‹ Le voyage de SparteChapitre 34 sur 39 · BUCHON · texte numérisé non relu

BUCHON

Double plaisir, ce matin : je quitte le village banal de Mégalopolis et le malpropre logis qu'un indigène nous y prêta, et je vais, en trois petites heures, gagner Câritena, fameuse par un château féodal qui date de la quatrième croisade.

Autour de Mégalopolis, le territoire dessine une vaste cuve bien cultivée. Nous y décrivons (dans une exécrable carriole) le plus large circuit, parmi des pierres, du so-

leil, des moutons, des chèvres et fort peu d'arbres, pour atteindre une seconde cuve pareille où se dresse, sur la paroi la plus lointaine, le rocher solitaire de Caritena.

Chez les Grecs modernes, tout est dépouillé d'une façon que je ne pourrais rendre sensible qu'en faisant ronger ce chapitre par leurs troupeaux de chèvres. Caritena, sèche sous le soleil, n'a pas, comme nos ruines alsaciennes, un bel ombrage où s'asseoir. Chez nous, après la montée, il y a tout de suite la fraîcheur, l'appétit largement ouvert pour les truites et le vin blanc. Mais ici, les maisons d'un étage, en pierre grossière, avec un balcon de planches pourries sur lequel ouvrent leurs portes, sont pareilles à des bouches avides tournées vers le pèlerin qui grimpe péniblement. Elles crient famine et ne peuvent offrir qu'un chétif lit de camp, autour duquel rôdent la fièvre et la vermine. Peut-être, de cette dure misère naît-il une sorte de perfection. Tout ce qui doit pourrir est tombé ; ce qui subsiste prend un caractère éternel. Le château de Caritena, trophée de notre race, attend, comme une rose de Jéricho, qu'une imagination passante l'aide à refleurir.

Tout le jour je rôde sur les deux collines, dans l'église, sur toutes les pierrailles et, par l'étroit sentier du pic desséché, je reviens au donjon que construisit, le lendemain de la

conquête, le Champenois Messire Hugues de Bruyères.

J'y pourrais évoquer son dernier hôte, le patriote Colocotroni, dont ce château ruineux et garni de canons fut le refuge dans la guerre de l'Indépendance et qui, d'un air ardent et féroce, se reposait sous les arceaux gothiques en comptant les grains de son rosaire oriental. Mais je n'ai d'âme, ce soir, que pour nos chevaliers francs et surtout pour ce fameux sire de Caritena, de qui le courage, la courtoisie envers les dames et l'absurde frivolité éclatent dans le Livre de la Conqueste publié par Buchon.

C'est Buchon qui m'a conduit à Caritena. Il fut certainement mon meilleur compagnon de Grèce. Ce Buchon ! qu'il a bien travaillé. Après avoir publié les textes qui racontent comment nos croisés de France vinrent fonder leurs baronnies dans les vallons où avaient régné les rois d'Homère, il est allé, sur les lieux mêmes, interroger les traditions et les pierres des châteaux francs oubliés dans les montagnes. Ses mouvements d'amour devant les paysages historiques lui assurent notre piété. Combien j'aime cette nuit de printemps qu'il passa sur la tour carrée du château de la Belle, au fond d'une gorge de Tzaconie, tandis qu'un pâtre lui chantait la vieille ballade d'une châte-

laine aux belles robes franques et au cœur tendre (1) ! Il mourut des fatigues de son voyage. Ce n'est pas très hygiénique pour un quinquagénaire de fouiller les archives de l'Italie méridionale, de la Sicile et de l'île de Malte, puis de courir les cantons les plus inconnus de la Grèce continentale et des lies.

Nous possédons le récit de son voyage de Morée, mais il avait « avec la même affection religieuse », c'est son mot, exploré tout l'Archipel. Hélas ! le précieux manuscrit inédit de cette croisière a été perdu par le notaire de la succession. S'est-on jamais occupé sérieusement de le rechercher dans les archives de l'étude Boudier, aujourd'hui tenue par M^ Lavoignat?

Edouard Drumont, fils de la sœur de Buchon et, en quelque manière, son héritier spirituel, s'indigne justement que cet historien voyageur, qu'anime un haut sentiment de la France, soit recouvert de la plus noire obscurité. Quoi qu'en pensent les chartistes, qu'à leur tour l'avenir revisera, Buchon doit être sauvé comme le furent les deux Thierry ou bien un François Lenormant. Nos lettrés protègent mal certains cas de leur ressort. Ah ! quel succès nous ferions au Voyage en Morée, s'il nous arrivait d'Allemagne !

(1) Voir la note IV, page 274.

Si j'étais un jeune étudiant (1), je présenterais à la Sorbonne une thèse sur la vie et l'œuvre de Buchon ; si j'étais un maître, je reprendrais sa tâche. M'aidant des travaux de Hopf, de Mas Latrie, de Schlumberger et de Morel-Fatio, j'essaierais de faire voir nos terriens de Champagne et de Bourgogne et ceux de Provence aussi, tels qu'ils débarquèrent, sans sulfate de quinine, dans le golfe de Patras... Ce rivage du débarquement, le matin que je le parcourus, était éblouissant de bleu, d'or et de neige. La région n'est pas belle au sens d'un touriste ; mais on y cultive la vigne et l'on y peut chevaucher ; elle dut plaire à nos compatriotes. Leur forteresse de Chlemoutzi, sur un cône au milieu d'une chaîne assez longue en bordure de la mer, maintient sur le paysage un vigoureux témoignage de leur extraordinaire aventure... Ils venaient de bâtir Notre-Dame et se trouvaient en présence du Parthénon. Ils ressuscitaient ces Agamemnon, ces Ajax, ces Achille qui se croisèrent contre Troie.. Et beaucoup d'entre eux étaient des troubadours assez pareils à ceux qui firent les poèmes d'Homère. Ils

(1) Mon appel fut entendu par un jeune élève de l'école des Chartes, Jean Longnon, duplus grand mérite et digne de son nom. Voir à la fin de ce volume (note V) la préface que nous avons mise au manuscrit qu'il a retrouvé de Buchon et publié avec les plus complètes biographie et bibliographie.

apportaient une religion française, une langue française, des lois et des habitudes françaises et venaient disputer la Grèce aux Byzantins. Deux brillantes fantaisies se heurtent sur un sol, d'où perpétuellement émane une divine influence.

Il serait beau d'écrire cette chevauchée pour qu'elle soit un livre national, un exemple significatif de toute notre histoire, car l'énergie qui fit déborder, au treizième siècle (1), la France sur l'Orient réapparaît, exactement pareille, au début du dix -neuvième. La force qui assembla ces pierres grecques écussonnées aux armes de France, c'est un chant spontané qui s'élève toujours des âmes guerrières de chez nous. L'esprit des guerres de la Révolution et celui des Croisades sont faits d'une même foi sincère, d'un même amour de la gloire, d'un même goût des aventures. C'est toujours nous qui, d'un pareil élan, libérons les opprimés et proclamons les droits de l'homme. Et, jadis comme hier, nos plus hardis chevaliers ne se présentent pas en maîtres farouches ; leurs harangues, jointes aux agréments de leurs personnes, contribuent à leur réussite ; ils fondent des royaumes avec leurs épées, ou épousent des filles de rois, et toujours ces héroïques tumultes français, ces expansions

(1) Voirlanote VI, page281.

de notre race, après quelques combinaisons politiques éphémères, finissent stérilement. Tout est perdu hors l'honneur.

Pourquoi ces fièvres, ces générosités et ces faillites? Tant que de tels problèmes d'énergie n'auront pas été résolus, la psychologie de notre nation et le sens de son développement resteront inintelligibles.

S'il est difficile de comprendre les raisons de cette explosion du treizième siècle, il nous est aisé de sentir ses couleurs. Les traces de nos croisés que j'ai vues, en Grèce, sont semblables à celles que, d'autres jours, j'ai relevées sur la rive droite du Rhin et partout en Italie. Et puis, quoi ! nous en étions tous, de cette quatrième croisade : vous qui me lisez, moi qui vous parle, et nos amis communs. Geoffroi de Villehardouin, Guillaume de Champlitte, Hugues de Saint-Quentin, Robert de Blois, Jean, comte de Brienne, le seigneur de Caritène et tous les autres, je les ai connus, quand je faisais de la politique française aventureuse avec les beaux chevaliers qui s'appellent Boulanger, Mores, Déroulède ; et je connus particulièrement le jeune Rambaud, fils d'un chevalier de Provence du château de Vaqueras, qui se distingua par ses chansons et ses sirventes. Il s'éprit avec succès de la belle Béatrice, sœur du marquis de Montferrat. Il suivit à la croisade le marquis et en reçut de riches fiefs, outre-mer. C'est

un ancêtre aimable de nos journalistes auxquels on donne une préfecture ou bien une recette générale, si leur parti a triomphé.

Délicieuse floraison, jeune et pareille à chaque printemps, du plus beau des arbres, la France ! Un Laclos, je le jure, expira dans quelque Chlemoutzi, comme celui qui, plus tard, mourut dans la fiévreuse Tarente ; Paul- Louis Courier, cinq siècles avant de nous dire ses aventures de Calabre, avait goûté les risques de la guerre en Laconie ; Rœderer, le sage Messin, administra la neuve conquête d* outre-mer avec cette prudence qu'il fit voir à Naples, auprès du roi Joachim Murât : le jeune Beyle s'est enivré de sa jeunesse, de la gloire et des femmes, à travers l'Achaïe, aussi bien qu'il fera, près de nous, dans sa chère Milan émue de Marengo.

Aujourd'hui, nous devons rêver où nos pères ont vécu. Un profond silence succède au tumulte des départs. La rumeur, confiante, fanfaronne, expire ; le glorieux soleil fait place à la nuit romanesque sur les ravins de l'Arcadie. Des vies sans nombre et des forces choisies ont été pressées comme des roses pour que ce burg nous fût un flacon de parfums.

Pouvait -il se dépenser tant d'énergie française, sans que l'amour courût en profiter? On voudrait qu'un Stendhal du treizième

siècle nous eût donné les Promenades dans VAchaîe, ou bien Athènes, Corinthe et Mistray ou bien encore des Chroniques pêloponésiennes. Ce qu'eussent été de tels mémoires, on l'entrevoit à respirer les ruines féodales en Grèce ; et sous la sécheresse des vers du Liç>re de la Conqueste, on s'imagine distinguer une délicatesse française, mûrie, forcée de quelques siècles par le soleil ou les effluves de cette terre civilisatrice.

Comme elle est galante, la lettre que l'aimable Rambaud de Vaqueras écrit à son amie, demeurée à Montferrat : « Tous les jours, je vois belles armes, bons chevaliers, batailles, sièges de villes, machines battant tours et murailles. Rien n'y parle d'amour, mais je vais vêtu d'un riche harnais, quérant guerres et batailles, pour m' enrichir de conquêtes. Nous avons fait des empereurs, des rois, et des ducs ; nous avons forcé des châteaux en Asie, pris des Turcs et des Arabes, ouvert tous les chemins de Brindes au bras Saint-Georges, je vois le marquis content et heureux, ainsi que le Champenois et le comte de Saint-Paul ; jamais nulle gent n'obtint tant d'honneurs sur terre. Mais à quoi me sert d'avoir si grande puissance, si mon chagrin s'est accru aussi, puisque je suis éloigné de ma dame et sais que plus ne me viendra joie? »

Un si gentil garçon ne dut pas longtemps attendre sa consolation.

Toutes les femmes se tiennent sur le rivage ; elles ignorent qu'elles soupirent après les navigateurs inconnus. Et ceux-ci ne savent pas qu'ils aiment déjà l'amante surprenante qu'après un long voyage ils trouveront au débarqué. Mais nos Français reconnurent tout de suite le prix du présent que les dieux helléniques leur daignaient ménager et que, le dimanche matin, sur le parvis de nos églises, les filles de chez nous leur avaient prophétisé.

Une race naquit de leurs plaisirs. Dans cette race nouvelle, que l'on nomme Gaamulej les femmes rehaussaient de gentillesse franque la beauté du type hellénique. Jadis, sur ces rives de l'Alphée, Pan menait le troupeau des Nymphes avec Silène, tandis que les pâtres soufflaient dans les flûtes. A la place du dieu Pan, les chevaliers français installèrent en Arcadie leur déesse qui était l'Honneur. Ce sont deux puissants dieux, l'un plus champêtre, l'autre plus social. On les aime l'un et l'autre jusque dans leurs absurdités, hypostases qu'il est interdit d'expliquer. Par une conjonction merveilleuse, les Gasmules, filles de ce climat et du courage guerrier, mêlaient dans leur cœur le culte pastoral avec le culte de l'honneur à la française. Elles marièrent nos seigneurs avec les îles, les golfes et les vallons de Grèce. Dans leurs châteaux innombrables de Mistra, de

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Grèvecœur, de Matagrifïon, ces chevaliers aux éperons d'or multiplièrent les grands festins^ les tournois et les galanteries françaises.

Entre tous ces princes de la seconde génération, nés sur le sol de la conquête et si curieusement adaptés, identifiés à leurs nouveaux fiefs, ce royaume romanesque de Morée mit sa plus grande complaisance dans le sire de Caritena.

Selon l'usage, celui-ci avait abandonné son titre champenois, et le seigneur de Bruyères avait disparu sous le baron des Défilés de Scorta. Les femmes eurent sur lui une extrême influence. Pour l'amour de celle qu'il épousa, il fit la guerre contre son suzerain. Pour l'amour d'une autre qu'il enleva, il s'enfuit sous un déguisement, quand c'était l'heure de se battre. Deux fois il vint, la corde au cou, demander grâce. Ses compagnons qu'il avait trahis l'embrassèrent avec amour et tout le monde pleurait. C'était un si gentil compagnon et si brave batailleur ! Il le fit bien voir, quand il voulut, contre l'avis unanime des chefs, un combat follement inégal, où tout son monde fut haché.

Dans ces longues aventures, un homme raisonnable ne voit rien qu'il approuve, mais il reconnaît l'allure qui plaît à des Français, Après sept siècles qu'il est mort, ce chevalier séduit encore : il séduit la fille de Gobi-

neau, Mme de Guldencrone, quand elle écrit son beau livre V Achaïe féodale. Sur les roches de Caritena, je n'ai pas entendu les oiseaux qui, d'après les vieilles chroniques, gémirent sur la mort du sire, mais dans mon cœur profond, j'entendais bruire mes sympathies.

Elles m'interdisent d'admettre que la débauche exténua nos chevaliers dans les harems de leurs châteaux gothiques. Une débauche qui n'atteint point l'âme laisse intacts et même repose de joyeux garçons français. Mais ces Gasmules, semblables aux perles ou bien aux pêches mûres, peuvent mieux encore être comparées aux musiques qui font flotter dans l'air une buée de désespoir. Chacun de leurs mouvements renouvelait tous les désirs et déchirait les bandages des plus vieilles blessures. En vain lisait-on une tendre pitié dans leurs regards : il ne dépend d'aucune déesse que nous cessions d'être des hommes vulnérables. Quand ces filles poétiques avaient caressé nos princes francs, n'arriva-t-il point qu'ils connurent la détresse de la solitude sur le donjon de Caritène et qu'ils furent pénétrés, blessés par l'azur de cette Arcadie?

Plusieurs d'entre eux, et leur chef Messire Geofîroi de Villehardouin, étaient poètes. On possède quelques-unes de leurs chansons.

Dans les salles de Caritène, quand l'église

sonne Vangelus, j'entends l'un d'eux, ce soir, qui chante :

« J'ai suivi d'un pas régulier, ni hâtif ni lent, les sentiers de la vie, et j'ignore si j'ai cueilli plus ou moins de fruits que n'en cueillent la plupart des hommes, mais j'ai trouvé la fleur enfin que j'avais toujours pressentie, de sorte que, jusqu'à ma mort, tout ce que j'éprouverai sera mêlé de son parfum. Une étrangère ne porte pas au col la croix en or des filles champenoises, et dans son âme, des espaces sont fermés à nos regards. Mais que j'entende qu'elle respire, et je m'éveille au goût de la grandeur inorale : générosité, confiance, esprit de sacrifice. Est-ce l'appel d'une victime, le mal d'une prophétesse ou le tourment du bonheur?

Une inflexion de sa voix, de son corps m'ouvre des paysages où je rêve de passer mon éternité... »

Sur les terrasses éboulées, par un ciel nocturne de Grèce, si je pouvais évoquer les morts, je n'appellerais pas indistinctement les belles anonymes qui vécurent ici pressées comme des rossignols en cages. Je rêve de cette Gasmule qui, dans l'ombre de Garitène, mystérieuse et délicate corolle, prit en échange d'un parfum toute la force d'un barbare.

Dans les ruines gallo-grecques où le murmure de l'Alphée s'unit au bruissement des

térébinthes, une voix, la plus douce, s'éveille ; une plus douce présence suit. Elle brouille en moi les idées de temps, mais s'accorde avec mes désirs. Je serais gêné d'être l'hôte des petites maisons de l'Athènes classique, mais les mœurs qu'il y eut dans Caritena sont assorties à ma nature, et si l'on m'invite ce soir, me voilà digne de la fête.

Une jeune Gasmule s'avance d'une allure bondissante. Chaque pensée qui se soulève dans son âme l'arrache du sol, et vraiment elle s'envolerait, si un goût joyeux de la vie ne la ramenait vers des biens terrestres qu'elle ne peut pas délaisser. Elle reçoit de ces lieux mille influences de jeunesse et de plaisir que ses ancêtres indigènes avaient divinisées. Quand elle pénètre dans la vie des princes francs, ses demi-frères, c'est un jeûne oiseau cruel dont la présence fait taire les humbles bosquets chanteurs. Elle est tantôt une enfant, alanguie, les pieds joints, tantôt une prophétesse aux cheveux épars. Son regard, l'éclat de ses joues, l'harmonie de son corps, son épaule nue, les approches de son secret exigent-ils que l'on meure? Les Francs aventureux ont fondu à cette flamme...

Aujourd'hui, les Gasmules ont déserté l'ogive croulante où notre évocation les ramène. Elles sont mortes, les voix qui firent dans les burgs dorés la musique de l'amour :

voix ardentes, chantantes, ineffables, qui se vantaient et se plaignaient et qui firent souffrir, regards chastes dans le délire et mouvements si purs dans l'extrême impatience du plaisir... Je ne regrette pas le troupeau délicat des Gasmules, dont je cherche sous Caritène le cimetière. Chaque génération porte avec elle tout ce qu'il lui faut pour souffrir : nous avons nos vivantes.

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