L'e muet se prononce
tant obligée à dommageable peine qui, sans ma mort, ne peut avoir mercy, je suis tout prest et à mort me soubmets.
En vain le corps qui n'y consent jamais contre douleur se roidit et rebelle; Tesprit est prompt, non obstant la chaii* et le vouloir sensuel est dompté, [fresle, J'entends ta voix, o Père, qui m'appelle; soit faicte donc ta liaulte volonté !
Ivy se lève Jliésus et vient aux trois apostres^ et les trouve encore dormans.
Or levez-vous, mes doulx amis; il n'est plus temps estre endormis :
on va livrer le fils de l'homme!
Icy paroisl à la porte du jardin Judas conduisant la troupe des Juifs.
Judas.
Jà nostre œuvre se parconsomme, seigneurs; je vois la compagnie de Jhésus tout ensemble unie, ils sont tous à vostre vouloir.
Jhéroboam.
Des disciples n'en peut clialloir, ce sont povres gens de labeur; nous ne voulons que le docteur pour corriger sa discipline.
Judas.
Or vous souvienne donc du signe que je vous baillay au partir :
AU JARDIN DES OLIVES. 5o
celuy-la vous faut iuvestir que d'un baiser désignerai.
Malchus.
Moy premier l'appréhenderai.
Jhéroboam.
Faites silence!
Icy s*advance Judas vers Jhéstis et f embrasse en disant :
Judas.
Ave, Raby!
Jhésus.
Amice, ad quid venisti,
toi qui fais si dévot salu^?
Il t'aura moult petit valu.
Judas voicy dure somme :
sous ombre d'un baiser poilu,
tu viens trahir le fils de l'homme.
Jhéroboam.
Soudarts, le prenez et liez!
Que séjournez-vous : vous voyez que son vendeur le vous désigne.
Icy hésitent les archers.
Malchus.
Ne sçais par quel seing ni quel signe mais nous sommes tout esbahis.
Jhésus.
Que quérez-vous cy, mes amis?