‹ Le voyage de Monsieur Perrichon (volume 2)Chapitre 22 sur 78 · SCÈNE m Perrichon, Madame Perrichon · texte numérisé non relu

SCÈNE m Perrichon, Madame Perrichon

Perrichon. — Comment l Allons donc ! . . . Est-îl 10 bête, cet animal-là !

Madame Perrichon. — Maintenant que nous voilà de retour, j'espère que tu vas prendre un parti . . . Nous ne pouvons tarder plus longtemps à rendre réponse à ces deux jeunes gens . . . deux prétendus dans la maison is . . . c'est trop 1 . . .

Perrichon. — Moi, je n'ai pas changé d'avis . . . j'aime mieux Daniel !

Madame Perrichon. — Pourquoi ?

Perrichon. — Je ne sais pas ... je le trouve plus ... 20 enfin, il me plaît, ce jeune homme !

Madame Perrichon. — Mais l'autre . . . l'autre t'a sauvé.

Perrichon. — Il m'a sauvé ! Toujours le même refrain ! 25

Madame Perrichon. — Qu'as-tu à lui reprocher? Sa famile est honorable, sa position excellente . . .

Perrichon. — Mon Dieu ! je ne lui reproche rien . . . je ne lui en veux pas, à ce garçon !

Madame Perrichon. — Il ne manquerait plus que ça!

s Perrichon. — Mais je lui trouve un petit air pincé.

Madame Perrichon. — Lui !

Perrichon. — Oui, il a un ton protecteur . . . des manières ... il semble toujours se prévaloir du petit lo service qu'il m'a rendu . . .

Madame Perrichon. — Il ne t'en parle jamais !

Perrichon. — Je le sais bien ! mais c'est son air l son air me dit : "Hein ! sans moi? ..." C'est agaçant à la longue ; tandis que l'autre ! . . .

15 Madame Perrichon. — L'autre te répète sans cesse : "Hein? sans vous ... hein ? sans vous?" Cela flatte ta vanité ... et voilà pourquoi tu le préfères.

Perrichon. — Moi ! de la vanité ! J'aurais peutêtre le droit d'en avoir !

20 Madame Perrichon. — Oh !

Perrichon. — Oui, madame ! . . . l'homme qui a

risqué sa vie pour sauver son semblable peut être fier

de lui-même . . . mais j'aime mieux me renfermer dans

un silence modeste . . . signe caractéristique du vrai

25 courage !

Madame Perrichon. — Mais tout cela n'empêche pas que M. Armand . . .

Perrichon. — Henriette n'aime pas ... ne peut pas aimer M. Armand !

30 Madame Perrichon. — Qu'en sais-tu?

Perrichon, — Dame ! je suppose . . .

Madame Perrichon. — Il y a un moyen de le savoir ! c'est de Tinterroger ... et nous choisirons celui qu'elle préférera . . .

Perrichon. — Soit ! . . . mais ne Tinfluence pas !

Madame Perrichon. — La voici. s

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