SCÈNE
LUCV, M.MUON.
(Pendant la fin Je ta scèw précédente, Marlnn
est venue prés de la rcnsole à dmitc, et reg nie
mélancoliqueinenl le boiK/uel de fleurs d'o-
ranqer.)
LUCV, prenant la main de .«</ sœur, et après un silence (I). l'ouri|uoi Colle Irislesse, .Manon?
siARio.N, rerenant à ellf. Moi' lu le Itompes!
LUCY. Oh! non, l'œil d'une mère est chiirvoyjni ! Toul à l'heure emore, landisque lu regardais ce bouquei, j'ai vu une la' me s'échapper de les yeu.v! (,)u'esl-ce donc , chère Cnfaiil, (pii pcui riiflliger, lorsque loui le souril?
MARioN^ lui montrant le bouquet, Lucy, croislu réellement que ces fluuis annonceul le relour procliain d'Alfred?
i.LXY. Je l'espéie!.. Tu sais avec quelle ardeur il complail travailler pour abréger le temps de son exil... il aura redoublé d'efToris... el dans un mois... peut-être plus tôt!..
MABION, la pr nant dans ses bras. El quand il reviendra... si j'élais morte, Lucy!
LUCV, effrayée. Que dis-tu? Quelle idée! Mourir!.. Toi si jeune, si belle! Esl-ce que le bonheur fait mourir?..
MARiON, à part, en jetant les yeux sur sa sœur. Non ! (.'1 part.) mais le chagrin peut tuer' {La serrant sur son cœur.) Enfin, chère sœur, si je venais à mourir... tu épouserais Alfred, n'esl-ce pas?
LUCY, vivement. Est-il possible que des pensées si étranges, si folles!.. Marion, je le défends d'en avoir de semblables!..
Air : Enfant rcvcusc aux blondes tresses (Du piano de Berthe).
Peux-lu donc douter de la vie?
Peu\-lu douter de l'avenir ?
Quand près de loi, ma sœur chérie, Alfred enfin va revenir!..
^Avec entraînement et pasiion.) L'aiiuci u\ec idolàli ie...
Prévenir son moindre souhait, Ah ! loin de vou:» ôter la vie, Lu tel bonheur vouâ la rendrait.
.MARION, insistant. Tu l'épouserais... dis, ma bien-aimée? Prouiels-le-moi!
rucY. Tais-lûi, tais-lui, Marion... je l'en conjure!.. Tu me fai- peur!.. Chul ! M. Smilchey et son client. (A part.) Oh!., il y a un secret (juelle me caihe!
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