‹ Le voyage des petits chinois; comédie en trois actesChapitre 12 sur 15 · LES MÊMES, LIOU-MIA, LE MANDARIN, LIOU-LI · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LIOU-MIA, LE MANDARIN, LIOU-LI

Le Mandarin et Liou-mia arriveront par un côté et Liou-li par l'autre.

Le Mandarin (dans la coulisse) :

Dépêchez-vous donc, ma sœur. Liou-li ! Liou-li 1

344 JIIIÎATRE DU IKUxVR AGE

Liou-Li (elle accourt, les bras chargés de paquets, d'ombrelles chinoises, etc., etc).

A\)ilà! voilai Seigneur!

Le Mandarin.

Mon Dieu! comme tu es chargée ! Qu'est-ce que c'est encore que tous ces paquets-là?

LlOU-MIA.

Laissez donc, mon frère. Los hommes n'entendent rien à ces choses. Ce sont nos boîtes de parfumerie. (Elle fait signe à Liou-li qui sort.)

Le Mandarin.

Allons décidément, en voyage, partout, les femmes restent coquettes.

Liou-MIA (minaudant).

Ne faut-il pas faire honneur à Paris, mon frère?

Le Mandarin.

Honneur à Paris! Hum! Drôle d'honneur, ma foi! Enfin, ne perdons pas notre temps. Bon ! Oij est encore cette fille?...

LE VOVAGî<: DKS PKTITS CHIXOIS U4o

Fleur-de-Thé (regai'daul par lu iciiêlre).

Elle porte les paquets aux hommes qui installent les bagages sur les tombereaux.

Le Mandarin.

Il faut qu'elle nous prévienne aussitôt que nos palanquins seront là et nous y monteront sans tarder. Nous sommes loin de la gare ici. (A Liou-li qui revient.) Vite, ma fille, emporte tout ce qui reste ici et vois un peu si les palanquins arrivent?...

Les enfants.

Nous allons l'aider, papa! (Ils prennent chacun un objet et suivent Liou-li.)

Le Mandarin.

Reste ici, Lo-lo, tu ne fais que gêner les autres. Viens ! (Il le prend sur ses genoux, pendant que Liou-mia examine la cage des oiseaux.) Es-tu content, dis-moi, d'aller à Paris, petit Lo-lo?

Lo-LO.

Oh! oui, papal Je verrai beaucoup de choses qui m'amuseront, et Liou-li m'a dit que j'en reviendrais presque aussi grand que vous et aussi savant I

346 TUÉATRE DU JEDNE AGE

Le Mandarin (riant).

Alil ah! Elle t'a dit cela... Si tu es sap^e tous le tonips du voyage, je crois qu'il y aura du vrai dans la prédiction de Liou-li.

Liou-Li (accourant).

Seigneur, les palanquins sont là!

Le Mandarin.

Alors ma sœur, mes enfants, en route !

Fleur-de-Thé,

Mes oiseaux! mes oiseaux! J'allais les oublier. Elle prend la cage, qu'elle tient à la main. Chacun se groupe autour du Mandarin, avec une ombrelle, un éventail et une petite caisse à la main.)

Liou-Li (sur le côté de la scène).

Seigneur, vous me l'avez promis, je reverrai la Chine, et les Français ne me feront pas de mal, n'estce pas?

Le Mandarin.

Je te l'ai promis, foi de mandarin! Maintenant, saluons la Chine; mes enfants, disons-lui au revoir! Nous tâcherons de la représenter dignement à Paris,

et nous rapporterons, sûrement, à notre pays, de beaux et précieux souvenirs de France.

LiOU-MIA.

Pour moi, j'espère bien y laisser mes rhumatismes!

TCHAO-LI

Ma foi, ma tante, je commence à croire à votre ordonnance : les voyages doivent entretenir la santé et la bonne humeur.

Fleur de Thé (tendrement, baisant la main de son père).

Oui, mais ce doit être vrai, surtout, quand on peut partir avec tous ceux qu'on aime!

(Us saluent.) ' [La toile se baisse.)

Page 1