisse un portefeuille.)
o'rrian, l'empochant. Brave Français! peuple magnanime, va !..
GULLIVER, abasourdi. Je n'y suis plus du tout. Mais, puisqu'il parait, décidément, que ce n'était pas elle... (.1 lord Durham.) Je suis tout prêt, inilord, à signer...
LORD DURHAM, lui toumant le dos et tendant la jnain à Marans. Touchez là, mon gendre, mon fils...
MARANS, transporté à Annah. Mon fils! vous l'avez eniendu !.. refuserez-vous encore ?
Ll- VOL A LA ROULADE.
ANNAii, lui tendant lu main. Oh ! non, maintenant... et j'en suis bien heureuse.
GCLLivEB^ désappointé. Allons ! les Sliklescoll sont encore dislancés !.. Je lui chercherais bien dispute, mais je me connais... il me ferait des excuses !
CHOEUR
Reprise de l'air du Chamelier.
Pour nous quel plaisir !
.^ nous On va j " uuir.
Quel doux mariage !
Pour nous quel plaisir!
ANNAH, au public.
Je puis, sans mystère, Chanter, a mon gré ; Mais, pour le parterre, Quand je chanterai, Public bénévole, Ah! n'allez pas, cette fois.
Trouver qu'on vous vole...
Comme dans un bois !
Ah ! ah ! ah ! ah ! ah ! etc.
CHCEUR.
Pour nous quel plaisir, etc.
FIN
LAGNr. — IMPRIMERIE DE VIALAT ET C
AVIS. — Cette pièce ne sera pas reprodnite dans les publlcaiions à 90 c.
THÉATIU: 1)1 VAIDKVII.LK.
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PIÈCE EN TKOIS ACTES, MÊLÉE DE CHANT Par nit. :tlELEi»\ILLE et AI\'DRÉ DE GOY
Représenléo, pour la première fois, à Paris, sur le lliéùtie du VAUDEVILLE,
le 3 seplenibre I8ô3.
BECK, LIBRAIRE, RLE DES GRANDS-ALGLSÏLNS, 20
AVIS. Nulle Ir.iduilioii «le i:cl ouviaço un poun.i «Hio f.iiir .s.uis rantun^iitioii expresse et [lar nrit des
nul. ni s, i\n\ se réservent en outre tous les <lroits stipulés fl;ins les conventions intervenues ou à intervenir entre la France et les pays étrangers, en matière ilf propriele lilti-iaire.
LA BATAILLE DE LA VIE