‹ Le voyage de M. DumolletChapitre 13 sur 37 · MORT DU GRAND SERPENT DE SEINE-ET-0!SE · texte numérisé non relu

MORT DU GRAND SERPENT DE SEINE-ET-0!SE

-'.G Le Voyage de M. Dumollet.

ment échapper au monstre? Heureusement, il dormait. DumoUel avec une ombre d'espoir, tira doucement sur la bride de Coqueluchon pour le faire reculer sans bruit, mais, ô catastrophe, Coqueluchon au comble de l'épouvante et fasciné par le reptile, se mit à braire à pleine gorge sans bouger de place. Tout était perdu ! C'était fini ! Le serpent allait se réveiller et s'allonger... Dumollet voulut au moins mourir on brave ; fouillant dans son portemanteau, il tira son pistolet et visant le monstre à la tète, fit feu rapidenieni .

Le chien s'abattit et fit jaillir une étincelle, mais le coup ne partit pas. Dumollet dans son trouble, oubliait qu'il n'avait pas pris de poudre de peur d'accident.

Le seul résultat du coup du pistolet fut de réveiller le courage de Coqueluchon, le brave baudet montrant un héroïsme que son ami ne lui connaispas, tourna vaillamment le dos au monstre et se mit à lui détacher une série de ruades pendant que Dumollet s'armant de son parapluie s'escrimait de son mieux.

Spectacle sublime I Coqueluchon purgeant Seine-et-Oise des monstres tapis sous la ramure des forêts ! Le serpent surpris dans son sommeil n'avait sans doute pas tous ses moyens ou bien il digérait trop lourdement une proie, car sous les coups ses anneaux ne se déroulaient dans l'herbe qu'avec une certaine mollesse. L'espoir renaissait dans le cœur de Dumollet, d'autant plus que l'on venait à son secours, car des cris se faisaient entendre à peu de distance. Une dernière ruade lança notre voyageur en plein sur le monstre. Dumollet s'attendit à sentir les crocs du reptile s'implanter avec leur mortel venin dans ses chairs, il ferma les yeux et frappa avec une telle force que tout à coup son parapluie s'enfonça jusqu'au manche dans le corps de l'ennemi ; un craquement se fit entendre et le serpent creva dans toute sa longueur !

Dumollet était victorieux! Le terrible reptile qui jadis avait dévoré 72 marins anglais sans broncher, avait succombé sous ses coups; il n'y avait plus sur l'herbe qu'une peau Qasque, visqueuse et racornie que Coqueluchon remis de sa fray.ur flairait en reniflant avec dédain.

Et Coqueluchon modeste comme tous les héros, baissa la tête pour tondre un peu, comme si rien ne s'était passé, l'herbe du champ de bataille.

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PENIBLE SITUATION DE DllUOLLLT

Dumollet contracte un engagement dans la célèbre troupe Turpinski.

Après celte chaude alarme, Dumollet s'essuyait le front et respirait avec délices en se demandant quelle flatteuse récompense le gouvernement allait lui offrir, lorsque tout à coup il se vit entouré par une bande d'individus extrêmement bizarres dans lesquels il reconnut du premier coup d'œil de simples saltimbanques.

Deux hercules, l'un très gros et très court, l'autre très maigre et immensément long, revêtus par dessus leurs maillots de houppelandes fourrées et rapiécées, le saisirent chacun par un bras, tandis qu'une Colombine énorme et soufflante le tenait solidement au collet.

Voyage de M. Dinnollel.

Un jocrisse et un homme vêtu d'un uniforme élimé de lancier polonais avec un énorme schapska à plumet sur la lête et un trombone sous le bras attrapèrent Coqueluchon par la bride et maîtrisèrent ses velléités de résistance, pendant que cinq ou six chiens savants, habillés en général anglais, en marquise, en danseuse, enmirliflor, tous sautant sur leurs pattes de derrière et embarrassés dans les basques de leurs habits, dans leurs épées ou dans leurs jupes, aboyaient avec fureur autour du groupe.

— Qu'est-ce que vous me voulez? demanda Dumollet blêmissant devant cette nouvelle aventure.

— Scélérat ! Monstre ! rugit la grosse Colombine, vous nous avez ruinés, vous avez détruit noire serpent.... un superbe serpent qui ne vous faisait rien....

— Oui ! crièrent les hercules d'une voix caverneuse, brigand !

COQDELUCHON FAIT PRISO^MER

— Brigand! Scélérat ! cria le jocrisse d'une voix aiguë. Les chiens savants redoublèrent de sauts et d'aboiements.

Dumollet comprit. Le monstrueux reptile qu'il venait d'occire appartenait à ces saltimbanques et s'était sans doute échappé des cages de leur ménagerie.

— Je l'ai tué en me défendant ! cria-t-il en sautant sur ses jambes pour éviter les dents des chiens savants, il n'y a pas de ma faute..., quand on a des bêtes féroces on ne les laisse pas se sauver de leur cage !

• - Qu'est-ce que vous dites ? fit la Colombine sans lâcher le col de Dumollet.

— Je dis que c'est votre faute et que je pourrais déposer une plainte contre

Le Voyage dn M. Dumollel.

vous..., votre serpent s'est sauvé de sa cage par votre imprudence sans doute, et il s'est jeté sur moi, voyageur paisible

— Il s'est jeté sur vous ?... notre serpent ?..

— Oui ! dit effrontément Dumollet, il était caché là, dans les herbes, et tout à coup il s'est élancé sur moi.... avec un horrible sifflement! Devais-je me laisser dévorer?... Je me suis défendu comme j'ai pu et je l'ai tué !

— Il s'est jeté sur vous ! clama la grosse Golombine, quelle effronterie ! oh !

— 11 s'est jeté sur vous ! ah ! grognùrent les deu.x Hercules.

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