‹ Le voyage de Monsieur Perrichon (volume 5)Chapitre 61 sur 89 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

PERRICHON, ARMAND, puis JEAN et LE COMMANDANT.

Perrichon, à part. — Je suis très contrarié .... très contrarié ! .... j'ai passé une partie de la nuit à écrire à mes amis que je me battais. . . . je vais être ridicule.

Armand, à part. — Il doit être bien disposé .... Essayons. (Haut.) Mon cher monsieur Perrichon .... 5

Perrichon, sèchement. — Monsieur ?

Armand. — Je suis plus heureux que je ne puis le dire d'avoir pu terminer cette désagréable affaire.

Perrichon, à part. — Toujours son petit air protecteur ! {Haut.) Quant à moi, monsieur, je regrette que vous 10 m'ayez privé du plaisir de donner une leçon à ce professeur de grammaire !

Armand. — Comment ! mais vous ignorez donc que votre adversaire ....

Perrichon. — Est un ex-commandant au deuxième zou- 15 aves .... Eh bien ! . . . . après ? J'estime l'armée, mais je suis de ceux qui savent la regarder en face. {H passe fièrement devant lui.)

Jean, paraissant et annonçcmt. — Le commandant Mathieu. 20

Perrichon. — Hein?

Armand. — Lui ?

Perrichon. — Yous me disiez qu'il était en prison !

Le Commandant, entrant. — J'y étais, en effet, mais j'en suis sorti. {Apercevant Armand^ Ah! monsieur Ar-25 mand ! je viens de consigner le montant du billet que je vous dois, plus les frais ....

Armand. — Très bien, commandant. .Je pense que vous ne me gardez pas rancune .... vous paraissiez si désireux d'aller à Clichy.

Le Commandant. — Oui, j'aime Clichy. . . .mais pas les 5 jours où je dois me battre. (A Perrichon.) Je suis désolé, monsieur, de vous avoir fait attendre .... Je suis à vos ordres.

Jean, à 'part. — Oh ! ce pauvre bourgeois !

Perrichon. — Je pense, monsieur, que vous me rendrez 10 la justice de croire que je suis tout à fait étranger à l'incident qui vient de se produire.

Armand. — Tout à fait ! car à l'instant même monsieur me manifestait ses regrets de ne pouvoir se rencontrer avec vous.

15 Le Commandant, h Ferrichon. — Je n'ai jamais douté, monsieur, que vous ne fussiez un loyal adversaire.

Perrichon, avec hauteur. — Je me plais à l'espérer, monsieur.

Jean, h part. — Il est très solide, le bourgeois.

20 Le Commandant. — Mes témoins sont à la porte. . . . partons !

Perrichon. — Partons !

Le Commandant, tirant sa inontre. — Il est midi.

Perrichon, h part. — Midi ! . . . .déjà ! 25 Le Commandant. — Nous serons là-bas à deux heures.

Perrichon, à part. — Deux heures ! ils seront partis.

Armand. — Qu'avez-vous donc %

Perrichon. — J'ai. . . . j'ai. . . . messieurs, j'ai toujours pensé qu'il y avait quelque noblesse à reconnaître ses torts. 30 Le Commandant et Jean, étonnés. — Hein %

Page 1