Acte III
Daniel. — Je me suis déjà adressé à un de nos peintres les plus illustres. . . .un de ceux qui travaillent pour la postérité ! . . . .
Perrichon. — La postérité ! Ah ! Daniel ! (Â part.) C'est extraordinaire comme j'aime ce garçon-là ! 5
Daniel. — Je tiens surtout à la ressemblance. . . .
Perrichon. — Je crois bien ! moi aussi !
Daniel. — Mais il sera nécessaire que vous nous donniez cinq ou six séances ....
Perrichon. — Comment donc, mon ami ! quinze ! \dngt ! lO trente ! ca ne m'ennuiera pas .... nous poserons ensemble !
Daniel, invement. — Ah ! non .... pas moi !
Perrichon. — Pourquoi î
Daniel, — Parce que. . . .voici comment nous avons conçu le tableau .... on ne verra sur la toile que le mont 15 Blanc ....
Perrichon, inquiet. — Eh bien, et moi ?
Daniel. — Le mont Blanc et vous !
Perrichon. — C'est ça. . . .moi et le mont Blanc. , . . tranquille et majestueux ! . . . . Ah ! çà et vous, où serez- 20 vous?
Daniel. — Dans le trou .... tout au fond .... on n'apercevra que mes deux mains crispées et suppliantes ....
Berrichon. — Quel magnifique tableau !
Daniel. — Nous le mettrons au Musée. ... 25
Perrichon. — De Versailles 1
Daniel.^— Non, de Paris. . . .
Perrichon. — Ah ! oui .... à l'Exposition ! . . . ,
Daniel. — Et nous inscrirons sur le livret cette notice ....
Pp:rrichon. — Non ! pas de banque ! pas de réclame ! Nous mettrons tout simplement l'article de mon journal . . . . " On nous écrit de Chamouny."
Daniel. — C'est un peu sec.
5 Perrichon. — Oui ... mais nous l'arrangerons ! (Avec effusion.) Ah ! Daniel, mon ami ! . . . . mon enfant !
Daniel. — Adieu, monsieur Perrichon ! . . . . nous ne devons plus nous revoir.
Perrichon. — Non ! c'est impossible ! ce mariage. . . .rien 10 n'est encore décidé ....
Daniel. — Mais. . . .
Perrichon. — Restez ! je le veux !
Daniel, à part. — Allons donc !