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Ce Ne + SAC DE VOYAGE - Avec mallette de cuir en dessous, invention de Pierre Godillot, en 1836, (D’après nature.)
augmenté de petites courroies solidement cousues. En 1830 environ, la construction des premières lignes de chemins de fer commençait à faire sentir son influence sur la fabrication des articles de voyage. Pierre Godillot, véritable créateur du & sac de nuit, » fut obligé de remanier encore, mais d’une façon définitive cette fois, son œuvre de 1826 et de 1830. IL imagina de placer sous le fond du sac une petite valise indépendante. (Page 277). Cette mallette, fermée à l’aide d’une serrure à moraillon, était consolidée de chaque côté par deux petites courroies de cuir avec boucles, fixées sur le corps de la valise elle-même. Le sac ainsi formé, dont plus tard on diminua un peu la hauteur, resta l’ustensile préféré de tous dans les déplacements pendant plus de quarante ans. De cette époque datent les premiers porte-monnaies avec fermoir métallique.
Avant 1830, les malles étaient fabriquées par les coffretiers, ouvriers qui avaient succédé aux huchiers-charpentiers, mais qui ne devinrent que plus tard les coffretiers-layetiers-emballeurs, fabricants d'articles de voyage actuels. Les malles, à cette
époque, étaient des coffres de bois assez épais, re-
couverts de toile ou de peau de truie, dont les soies étaient, à dessein, laissées en dehors. Vers l'avènement de la monarchie de juillet, pour rendre plus faciles les courts voyages par chemins de fer, on vulgarisa la malle portative avec poignées qu’on appela valise, maïs cette innovation ne fut pas
immédiatement goûtée par le public qui trouvait qu’elle formait double emploi avec le sac de nuit.
Vers 1840, deux habiles ouvriers alsaciens, qui travaillaient à Paris, nommés Michel Trotte et Schaeffer, inventèrent en commun la malle jumellejointe, en cuir. Ce véritable meuble de voyage, nos lecteurs le savent pour en avoit vu souvent des modèles, consiste en deux malles complètes se juxtaposant l’une sur l’autre et se servant réciproquement de fond et de couvercle. Cette forme est un peu abandonnée aujourd’ hui, mais à l'époque elle eut un foudroyant succès. Trotte et Schaeffer, sollicités, tentés par des offres magnifiques, enlevés pour ainsi dire par l'ambassade d’Espagne à Paris, émigrèrent dans la péninsule ibérique où, pendant plus de deux ans, ils travaillèrent au Palacio Real mais spécialement et uniquement pour la reine Christine. Plus tard ils s’établirent à Madrid où, 1l y a quelques années, ils occupaient encore de fort séduisantes positions.
De son côté la maison Godillot poursuivait le cours de ses succès. S'oecupant continuellement de sa profession, son chef était arrivé à une véritable maîtrise et perfectionnait de plus en plus l’article de voyage. Sur la fin il adopta la spécialité des modèles en cuir et sut se faire, dans cette branche, une réputation européenne.
Pierre Godillot était Franc-Comtois, contrée où l'industrie des ustensiles de voyage recrutait assez
facilement ses ouvriers, témoin ce Cote qui, sous
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MALLE commune, recouverte en peau de truie, ayant servi aux assassins Lebiez et Barré à expédier au Mans, le corps de leur victime. (D’après nature.)
la direction de son patron, inventa avec lui la fermeture du premier sac de nuit. Une certaine quantité de gens de ce pays, pour la plupart anciens ouvriers de la maison Godillot, s’établirent de ci et de là et mirent en vente ces modèles hétéroclites et bizarres qu’à un certain moment on vit éclore à la suite de la création des chemins de fer. De leur temps date cette malle (Page 281) dont la forme est bien connue, longue, étroite, légèrement bombée dessus et recouverte de poils de chèvre ou de truie. On‘en trouve encore de nombreux spécimens au Temple, à Paris ou chez quelques marchands de bric-à-brac en province.
C'est dans le coffre dont nous donnons la reproduction que l'agent d'affaires Barré et l'étudiant en médecine Lebiez expédièrent en 1878, gare restante au Mans, le corps coupé en morceaux de la veuve Gillet laitière rue d'Hauteville. Ce fait, en apparence insignifiant les perdit, car le chef du service de la Sûreté en augura immédiatement que les assassins étaient natifs de l'Ouest : il ne se trompait pas, Lebiez et Barré étaient d'Angers.
En terminant, donnons encore la figure excessivement exacte (page 285) de la malle dans laquelle l'assassin Eyraud, aidé de sa complice la fille Gabrielle Bompard, enfouit le corps de M. Gouffé, l'huissier de la rue Montmartre, à Paris, qu’il avait étranglé. C’est un modèle de fabrication anglaise cherchant à imiter la malle de Paris et appelé à Londres « French trunk ». Elle est en bois de sapin,
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