Acte IL
Armand. — C'est possible, commandant, mais ce n'est pas moi, c'est la maison qui agit.
Le Commandant. — Aussi n'ai-je aucun ressentiment contre vous. . . .ni contre votre maison. . . .seulement, je tenais à vous dire que je n'avais pas quitté Paris pour 5 échapper aux poursuites.
Armand. — Je n'en doute pas.
Le Commandant. — Au contraire ! . . . . Dès que je serai de retour à Paris, dans une quinzaine, avant peut-être .... je vous le ferai savoir et je vous serai infiniment obligé de 10 me faire mettre à Clichy. . . .le plus tôt possible ....
Armand. — Vous plaisantez, commandant ....
Le Commandant. — Pas le moins du monde ! .... Je vous demande cela comme un service ....
Armand. — J'avoue que je ne comprends pas. ... 15
Le Commandant, ils se lèvent. — Mon Dieu ! je suis moimême un peu embarrassé pour vous expliquer .... Pardon, êtes- vous garçon ?
Armand. — Oui, commandant.
Le Commandant. — Oh! alors! je puis vous faire ma 20 confession. . . .J'ai le malheur d'avoir une faiblesse. . . . J'aime.
Armand. — Vous ?
Le Commandant. — C'est bien ridicule à mon âge, n'estce pas ? 25
Armand, riant. — Je ne dis pas ça. Commandant, je n'avais pas besoin de cette confidence pour arrêter les poursuites .... je vais écrire immédiatement à Paris ....
32 Le Voyage de Monsieur Pereichon.
Le Commandant, vivement. — Zvlais du tout ! n'écrivez pas ! Je tiens à être enfermé ; c'est peut-être un moyen de guérison. Je n'en ai pas encore essayé.
Armand. — Mais, cependant.
5 Le Commandant. — Permettez ! j'ai la loi pour moi.
Armand. — Allons ! commandant ! puisque vous le voulez.
Le Commandant. — Je vous en prie .... instamment .... Dès que je serai de retour. . . .je vous ferai passer ma 10 carte et vous pourrez faire instrumenter. . . . Je ne sors jamais avant dix heures. (Sahcant.) Monsieur, je suis bien heureux d'avoir eu l'honneur de faire votre connaissance.
Armand. — Mais c'est moi, commandant .... {Us se lô saluent. Le commandant sort ^jar le/ond.)