‹ Le voyage d'Anacharsis; vaudeville en 3 actes et 5 tableauxChapitre 75 sur 429 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BERLINGUET, seul d'ahord, entrant par le fond, ensuite LA MAHQUISE, GOTHON , JEAN GOHJU, LA MARIÉE et la noce entrant par le fond.

(Musique villageoise qui se rapproche.) BERLINGUET , 671 costunic de voyage. La ferme du Grand-Ergué?... une noce de village?... en voici une qui revient de l'église!... mais quelle apparence que je trouve là madame la marquise !.. (La noce entre, ménétriers en tête, suivis des mariés , de leurs parents et de Jacqueline et Guthon.)

CHOEUR

Air de Couder,

Au bruit de ce joyeux carillon,

Din don, din don, din dun,

Mes amis, crions tous ;

\i\ent les deux époux!

JEAN coRJr, à C2UX qui l'entourent. Vour arroser mon mariage, que l'on défonce douze tonneaux de vin !

GOTHON, gaiement. Le cousin ne veut pas que son bonheur tombe dans l'eau.

BERLINGUET, la reconnaissant (4). Mara'zelle Golhon!,..

JACQUELINE, bas et le pinçant d'un côté Silence, monsieur Berlinguet!

BERLINGUET, se retournant. Oh! (Voyant Jac-^ queline en paysanne bretonne.) Bonté divine! madame la marqu !

GOTHON , bas et le pinçant de l'autre côté (2). On vous dit de vous taire, et vous criez comme un chat!

BERLINGUET, se retour7iant. Oye !...

JEAN GORJU, répondant d la noce. Oui, mes enfants, une vraie noce de Bretagne!... on danse trois jours de suite... et on dîne tout le temps, sans discontinuer.

BERLINGUET, à lui~méme. Ces diables de Bretons sont de fer!

JACQUELiNi;, d'un air naif. Trois jours il boire?., quand donc qu'on s'aimera, monsieur Gorju?

1 B. J. G. Jean.

2 B. G. J. Jean,

LA MAROIUSE DE lA BUETKCnr.,

jEW conju, iVun air familier. On trouvera encore le temps... ia petite cousine !

BEULiNGUET, swpris, à Gorju. r/esl voire cou sine ?

GORJU. Puisque je suis son cousin... du côté de Goihon... les cousines de nos cousins... sont nos cousines... {Le regardant.) Ali çà... vous, est-ce que vous êtes aussi notre parentel je ne vous connais pas!

GOTHON. Kh non... c'est M. Berlinguet, l'homme d'affaires du château.

GoiiJU (1). Do manie la marquise de La Bretèche':*.. ah! (Avec /mineur.) dites donc, il paraît ■^ que votre maîtresse est une fiérotte ?

JiEi\u:\c.vr.T, regardant Jacqueline {'2.). Malheureux!... vous osez...

GORJU. Bédanie! je lui avais fait l'honneur de l'inviter... j'avais même préparé ce pavillon pour elle... (// inonirc le pavillon à droite.) et pas plus de marquise que dans mon œil!

j.\cQut-:LiiNE. Kilo viendra, monsieur Gorju, c'est une femme lie parole...

BERLiNOïKT, à lui-ménie. Elle viendra!... je suis de plus en plus hébété...

L\ M.\RiKK, à Gorju, d'un air niais. Ah çà, Jean, et le dîner ':* vous vous endormez là !...

GORJU, l'en\brassant. Du tout, ma petite femme ! tu vois que je ne m'endors pas!.. {A ses amis.) Voyons, les amis, un coup d'oeil à la soupe, et un coup de main à la cuisinière ! qui est-ce qui fait les beignets ?

GOTHON, à qui Jacqueline fait signe de l'emmener. C'est moi, cousin; nous allons tous mettre la main à la pâle !

GORJU. Et boire un coup de cidre! {Embrassant encore sa femme.) car il fait diablement soif^ aujourd'hui !

GOTHO.N, les poussant. En avant, les marmitons !

CHOEUR, REPRISE

Au bruit de ce joyeux carillon, etc.

[tu sortent tous par la gauche, Jacqueline et Berlinguet restent seuls.)

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