SCÈNE IV
WARDEN, SMITCHEY.
(Smitchey, pendant les derniers mots, est allé chercher un oreiller à droite pour Warden.) WABUEN, se levant subilemml et courant à gauche sur les traces de Marion. Comme elle semblait émue !..
SMiTCHtY, arrivant avec son oreiller près du fauteuil. Tenez! avec cet oreiller, vous serez plus... {Levant les yeux et ne le voyant plus.) Eh bien!., où esl-il donc?..
WARDEN, fl part, jetant un dernier regard sur Marion. Chère Marion!..
SMITCHEY, courant à lui son oreiller à la main. Ah çà !.. êles-vous fou de courir ainsi !
WARDEN, repassant à droite (1). Oui... oui... vous avez raison, mon bon Smilchey.
SMITCHEY, revenant au fauteuil où il le croit assis. 11 vous faut du calme, du repos!
Warden, trouvant le papier dans le vase, a part. Je ne m'éiais pas trompé!.. Voilà sa réponse! (// porte le billet a ses lèvres et le couvre de baisers.)
SMITCHEY, le voyant de Vautre côté. Encore!., je n'ai jamais vu de malade plus turbulent. {Warden cache rapidement le billet dans sa poche de côté.) Corbleu ! monsieur Warden... est-ce que vous voulez vous tuer?
WARDEN, vivement. Non ! sur mon âme! Jamais la vie ne m'a paru plus douce, plus belle!.. Je veux vivre... j'ai besoin de vivre!
SMITCHEY. Et moi aussi... j'ai besoin que vous viviez!.. Ainsi, mettez-vous là...
WARDEN, le repoussant et jetant l'oreiller de côté, (i) Au diable... vous, vos oreillers et vos sermons !.. Jamais je ne me suis mieux porté .. (L'sicouant.) Je vous jetterais par la fenêtre d'une seule main.
SMITCHEY, avec j'oie. Vrai?.. Ah ! que vous me faites plaisir!
WARDEN. El cependant, j'ai la fièvre .. de l'impatience !.. une asit lion !...
SMITCHEY, a/arme. Ah! mon Dieu!., une rechute:?..
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WARDEN, haussant les épaules{\). Hé non! vous ne pouvez comprendre! {Le poussant pour s'en débarrasser.) Voyons, mon brave Smilchey... nous avons causé d'afifcdres, vous m'avez morlelleuientennuyé... je ne vousen veux pas. . adieu... au revoir, et n'y revenez plus.
SMITCHEY, gravement. Permettez , monsieur Warden !.. Je ne vous ai exposé que le préambule de mes opérations et l'analyse succincte de votre situation pécuniaire!.. J'entre dans les détails... WARDEN, retombant dans son fauteuil. Miséricorde !
SMITCHEY, s'asseyant près de lui et prenant une prise de tabac. Vous avez bien saisi mon système (i« liquidation ?..
WARDEN, distrait. Parfailemenl!.. je n'ai pas écoulé...
SMITCHEY, froidement. Alors, je vais recommencer.
WARDEN, le regardant de travers. Ne vous ea avisez pas... ou je vous étrangle!
SMITCHEY, reculant sa chaise. Plalt-il?
WARDEN, se reprenant en souriant. Non... je veux dire qu'il est inutile de répéter... Je suis à peu près ruiné... je le sais... mais, vous ne connaissez pas encore toute l'étendue de mes désastres, mon pauvre Smilchey!
SMITCHEY, alarmé. Vous avez d'autres dettes? WARDEN. Non... mais... (Après un silence et le regardant fixement.) Avezvous jamais été amouri ux, Smilchey?
SMITCHEY, intrigué. Pourquoi me demandezvous cela? Attendez donc... attendez donc... (Cherchant à se rappeler. )Non...]e ne crois pas... je me suis marié fort jeune... et ce n'est pas ma femme qui aurait pu mefaire venir l'idée... Non !.. non!., non !..
WARDKN. Eh bien!., moi, je le suis!
SMITCHEY. Amoureux?
WARDEN. A en perdre la léte!..
SMITCHEY. Eh bien ! il n'y a pas grand mal, si c'est d'une riche héritière?.,
WARDKN. Du tout ! elle n'a rien que sa grâce et ses vertus.
SMITCHEY, consterné. Oh! vous avez raison, monsieur Warden .. voilà un désar^tre!
WARDEN, avec enthousiasme. .Mais qu'elle est belle, Smiichi y! Ce n'est pas une femme, c'est un ange, comme jamais poêle n'en créa! Une physionomie céie^-le, un regard plein d'innocence, et, chose inouïe, elle ne se doute pas de sa beauté, et semble s'ignorer elle-même.
SMiTCHi.Y, émerveillé. Où diable avez-vous rencontré ce phénix? à Pékin, ou au Monomotapa?
WABDEN, brusquement. Vous n'avez pas besoin de le savoir, profane!.. .Mais là... esl ma deslinée. (Mettant la main sur son cœur, oit il a placé le