SCÈNE m
HENRI, P uu ALIDOR, puis ie Garçon d'hôtel.
HENRI, seul.
Avec Marie la partie est gagnée... Il faudra bien que le père vienne à moi maintenant...
ALIDOR, paraissant au fond, & pari.
Ah ! tu refuses les duels !. .. Nous allons voir ! (Haut à Henri.) Monsieur, je vous cherchais.
' HENRI, cherchant à «'esquiver
Pardon î je suis pressé...
ALIDOR, d'an air matamore.
Deux mots seulement... Vous vous êtes permis ce matin certaines menaces ...
HENRI
Qui vous ont fait avaler des cailloux...
ALIDOR
J'ai dû me contenir... devant une femme... Mais maintenant nous sommes seuls.
HENRI, à part.
Comment, lui aussi ?
ALIDOR, élevant la voix.
Monsieur, je suis très carré, moi.
HENRI, à part.
S'il croit que ça va se passer comme avec le papa... Non !
ALIDOR, menaçant.
Je vous donne cinq minutes pour quitter Cherbourg.
Cinq minutes... c'est bien peu.
ALIDOR
Mettez-en six, mais pas une de plus.
HENRI
Àh ! je *ois ce que c'est... vos cailloux vous gênent, là... et vous désirez que je pratique une petite incision.
ALIDOR
Quoi... mes cailloux?
HENRI
Enfin, vous venez me prier de vous couper la gorge... Volontiers.
ALIDOR, à part.
Comment, il me provoque... il ne chante pas?
(Le garçon d'hôtel parait et range au fond.) HENRI.
Dépêchons-nous, je n'ai pas de temps à perdre.
ALIDOR, effrayé et bégayant.
Pe ... pe... ermettez...
Oh ! ne bégayons pas, ça nous retarderait... Quant aux armes, vous êtes le plus âgé... je choisis l'épée.
LE GARÇON, i part.
Un duel !
ALIDOR
Mais je ne me ba... ba... ats pas aujourd'hui... de... de... main...
HENRI
Oh! non... tout de suite, je n'ai qu'une demi-heure à
VOUS donner. <• (Le prenant par le bras .) Allons, marchons.
ALIDOR, à Henri qui l'entraîne.
Je p... p... pro... proteste.
(n« sortent par le fond.)