SCÈNE III
MARIE, HENRI, dans te hamac.
MARIE
11 est parti !
Rêve d'amour et d'espéranee, Yous voilà donc anéanti !
Bonheur qivhier encore me donnait sa présence
Est aujourd'hui
Evanoui.
A moi les douleurs de l'absence.
Trembler pour lui, voilà mon existence.
Il est parti.
Sainte Madone, Reine des flots, Sainte patronne Des matelots, En toi j'espère ; Hélas ! tu vois Ma peine amère, Entends ma voix#
Pendant le cours de son voyage, Toujours prête à le protéger,
Par l'amour soutiens son courage, Préserve-le de tout danger.
Sainte Madone,
Entends ma voix.
HENRI, dans le hamac.
J'entends ta voix.
MARIE
0 ciel ! quelle étrange surprise !
Quels doux accents, C'est sa voix que j'entends !
(prêtant l'oreille.)
Non, rien... je me trompais... non... non, c'était la brise.
Quel trouble dans mes sens.
Sainte Madone,
Reine des flots,
Sainte patronne
Des matelots,
En toi j'espère...
Hélas ! tu vois
Ma peine amère ;
Entends ma voix Mon cœur ne peut t'offrir, dans sa souffrance,
Que des prières et des pleurs ; Mais il promet, dans sa reconnaissance, A ton autel des perles et des fleurs.
Sainte Madone,
Entends ma voix.
HENRI
J ! entends ta voix.
MARIE
C'est bien lui!... cette voix î... ô transport qui m'oppresse!
HENRI, paraissant.
Marie !
MARIE
Ah! quelle ivresse!
O bonheur!
De mon cœur Aujourd'hui S'est enfui Tout ennui !
Cet instant Qui me rend Mon Henri, Mon mari, A chassé Du passé