‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 37 sur 429 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

PIMENTAL, PATATL

PATiTi ( entrant par le fond ;. Bonjour, maître.

piME.NTAL. Ah ! te voilà; toi, l'es-lu bien reposée, bien dorl tée ?

PATATi. Ah ! moi, ai dormi comme marmotte d*.- fieiit savoyard !

PiMK.NTAL. .\b ! ça, explique-moi donc, car nous n'avons pas eu le temps de causer, comment, partie du Havre, le 13 avril, tu n'es arrivée qu'hier au soir ?

ALBUM DRAMATIQUE

PATATI. Navire à nons, retardé pnr gros

tempête , machine cassée raccommodée

dans p:iys iDooniiu...

pn^K^TAL. Pàrbieii, mon associé, qui ne s'était mis en route que le 15, est ici depuis luiit jours. Fiiîure-îfii qu'il t-st arrivé coinme une iioiiibe. en me disant : Voilà ma nièce (|ne je t'avais proposée; voyons, la refuse-ln encore ? AJa loi, il n'y avait pas moyen ; elle était là, et puis, si mianonne, si jolie !...

PATATi. Oui... oui... pas mal pour une blanche, et vous serez heureux?

piMEXTAi. (,se levaniK Ça regarde mon associé ; il répond de tout !... I.a peiite Parisienne faisait bien que que» ililliculiés , elle avait un petit bout d'amour au cour, ça me cLilloonait !... mais il est arrivé une bouteille... c'est très drôle !... une boute Ile de bordeauslallitie, (|ui lui a appris la mort de son fiancé... Un singulier faire-part, hein ? Le Con-Héron est alors n.onté sur ses ergots, la Colombe a été obligée de consentir, et ce t^oir n .us siynoiis le coniral, avec accompagnement de glaces, sorbets et contredanses... Je me risque! ça regarde mon associé... Je vtux savoir si le mariage mérite tout le mal qu'on en dit. Hi ! bi! hi ! bi !

PAT ATI. Et dame à vous sera maîtresse à moi ?

PIMENTA L. Tu seras contente d'être sa petite femme de c'iambre ; elle est aussi bonne que son oncle est rageur.

PATATi. 0:i ! < ui !... moi, déjà vu lui , bien en colère dans Havre contre blanc... qui cachait lui ! ..

pi.ME.NTAL. Je sais... un premier époux projeté pour sa nièce ! up malheureux qui était déjà marié.

PATATi. Déjà marié, lui ?. .. ah ! fi !

piMEiNTAL. Oui, l'oncle a découvert le mystère... il paraît même que ce scélérat avait sept enfants.

PATATi.Scpt î... ah ! si moi avais su !

piMt>TAL. Sept enfants!... Dire qu'il y a des monstres capables de faire de ces choses-là !

PATATi. Et future aime bien vous, maître ?

PIME^TAL. Ça regarde mon associé... 11 prétend que si elle a souvent ses beau.x yeux remplis de larmes, c'est par excès de joie.

PAT ATI. M.iriage ( gayera elle !

piMEMTAL. Oui, un mari, ça fait toujours rire les petites fille.x.

PATATi. Oh! ferait bien rire moi, toujours !

PIMENTAI.. Ah ! ah î friponne !... Eh bleu ! je l'en donnerai un.

Pat ATI. Un vrai ?

PiMENTAL. Je suis si conlciit, que je marierais tonte la colonie! Hé ! parbleu 1 j'y pense ! j'ai lait demander, dans la feuille d'avis, un jeune domestique bieo au fait du service... et s'il te convient...

PAT ATI, Oh ! conviendra!... Tâchez qu'il soit bien gentil !

piME>TAL. Eh bien ! je tâcherai... Je tiens à monter ma maison, à recevoir, à dorMier «les bals, des lêies. .. Je vais inviter, pour ce soir, notre nouveau conimaadaot militaire et sa femme qui sont arrivés d' avant-hier... on dit

qu'il est très aimable.... et puis des amis, des colons,des jeunes gens... ça plaira à ma femme.

Air : Ce l)ou(loir est mon Parnasse.

Des plaisirs de toute espèce

L'hymen m'inspire legoùll

Vieux garçon, clans ma jeunesse,

Je me suis privé de tout I

Désormais : amour, jeux, danse !...

Je veux, j'y suis résolu ,

M'en donner en conscience

Et r'gagner le temps perdu I

(11 sort par le fond à gauche.

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