‹ Le voyage de GrèceChapitre 11 sur 22 · COLONE · texte numérisé non relu

COLONE

Je foule le sol sacré de Colone qui t'a vu naître, ô Sophocle !

« ...Là, le rossignol mélodieux (qui s'y plaît) chante dans de frais vallons, hantant le lierre vineux et la dure feuillée aux mille fruits, à l'abri du soleil et du vent, que Dionysos le forcené aime à parcourir avec les déesses, ses nourrices.

Là, sous la rosée céleste, sans cesse s'ouvrent, couronnes antiques et divines, et le narcisse qui a de belles grappes et le safran (|ui ressemble à l'or du matin. Les Hots du Céphise, errants et sans sommeil, sont prompts à féconder cette terre au large sein, que les Muses et Aphrodite ne haïssent point.

Sur cette terre croit un arbre qui vient de lui-même... c'est l'olivier au feuillage azuré... »

C'est ici que le vieillard aveugle, le roi Œdipe, arrêta ses pas errants. Son âme succombait sous de nombreux malheurs, il avait fait un chemin long pour un homme de son âge. Il s'assit sur une pierre non polie (pareille, sans doute, à celle que j'aperçois tout près sous les arbres, au bord du Céphise) dans un lieu auguste, rude, occupé par les terribles déesses, filles de la Terre et de la Nuit, les déesses Euménides.

Des vieillards, habitants de l'Attique, lui parlèrent ainsi :

(( Hélas, hélas ! serais-tu né avec des yeux aveugles, ô malheureux surchargé de jours? Mais autant que je le puis, tu n'aggraveras point ta destinée. Arrête, arrête, sans pénétrer dans ce bois herbeux plein de silence ! Evite l'endroit où l'eau et le miel se mêlent dans une coupe ; va-t-en, étranger infortuné... Quoi! l'es-

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