HIERUSALEM
Villane.
Resmiers.
Hospi. S. Anthoine.
Rivole, ville.
Thurin, cité, archevesché, parlement, capitale de Piemont.
Nostre Dame la Superne.
Sainct Mor.
Chambui.
Chastillon.
Gasse.
Bourselin.
Sainct Ruffe.
Chevas, ville à main gaulche,
Sainct Sebastian, ville.
Cavougneux, ville.
Verue, ville.
Monsting, ville.
Gabiant, ville.
Quenny, ville.
Trim, ville.
Pont Desture, ville.
Mourant.
Casal.
Sainct Vast, ville.
Bresme, ville.
Pomatz, ville.
Valence, ville.
Bassignesne, ville.
PortdeLidesetZaoaillon.
Raverdon. Cosme, ville.
Pavye, ville.
Fortroble, ville.
Arayne, ville.
Castel sainct Jehan.
Plaisance, ville.
Pise, ville.
Pesquiton, ville.
Palavisin, ville.
La Mote.
Trouxelles.
Casal Maior, ville.
Viedame.
Brasel.
Vastale, ville.
Lucere.
Bellefort.
Bourgfort, ville.
Sarquette.
Saraval.
Hostie, ville à main gaulche.
Rime, ville à maindroicte.
Menarre.
La Pandaille.
Brigantin, ville.
Serme, ville.
La Sallade.
Pont.
Ferrare, ville et duché.
Francolin.
Papausse.
Courbe.
Loredon.
Tornemire.
Bebe.
Chiose, ville.
Malemocque.
Venise, port de mer.
De Venise à Hierusalem.
Istrie.
Cité Neufve, ville.
Parence, ville.
Rovignon.
Pole, ville.
L’isle de Lissa, dicte Sclavonie.
Peligouze, promontoire.
Corphou, ville et isle.
Albanie, ville et isle.
Cavo ducati, peril de mer.
Fameste.
Cephalonie.
Tornese, ville.
Hiacinthe, ville.
Papeaucea, ville.
Castum, ville.
Patras, ville.
Modon, ville.
Corron, ville.
Naples de Romaine, ville.
Saxemille, ville.
Crete, isle.
Candie, ville.
Cipre, isle.
Nicosia, ville.
Paphos, ville.
Famaguste, ville.
Port du Lazare.
Larnachat.
Cavo de la Gatta, isle et promontoire.
Nimesson, ville.
Jaffe, ville et port.
Rame, ville.
Tigrida, à main gaulche.
Hierusalem.
Tresample et certaine description du sainct voyaige de Hierusalem faict par aucuns personnaiges cy après nommés, commençant depuis la ville de Nogeant sur Seine, jusques à la saincte Cité, et contenant toutes les choses dignes de memoire veues par iceulx pelerins de jour en jour, et moys en moys, pour plus facile memoire et intelligence.
dusietée de Dieu le createur, exaltation de la saincte Foy catholique et salut de tous bons chrestiens, Nous 6% ®\ Charles Philippes, seigneur de Champarmoyÿ et Grandeh: amp, procureur de trespuissant seigneur, Messire Robert de la Marche, chevalier de l'Ordre, mareschal en France, seigneur de Florenges, Chasteau Thierry, Cote de Brayne et seigneur de Jadicte Ferté en sa seigneurie de la Ferté Gaulchier, ensemble le capitaine Jehan Mouton natif de Provins, Jehan de Beauvais marchant, et maistre Denis Possot presbtre demourant à Coulemiers en Brie;
tous esmeus de bonne devotion pour aller veoir et visiter le sainct Sepulchre de Hierusalem et aultres saincts lieux où nostre saulveur et redempteur Jesuchrist souffrit mort et passion, payant le pris de nostre redemption, avons faict diligence de mettre et rediger par escript le present voyaige en la maniere qui s’ensuyt, à l'utilité et plaisir de ceulx qui auront desir de congnoistre telles choses. Et poursuyvrons la description selon les jours, moys et années que mismes à la peregrination dudict voyaige, commençans du premier jour de Mars mil cinq cens trente deux, jusques à la fin du tout.
Mars.
Le lundi, unziesme jour de Mars, veille sainct Gregoire Mil cinq cens xxx, nous assemblasmes en la ville de Nogeant sur Seine au diocese de Troys, au logis du Cigne. Où illecques, après l’eglise de Monseigneur sainct Laurens visitée, feismes collation avec nos amis qui nous avoient convoyés, chascun de leurs maisons, par amitié, jusques à là.
Le mardy, douziesme mars, jour sainct Gregoire, après avoir prins congié de nosdicts amys, dressames nostre chemin vers Troys en Champaigne passans par le villaige de Sainct Aulbin' près le Para-
1. Saint-Aubin (canton de Nogent-sur-Seine, Aube), à dix lieues au nord-ouest de Troyes, dans la vallée du Paraclet, sur l’Ardusson, près de l’ancienne route de Paris. Saint-Aubin faisait autrefois partie du comté de
clit', et près les Trois maisons, vinsmes disner au Pavillon”, à l’hostel Sainct Hubert, distant dudict Nogeant dehuytlieues. Cedict jour, vinsmes au giste à Troys, au logis des Trois testes. Et la s’associa avec nous ung noble jeune gentilhomme nommé Hubert de Pradines, fils aisné de Monseigneur Christofle de Pradines, escuier, seigneur du Plessis : dont fusmes fort joyeux et se delibera de nous acompaigner jusques à Venise, ce qu'il feit, et de là s’en alla à Romme.
Le mercredy xn1 dudict moys, allasmes visiter les eglises de la ville de Troys : Monsieur Sainct Pierre, eglise cathedrale*, Sainct Urbain, colle-
Nogent et du doyenné de Marigny. Courtalon-Delaistre, Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, Troyes, 1784, tome III, page 213.
1. L'abbaye du Paraclet s'élevait au bord de la petite rivière d’Ardusson;, elle se trouvait à dix lieues de Troyes et à une lieue de Nogent-sur-Seine. Le nom de Paraclet fut donné à la chapelle par Abélard pour perpétuer le souvenir des consolations qu’il avait trouvées en ce lieu. Héloïse, qui fut la première abbesse de ce monastère où l'avaient suivie ses religieuses, y mourut en 1163.
« Au Paraclet, il ne subsiste plus rien du monastère primitif; le château actuel est un débris de construction du xviie siècle. De l'église démolie, il ne reste plus que les caveaux. Dans l’un d'eux, sous une voûte en berceau, reposaient autrefois les restes d'Abélard et d’'Héloïse ». D’Arbois de Jubainville, Répertoire archéologique du département de Aube, Paris, 1861, col. 61.
2. « Le Pavillon (2° cant. de Troyes, Aube) est situé à mi-côte, dans un terrain sec et découvert, sur l’ancienne route de Troyes à Nogent, à trois lieues nord-ouest de Troyes. Il a pris son nom de trois maisons qui, anciennnement, étaient seules et bâties en forme de pavillon, L'église bâtie vers 1520 a succédé à une chapelle de Sainte-Anne ». Courtalon-Delaistre, Tofographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, Troyes, 1784, tome III, page 65.
3. La cathédrale de Troyes, fondée par saint Potentien et saint Sérotin,
giale", Les Cordeliers”, Sainct Jehan”, et aultres, entre lesquelles y a une eglise de Sainct Nicolas‘ en laquelle est la description par figure du mont de Cal-
fut reconstruite vers 870 par Ottulf, évêque de Troyes. Brülée par les Normands en 892, elle fut rebâtie dans le siècle suivant par Milon. Renversée en 1227, elle fut relevée en 138$ par l’évèque Pierre d’Arcies et achevée quinze ans après. Le clocher fut achevé en 1430 cet les fondements des tours et du grand portail furent jetés en 1506 et 1507. La plus grande partie des reliques conservées dans l’église de Saint-Pierre avaient été envoyées de Constantinople par l'évêque Garnier qui avait été constitué gardien de toutes celles trouvées en 1204, dans la capitale de l'empire grec. .
1. L'église collégiale et papale de Saint-Urbain fut fondée au xu1e siècle par le pape UrbainIV qui était né à Troyes. L'histoire de cette église figure dans la Topographie historique du diocèse de Troyes, tome II, pages 151-163.
2. Les Cordeliers ou frères mineurs furent établis dans la ville de Troyes par Thibaut V, comte de Champagne, qui, en 1258, leur concéda un emplacement dans le quartier de la Broce-aux-Juifs. L'église du couvent fut bâtie par les soins du frère Jean sous la protection du pape Alexandre IV, qui donna une bulle 4 cet effet, en 1259. La première pierre fut poste par Nicolas de Brie, évêque de Troyes. L'édifice fut achevé en 1263.
Topographie historique de la ville de Troyes, tome II, pages 249-257.
3. La date de la fondation de l’église de Saint-Jean au Marché est inconnue. Brûlée par les Normands dans le 1x° siècle, elle fut encore incendite en 1188 et en 1524. Elle fut rebâtie grâce aux libéralités des familles de Mauroy et de Hennequin. On conservait dans cette église une dent de saint Jean-Baptiste donnée par Jean de Chaumont qui mourut en 1398 et est inhumé dans l’église. Topographie historique, pages 192-208.
4. « Les titres de cette église ayant été perdus dans l’incendie de 1524, il ne nous reste aucun monument qui nous apprenne la date de sa fondation ; mais nos auteurs s'accordent à dire qu’elle a été, de toute antiquité, la chapelle du château de la vicomté, d’où elle s'appelait Sanctus Nicolaus in Castro. Elle a toujours été renommée par les chapelles du Calvaire et du Saint-Sépulcre, érigées en 1504, sur les dessins et des libéralités de Jacques Collet, vicaire de cette paroisse, qui avait fait le voyage de Jérusalem, de Saint-Jacques, de Rome et de Saint-Nicolas-de-Bar en Lorraine. Le désastre de cette église ne demeura pas longtemps sans ètre réparé, On fit des quêtes et des emprunts pour fournir aux dépenses et la piemitre pierre fut posée le 23 avril 1526, par N. Prunel, abbé de Saint-Loup. L'image de
vaire avec le sainct Sepulchre, fort semblable, à la verité, à celluy de Hierusalem, avec une chapelle de Nostre Dame de Laurette. Ce faict, allasmes prendre la refection du disner au logis de noble homme Monsieur de Viaspres escuier, seigneur de Viaspres', lequel nous traicta fort honnestement pour l'honneur et reverence de tresreverend pere en Dieu monsieur Menault de Mathory evesque de Coserans”, tuteur et curateur de messieurs de Lauctrec,enfans de feu tresnoble et trespuissant seigneur monsieur de Lauctrec”,
N.-D. de Lorette fut faite l’année suivante, par Christophe Molut, sculpteur de cette ville, et en 1530, on édifia la chapelle qui est sous ce titre et qui fut consacrée par l’évêque Odard Hennequin. Les autels de cette église furent consacrés en 1535, et le Calvaire fut achevé en 1551. Il fut élevé avec le Sépulcre aux frais de Michel Oudin de cette paroisse, qui avait fait le voyage de la Palestine et sur le plan qu'il en avait rapporté. » Topographie historique de la ville et du diocèse de Troyes, Troyes, 1783, tome II, pages 334-335.
1. Deux localités portaient le nom de Viaspres. L'une, Viaspres-le- Grand, est à huit lieues au nord de Troyes, près de la rive droite de l’Aube et sur le chemin de Plancy à Ramerupt. Viaspres-le-Petit est à sept licues ct demie au nord de Troyes, dans la prairie près de la rive droite de l'Aube. Avant 1622, la seigneurie de Viaspres appartenait à la famille d'Aulray. A cette Époque, elle passa dans la famille de Pilloys. Topograpäie historique, tome TT, pages 479-480. Viäpres-le-Grand et Viipres-le-Petit sont aujourd'hui deux communes du canton de Méry-sur-Scine (Aube).
2. Menault de Martury, évèque de Conscrans, était doyen d'Orléans lorsqu'il succéda en 1524 à Gabriel de Gramont, dans l’évèché de Conserans.
Clément VII l'autorisa en 1529, par un rescrit apostolique, à se charger de la tutelle des enfants de Gaston de Foix, seigneur de Lautrec. Il assista, en 1547, au contrat de mariage de Claude de Foix avec Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues. Menault de Martory mourut en 1549. Gallia christiana, Paris, 1715, tome I, col. 1140.
3. Odet de Foix, comte de Foix, de Rethel, de Comminges et de Beautort, seigneur d’Orval, d'Esparre, vicomte de Troasne, de Lautrec, de Villemur et de Barbazan, maréchal de France, gentilhomme ordinaire de
lequel est mort à la guerre de Napples au service du Roy : à qui Dieu pardoint ct à madame sa femme, les enfans desquels Dieu vueille preserver et à iceulx donner grace de soy porter en leur temps à la protection de la couronne de France aussy vertueusement que ledict seigneur qui, pour la deffence d’icelle couronne, est mort au lieu d'honneur. Ce faict, montasmes à cheval pour prendre le chemin à Bar sur Seine passans par Bremande! où laissasmes Fiacre Barbaran, et Sainct Patru*. De là vinsmes à Foucheres, où est le pont de Seine. Puis à la ville de Bar distant dudict Troys de sept lieues *. Il fault noter que entre Troys et Bar y a ung petit ruisseau‘ cheant
la chambre du roi, gouverneur de’Milan et du Languedoc, amiral et gouverneur de Guyenne, grand sénéchal et gouverneur d'Aquitaine, mourut devant Naples dans la nuit du 15 au 16 août 15 28. Il avait épousé Charlotte d'Albret, fille de Jean, scigneur d’Orval. Il en eut trois fils: Gaston, François et Henri qui moururent jeunes, et une fille Claude qui épousa Guy xvi° du nom, comte de Laval et, en secondes noces, Charles de Luxembourg, vicomte de Martigues.