‹ Le vrai livre du peuple, ou, Le riche et le pauvreChapitre 43 sur 85 · DU PAUVRE · texte numérisé non relu

DU PAUVRE

Beatus vir qui inteUigit super egenum et pauperem; in die mala liber abit eum Dominus.

Heureux rhomme àoi comprend les besoins du pauvre et de riidigeiit ; le Seigneur le délivrera au juur mauvais.

Ps. 40, v. 1.

* Le plus ancien hôpital de Grenoble est celui de Saint- Hugues, fondé, par ce prélat vers la fin du XI* siècle, appelé '^Ussi de la Madeleine^ à cause d'un autel qui y était dédié à cette sainte et d'où a tiré son nom la rue qui y conduisait. Il s'étendait sur remplacement occupé depuis par les Cordetiers et converti aujourd'hui en une place publique, derrière le palais de justice. Il y avait également à Grenoble, dès le temps des dauphins, un hôpital de Saint-Antoine, desservi par des religieux de cet ordre. Il était bâti sur le coteau près de l'ancienne route traversant la hauteur de Chalemont ; plus tard, du moins, après les guerres de reli- T 23

ion. : î:: iTuitâ'i^?^: au pied de la montagne, dans la rue

■'.n lîîiSi Jv:ques de Die. i:: Lippo. chevalier, audi- •iir ''.(*.?, !'iin:'.^3 et consoillfr ii diuphîn, et Catherine Nforiîanfîfi. m r^mme, crocroni tch.? '.es mendiants une maison •l*î if'Uiuî: -située dans la t\v. :i; Tj* jui. dans la suite, re- « lit. île. f.fît hospice le non; n; "ii; in Pont-Saint-Jacques ou l'onL-Saint-Jaymes qucli; nir«-î incjr* de nos jours. D'aulnes liicnlaiteurs suiviriMi • . '.nDiiî ie Lappo; ils dotèrent son l'tahlissemonl Ac n.u: 'b> "Vîoun'es. RevmonddeThevs, iiiii iTiMix. soicno;:: c- '"iJiTtiniv ^u Friéves, lui donna en IIKKl une rente r.nnr,': w-. . lorus Tor. pour l'entrelieu desa chajv:'/'; ""^~': -s.;? c utnuie le Notre-Dame et Sîiinl-Jnci]ues.

- \ oetie èço:ï.i ^ •-.?.! ie >Hiui-3ujiues était devenu insullîsîr.: pour t^ t>k'..ii,.-:> •.» x ûle 1. n'»^<îue Aymon de ('.hisst* î'onda *A*r.' ' .- *• il, me louveile maison dans la rue Chencis. --^••^ i^ i . .L:'.f;urdie: Mie tut nommée ImimoM^nM» ftc Vv- . u/m-. ^.n jimateur /enrichit de plusieurs ions, i -.«iiii 'îoiiai le :miai-Hua:ues et en confia la ii«v.r-'r ^^ uanvi-r ^puiiuie aux consuls de la ville. A- mt*»rTi t.'tuT-. ii-ui u^^*J un::} jius tard ceux de Sainl-Jactuv> • ■ •^»»» -liiume lout lous venons de parler ec oiu? ^.>;>i •- v.u ■:> c&ulére», ibudée en 1483 parGraKo h; »-->=vi . -.cmi^. uuvcr iu palais du roi. Cethôpiial. ••■■ --^ ^*" e ^Hiiit-rtoch ou delUe, parce quu •^': -" «»•> ami; uu «erritoire delaville ippeléelUe -i: -^ •-•'•» ■'^» < e-. 6r«(j ou Vile-Vert), oc- ■upait lemai»»'" ■*'" "*'*• -* imcuore ictuel de Sainl-

locii. D ne fes î nf^MiiïJ», .e >C5* ijùtiments qu'une

>eiiie Aap»?l'« *"' '"' ' ' ^^^'^'^ lu-Jessus de la

uu'icà'^tnw ^- ' "*'" -' ' i|Licjie -uut les armes de .1 ville 'S. la îî»i' '^ "^^ '' '' *^"*^* .euuis decesliôpi- ;:u.\ iiccr» iri tI^'^"" "* ='''■ ■'^««•^Auas et autres bienfiuts,

constituèrent depuis un hôpital général, régi et administré par un seul bureau composé de Tévèque, d'oflScîers du par*lement, de la chambre des comptes et du bureau des finances, des quatre consuls, d'avocats et d'autres notables. De nouveaux bâtiments, plus spacieux, plus commodes, mieux situés, s'élevèrent pour cet hôpital, aux frais de la ville et au moyen de souscriptions, de i 632 à 1650. Ils furent construits dans l'enceinte de la cité neuve, à l'endroit où ils sont encore * . »

Passant immédiatement de cet historique aux temps actuels, je vais exposer les immenses bienfaits que répand l'hôpital de Grenoble,

La moyenne annuelle des malades civils traités à rh6pital pendant les années 1855, 1856, 1857 et 1858, a été de 1,826.

Les malades de la ville de Grenoble sont traités gratuitement; quand les malades n'appartiennent pas à la ville, leur commune paie pour eux ; mais ces malades étrangers sont Ml petit nombre.

La moyenne annuelle des femmes mariées, trop pauvres ]K)ur accoucher chez elles, qui sont venues accoucher à l'hôpital, a été, pendant les mêmes années, de 43

Celle des filles-mères du département, admises pour faire leurs premières couches dans une salle spéciale appelée ostte départemental, a été de 168.

Celle des filles malades par suite d'inconduite, traitées dans un bâtiment particulier, de construction récente, a été de 98.

Celle des vieillards indigents, reçus à vie, tous de Greno-

4 . J'emprunte ces détails au tome troisième de la Statistique du département de l'hère. Ce tome a pour auteur exclusif M. Pilot, le savant Mclimste de ce département.

ble ou ayant acquis le domicile obligatoire par cinq ans de résidence dans cette ville, a été de 396

Celle des enfants trouvés, abandonnés, ou orphelins pauvres, connus sous la dénomination générique d'enfants assistés, à la charge du département, comme âgés de moins de 12 ans, a été de 711

Celle des enfants infirmes, qui sont chez des nourriciers, quel que soit leur âge, pour lesquels Fhôpital paie une pension, a été de 137

Celle des enfants infirmes, que les nourriciers ne veulent pa& recevoir, même moyennant une pension, et nourris à rhospice, quel que soit leur âge, y compris les enfants déposés temporairement, jusqu'à leur placement, a été de . 337

Celle des malades militaires soignés à l'hôpital, en vertu d'un traité passé avec l'administration de la guerre, a été de 2,404

La moyenne générale annuelle des individus malades, vieillards, enfants, etc., qui ont séjourné à l'hôpital et y ont été nourris pendant les quatre années, ci-dessus, a été

La moyenne annuelle des journées de nourriture fournies, par l'hôpital pendant les mêmes années, a été de. 338,96â

Voici à l'aide de quelles ressources l'hôpital fait face m des charges aussi énormes.

Pendant les mêmes années que ci-dessus, la moyenne annuelle du revenu rural (fermages, coupes de bois, produits en nature) aétéde. . .' 134,400 fr. 73c-

Le revenu des maisons a donné une moyenne annuelle de 20,941 54

La moyenne annuelle des rentes sur l'Etat a été de 34,459

A reporter 189,801 fr. 27 c.

Report 189,801 fr. 27 c.

Celles des rentes sur particuliers a été do 646 72

Celle des rentes transférées par le gouvernement, c'est-à-dire destinées à remplacer des biens vendus, dont Fétat s'était emparé, a été de 942 84

La ville de Grenoble fait à Thôpital une subvention annuelle de 45,000 »

Total 236,390 83 c.

La moyenne annuelle du revenu casuel, tel que journées des malades militaires, journées des filles-mères ou mala^des, produit des inhumations loué à I^ hôpital par les fabriques des paroisses de la ville, a été de 234,251 26

Total 470,642 fr. 09 c.

La moyenne annuelle des recettes, tant ordinaires qu'ex- ^ï"^ordinaires (celles-ci comprennent des coupes de bois ^X^traordinaires, des prix de ventes de terrain, des soultes ^^ cchange, etc., et les capitaux qui en proviennent sont conve^rtis en rentes sur FEtat), a été de. . . 512,231 fr. 12 c.

La moyenne annuelle des dépenses, tant ordinaires qu'extraordinaires, a été de. : 503,506 fr. 02 c.

Le prix moyen de la journée commune, pendant lesdites ^xmées, a été de Ofr. 94c. 0268

Celui de la journée des malades a été de 1 fr. 18 c. 9365

Depuis longtemps, les hôpitaux sont régis par des com-

missions administratives, composées de cinq membres qui, d'après la législation existante, sont nommés par le préfet. Ces commissions sont renouvelées, chaque année, par cinquième. Les membres sortants sont rééligibles. Le maire fait partie, de droit, de la commission, indépendamment des cinq autres membres, et il la préside.

La commission administrative de Thôpital de Grenoble est formée aujourd'hui du maire de la ville, de MM. Fiéreck, conseiller à la cour, impériale, vice-président ; PioUet, conseiller à la cour impériale ; Gautier fils, avocat général à la cour impériale; comte de Saint-Ferriol et Vicat fils, propriétaires. *

M. Fiéreck est membre de la commission depuis quatorze ans. Son zèle et son dévouement sont infatigables. On peut dire de lui qu'il a en quelque sorte adopté les pauvres de r hôpital.

Les malades sont soignés par des sœurs appartenant à Tordre de Saint-Thomas de Villeneuve, dit Notre-Dame de Grâce, dont la maison mère est à Aix (Bouches-du-Rhône). Elles sont au nombre de 31 , dont 27 seulement sont rétribuées. Les quatre autres sont postulantes ou reposantes. On appelle reposantes celles qui ont été en quelque sorte admises à la retraite.

On lira avec intérêt la liste suivante des principaux donateurs de l'hôpital de Grenoble :

1424. — Aymon de Ghissé, évêque de Grenoble.

1480. — Grato-d'Archelles, écuyer de l'écurie du roidau*

phin.

1820. — Claude Coct.

1840. — George de Saint-Marcel-d'Avançon. 1575. — François de Saint-Marcel-d'Avançon, évêque de

Grenoble.

1656. — Jean de Boffin, seigneur d^Argenson.

1669. *^ Jean Duvaghe, baron de Chftteau^Neuf de TAIbenc.

1671 . — Alphonse Ferrand de Saint-Ferjub, conseiller au

parlement de Grçnoble.

1681 . — André de Maximt, maître ordinaire en la chambre

des comptes.

1683. -^ Louis DE PoNAT, maître ordinaire en là chambré

des comptes.

1683. — Joseph DEGmssÉ, seigneur de laMarcousse.

1684. — Jean-Louis de Ponat, seigneur des Combes.

1684. — Nicolas Prunibr, seigneur de Saint-André, marquis de Virieu, premier président du parlement de Grenoble.

1689. — Athénée Salyaino de BoiSSiEt^^

1690. — Michel Ruffier^ curé de Notre-Dame de Grenoble. 1693. — Madeleine de La Morte, veuve Tonnard, conseiller

au parlement de Grenoble.

1695. — Gabriel Prunier, seigneur de Saint-André, président à mortier au parlement de Grenoble. 1697. — Jean Alloix, président au parlement de Grenoble.

1707. — Le cardinal Etienne Le Camus, évêque de Grenoble.

1717. — Louis DuFOUR, curé de la paroisse de Saint-Louis de Grenoble.

*7l8. — Louis Grimaud-db-Bègub, conseiller au parlement de Grenoble.

*723. — Françoise Chaboud, femme d'Antoine CoiâôKAt

auditeur en la chambre des comptes.

^728. — Pourroy-de-l'Auberivièrb , président du parlement. ,

1728. — Pierre Moret de BouRCflENU, marquis de Valbonnais,

premier président de la chambre des comptes.

1729. — André Blanc La Conghe.

17 31 . — Catherine de V achon *

1731. —=- Pierre Galliende Chabons.

1735. — François de Sautereâu, seigneur de Chasse.

1736. — Jean Sdjon, procureur au parlement. 1739. — Louis Belluard, avocat au parlement.

1772. — Anne de Martint, fille d'un conseiller à la cha

bre des comptes.

1784. — Joseph Chatelard de GarciN; conseiller au pai

ment de Grenoble.

1788. — M. DE VriALiN, rentier.

1788. — M°*" Lemaire, rentier^.

1802. — M°*" veuve Saint-Ours, propriétaire.

1803. — M°** Périer-Lagrange, propriétaire.

1804. — M"* Lemaire, rentière.

1805. — M. DE Bre^ag, propriétaire.

1806. — M"* veuve Blang, née Roghat, propriétaire.

1807. — M. DE Franquières, propriétaire.

1808. — M. BarnéouD; ancien aumônier de Fhospice. 1808. — M. Chion, rentier.

1808. — M. Fallot, soldat au 52* régiment de ligne.

1809. — M. Tringhet, notaire.

1810. — M°** veuve Olivier, rentière.

1812. — M™* AsTEZAN, propriétaire.

1814. — M"* Devaux, rentière.

1815. — M. Amabert, inspecteur delà loterie. 1815. — M"® veuve Jagquet, rentière.

1818. — M"* Dumoulin, rentière.

1819. — M™® veuve Guetmard, née Perrier, rentière. 1819. — M"® veuve Poudret, rentière. .

1819. — M"*" Gamon, propriétaires.

1820. — M. DE Moidieu, propriétaire.

1820. — M. DuPRÉ, propriétaire.

1821 . — M. BoTUT, inspecteur de la loterie.

1822. — M. RoussELOT, rentier.

1823. — M. DE Bardonnenghe, propriétaire.

M"® Luc, ancienne directrice de salle i Thospice. M. Ghârréârd, propriétaire.

M. RoYER, propriétaire.

M. Richard, propriétaire, j^me veuve Renoit-Duperrier, propriétaire. M. PisoN, avoué.

M"® CoTTiN, rentière.

■M. Rivet, chanoine.

M. deBarral (Jean), ancien premier président de

la cour.

-M. de Barral, prêtre.

• M. Vallet-Vernatel, propriétaire.

• M. DE Serre, rentier.

- M"® SiBUET, propriétaire à Villard-Bonnot. -M. Revol, ancien avocat au parlement, .j^me veuve DE Gautheron, propriétaire.

- M. Salamand, avocat.

-M. ViAL, percepteur à la Tronche.

- M"* Pascal, propriétaire à Saint-Harcellin.

- M. Ghenevas, premier président de la cour.

-M. le marquis de Maubec, ancien maréchal de camp.

- M"* Menon, propriétaire.

- M™® Gratel du Bouchage, propriétaire.

- M. Augustin Perier, banquier, député.

- M. FuGiER, négociant.

-H. DE MouLEZiN, propriétaire.

-M"*FuzARD, rentière.

- M"® Leclet (Liliose), propriétaire,

- M. Rivet, teneur de livres à la banque Augustin

Perier.

- M. EcK, rentier.

-M. Trinchet, conseiller à la cour.

- M™* \allet-Vernatel, propriétaire.

1836. <^ M. Labbë, prêtre.

1838. — M. Urbain Berthier, officier deskinté.

1839. — M"* veuve Broghier, rentière,

1839. — M. Humbert du Bouchage, propriétaire & Saint*

Egrève.

1840. — M. Augustin Blanc.

1840. — M. Camille Teisseire, ancien député.

1840. — M. deNoaille, président de chambre à la cour.

1840. — M. Caffarel, conseiller.

1841 . — M. le marquis de Pisançon.

1841 . — M"*" de Maubec, veuve de M. le marquis de Maubec.

1842. — M"® veuve Réynier, néeCnossoN, rentière.

1844. — M"® DoucET, couturière.

1845. — M"*® Bouvier des Angonnés, propriétaire.

1 847 . — M""* Savoîë-Rollin ^ née Perler.

1848. — M. Champion, propriétaire à la Tronche. 1848. — M. Reboul, propriétaire.

1850. — M. Penet, ancien député et administrateur de l'hospice^

1850. —M°** veuve Pages, propriétaire.

1851. — M°** veuve Tbissëirë, néePÉRïËR.

1855. — M"*PoucHOT, ménagère.

1856. — M""® DE Goutefrey, née Dfi Miaiëël, propriétaire^

C'est bien avec raison qu'en tète de ce chapitre, j'ai écrite ces mots : Œuvre édifiante du RtcUE.

Au fond de la vaste salle servant de réfectoire, ôU aperçoit le buste de M. de Moidieu. Ce buste est en marbre blanc. Il repose sur un socle en marbre noir portant cette simple inscription :

DE moidieu

BlËNPArrEUR DE L'H06t>IGË.

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