DUO
GCIDO, n'osant s'approcher.
0 la plus charmante des chattes!...
Elle est bien mieux comme cela.
MIXETTE, faisant quelques pas avec crainte. Hier, je marchais à quatre pattes.
Et sur mes deux pieds me voilà.
GDIDO.
Je n'ose lui parler.
MINETTE, étendant ses bras dont elle semble chercher la fourrure.
Plus rien! (Les regardant.) El cependant... c'est mieux! c'est bien !
GUIDO
PsI, pst !... Minette.
MINETTE, se retournant.
Qui m'appelle?
<i'??i mon maître ! GuiHoI...
GUIDO, enchanté.
Mon nom...
Elle se le raiipelie.
(Minette lui tend sa main.) Ah ! que c'est iloux ! ah 1 que c'est bon !
MINETTE
Dieux ! quelle existence nouvelle !
(Touchant sa tête.) Mille sentiments nouveaux ! là!.., (Touchant son cœur.)
Puis là...
Qui donc m'expliquera Ce miracle qui me confond.
Oh! comme il kit! Guido ! quisuis-je donc?.., GDIDO.
Ce que le ciel a formé de plus beau!... Un diamant, une perle, un joyau, Une fleur qui charme no4re âme ; Une femme enfin I . . . une femme ! . . .
MINETTE
Une femme, moi ! quel bonheur !
GUIDO
Oui, je lis dans ton cœur, Allons-nous être heureux !...
Vivre ensemble ! toujours... tous deux?
Tout ce que tu voudras, Tu l'obtiendras.
Demande ce qui peut te plaire. Que veux-tu d'abord ?
MINETTE
Un miroir !.,.
GUIDO
Un miroir !
(Souriant.) C'est une femme, la chose est claire.
MINETTE
Je veux me voir.
GUIDO
Pans un instant.
(A lui-même.) Serrons bien mon cher talisman.
(Il met l'amulette dans le coffre et va prendre un petif miroir de toilette.) MINETTE.
Eh bien donc?
GUIDO
Le voilà, MINETTE.
Ah!
GUIDO
Ah!
Ensemble.
(Pendant cet ensemble Minette .""cgarde devant et derrière le miroir en jouant comme les chais.) MINETTE.
Est-ce bien moi Oue j'aperçoi ">
SCfiNK VI
i.v n'est [MIS moi, Si fuil, c'esl moi.
Oui, je lo voi, Ohl c'est bien moi.
Œil ciiressanl.
Teint rose el bliim-, Lèvre en corail Et dent dVmail.
Oh ! c'esl bien moi Que j'aperçoi, Jaaiais Je n'uvai.s Nil mes traiU.
El [lOiirtiint je les ^econllUl^.
GCIDO.
Est-ce liieii toi Que j'aperçoi ?
He<iis-le-moi, Oli ! c'esl bien loi.
Re<,'ariJe-moi ; Oui, c'esl bien loi, Œil caressant, Teint rose el blanc, Lèvre en corail Et dent d'émail.
Oh ! c'est bien toi Que j'aperçoi, Jamais Je n'avais Vu ses traits.
Et pourtant je les reconuai>.
GliIDO, suivant tous ses mouvenieiil»-.
O femmes ! la coquetterie Dbez vous commence avec la vie !
MINBTTB, jouant avec le miroir.
Oh ! i{ue c'esl gentil un miroir.
Et qu'on est heureux de se voir!
GDIDO, lui reprenant le miroir.
C'est assez l'occuper de toi, Allons, allons, rejîarde-moi.
MINETTE
Toi ?...
GUIDO
Moi t MINETTE, de même. Oui, non !
GL'IDO, tendrement.
Reparde-moi.
MINETTE, reprenant le miroir el se regardant. Non, non.
F.nseiublc
MINETTE, même jeu.
Est-ce bien moi Que j'aperçoi? eli-.
GUIUO.
Est-ce bien loi Que i'spprrni? çlr.
MIMîTTIi, !* Ittiiriiuiit M'is lui.
Je suis jolie, n'est-ce pas?
(il'IltO, se croisant les brus.
KUe me demande cela, à moi!., cliarmaiitc !
MIMnTK.
C'est co qui me semblnitl mais au prcmici coup d'œil on craint de se tromper.
GUIDO, la regardant.
Il faut convenir que j'ai joliment réussi... Tous ces cil armes-là c'est mon ouvrage. MINETTE, posant le miroir sur lu table. Ali! tant mieux! je t'en remercie .. Mais je vous demanderai, monsieur, pourquoi vous ne m'avez pas faite plus yrandol*
tiL'IDO.
Là ! ce que c'est que l'ambition ! tout a l'heure elle n'était pas plus hauto ([ue ça. (Mettant hi main coiilre liTie.) Déjà des idées de grandeur !
Non,., seulement comme cela (Se levant sur l« pointe des pieds.) Ilieu qu'un peu, je t'en prie! Qu'est-ce que cela le coûte?
(.UIDO.
Je ne peux plus; ce ne sont pas de ces ouvrages qu'on retouche h volonté 1
MINKTTE.
•\h bien!... tu n'es pas complaisant.
GUIDO
Et toi... si tu n'es pas contente, tu es bien difficile!
MINETTE, lui tendant la main en souriant. Ah! oui, pardon, je suis une ingrate!
GLIDO.
D'ailleurs, de quoi to plains-tu? N'es -tu pas ce que tu étais autrefois?
MINETTE
Non, jamais je n'ai été femme... c'est la première fois!
GUIDO
Bah!
MINETTE
Mais , en revanche , j'ai été bien d'autres choses! (Guido fait un mouvcmenl.) Oui, mon.sieur. Est-ce que vous ne vous souvenez pas de ce que vous avez été, vous?
Mais dame!... je croyais avoir toujours été ce que je suis : un jeune homme aimable.
MINETTE
Oh! moi, je ne dirais pas au jusie... mais je me rappelle confusément... il y a bien longtemps, bien longtemps... oui, j'ai été d'abord une petite fleur des champs... une petite marguerite.
GUIDO
Tiens! une petite Marguerite... c'était gontd. ca!
LA CHATTE
MINETTE
Pas trop : toujours exposée au soleil., le moyen de rester fraîche et jolie! Aussi, chaque jour, jadressais ma prière à Brahma.