‹ Le voyage en Chine operacomique en trois actesChapitre 9 sur 79 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

POMPÉRY, MAURICE, puis MADAME POMPÉRY.

MAURICE, entrant.

Je vous demande pardon... j'étais couvert dépoussière..

POMPÉRY

Mon ami, j'ai à causer avec vous... Vous ôtes un charmant garçon... je vous dois la vie...

MAURICE

C'est convenu.

POMPÉRY

Vos visites presque quotidiennes sont loin de me dé-

plaire..., mais pourquoi les faites-vous avec un bouquet dans chaque main?

Mon Dieu! je n'éprouve aucun embarras à l'avouer j'aime une de vos deux filles.

POMPÉRY

Je m'en suis bien aperçu. L'aînée?

MAURICE

Non, la cadette !

POMPÉRY

Ce n'est pas possible! Vous regardez toujours l'aînée.

MAURICE

Je regarde bien plus la cadette.

POMPÉRY

Mon ami, sondez votre cœur et vous verrez que c'est l'aînée.

MAURICE

Eh bien! soit. J'aime l'aînée, mais je vous demande la main de la cadette.

POMPÉRY

C'est étrange! Enfin, je n'ai rien à vous refuser... Vous connaissez ma position de fortune... Ancien fabricant de cachemires des Indes, j'ai amassé 40,000 livres de rente.

MAURICE

Moi, capitaine à l'état-major de la garde nationale..., l'espoir d'être décoré un jour... et 25,000 livres de rente.

POMPÉRY

Toutes les convenances y sont... D'ailleurs vous nous plaisez... C'est convenu, vous épousez ma fille.

Ah! Monsieur, que de remerciements !...

POMPÉRY

Seulement, je dois vous faire part d'une petite condition, je ne marierai la cadette qu'après l'aînée.

MAURICE

Comment?

POMPÉRY

C'est l'ordre naturel des choses.

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