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II. Cervelle de veau bouillie, ris de veau bouilli

poulet bouilli, pigeon bouilli, pied de veau bouilli, volailles jeunes, dont on ne doit pas manger la peau, soupes bien trempées au repas du soir, bouillie au lait préparée avec du tapioca et des œufs battus.

III. — Bœuf à moitié ou complètement cru, bœuf saignant, pulpe rôtie dans du beurre frais, jambon maigre raclé de la même façon, un peu de purée de pomme de terre, un peu de pain blanc, pas trop frais, à titre d'essai, faibles doses de thé ou de café avec du lait.

IV. — Poulet et pigeon rôtis, chevreuil, perdrix, un peu de lièvre, rosbif saignant, surtout froid, veau rôti (cuisse), brochet (la truite est moins digestible), macaroni, bouillie de riz au lait.

Plus tard, Leube permet du vin de Bordeaux ou du Rhin, qu'il prescrit une heure ou deux avant le repas, comme peptogènes.

Les sauces sont proscrites, ainsi que les légumes; les plus légers étant difficiles à digérer. On tolère les épinards jeunes et finement hachés, rarement les asperges. Pas de salades, pas de compoles.

Leube insiste, de plus, sur la nécessité de laisser 1 estomac se reposer. A cet effet il ordonne, de temps à autre, un lavage de l'estomac le soir; le lendemain matin, le malade prend un léger repas, de telle sorte que son estomac reste vide pendant environ 14 heures.

Pour terminer, je vous dirai quelques mots des cures faites avec certains aliments, le jus d'herbes, le raisin,

le petit-lait. ,

La cure de jus d'herbes, ou cure de printemps, d après la saison où elle se pratique, a été très employée autrefois. Van Swieten, de Haen, Zimmermann, en tai-

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snient grand cas. Elle fut souvent prescrite en France, avant Broiusais, contre la pléthore abdominale, dite aujourd'hui atonie intestinale. Elle est bien délaissée actuellement.

Elle consistait dans l'ingestion d'un suc obtenu par l'écrasement et l'expression d'un mélange de cresson et de laitue, auxquels on ajoutait, quand c'était possible, de la fumeterre, du cerfeuil, des liges de saponaire, plantes que l'on trouve d'avril à mi-juin, dans le centre de la France.

Le suc obtenu ainsi est riche en sels de potassium et de sodium. On prépare aussi du vin de cresson.

Le jus était pris matin et soir deux heures avant le repas; le vin de cresson additionné de sirops divers immédiatement avant, à la dose d'un verre à bordeaux. La durée de la cure était de vingt-cinq à trente jours.

Celle-ci rendait, en général, les selles plus faciles. Aussi n'est-elle peut-être pas à repousser complètement, tout au moins lorsqu'il s'agit de dyspepsie intestinale, dans les cas où existent des restes de typhlite ou depérityphlite,de l'entérite glaireuse ou pseudo-membraneuse, etc.

La cure de raisin, ou cure d'automne, a été très an- Cure ciennement vantée. Celse, Dioscoride, Pline, mention- de rais nent l'emploi thérapeutique du raisin, dont on retrouve plus tard l'indication dans les ouvrages de Bonet, de Tissot, de P. Frank, etc. Mais la cure méthodique est de date plus récente.

Elle consiste dans l'ingestion régulière, pendant quelque temps, de 500 grammes à 5 et 6 kilogrammes de raisin. On augmente progressivement les doses et on les diminue de même à la fin de la cure.

La dose totale est divisée en trois ou quatre portions

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que l'on prend: 0, le matin une heure avant le déjeuner;

dans le courant de la matinée; c, entre trois et cinq heures, et rf, dans la soirée.

Les pépins et les pellicules doivent être rejetés.

Après chaque ingestion, on a soin de faire un nettoyage complet de la bouche et des dents. En cas d'affection buccale, on ingère le suc de raisins absolument mûrs (Hausmann).

Les raisins renferment surtout de l'eau, du sucre de raisin (glycose), des sels, des acides libres et une très faible proportion de matières albuminoïdes (17 gr. pour 3 kilogr.).

Voici ce qu'on observe d'ordinaire d'après Knauthe, qui a étudié de près les effets de la cure de raisin :

Au début, il se produit du gonflement stomacal, avec renvois et palpitations ; le pouls est plein et fréquent; les malades ont parfois des vertiges, le sommeil est agité; l'appétit diminue et la diurèse augmente. Tandis que pour les uns l'acidité urinaire s'abaisse (Mialhe et Lersch), pour d'autres elle s'élève (Kaufmann).

En général, après quelques évacuations alvines, semi-liquides, les selles deviennent abondantes et alors disparaissent les malaises du début, l'appétit renaît en

même temps.

Pendant la durée de la cure, les malades doivent prendre d'autres aliments, mais autant que possible légers et de facile digestion.

Il faut éviter les graisses, les viandes dures, les aliments farino-graisseux, les œufs durs, les fromages, les poissons à chair grasse, le pain noir, les pommes

de terre, etc.

La cure de raisin convient spécialement dans la dys-

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pepsie intestinale: pléthore abdominale, constipation ordinaire, hémorroïdes, certains catarrhes chroniques de l'estomac et de l'intestin.

On l'a conseillée aussi dans la dyspepsie des chlorotiques et dans la dyspepsie dite nerveuse.

Elle est applicable encore aux cardiaques, et aux phtisiques, lorsque la tuberculose est récente et non accompagnée d'hémoptysie.

La cure de petit-lait, Molkenkur des Allemands, est cure

~ .n i de petit-lait.

très répandue en Suisse et en Allemagne, et annexée le plus souvent aux stations thermales.

Le petit-lait renferme 40 à 50 grammes de sucre de lait et 4 à 5 grammes de sels par litre. La majeure partie de ces sels est à base de potassium. En outre, il reste toujours dans le petit-lait une faible proportion de matières albuminoïdes.

Le petit-lait est donc une boisson légèrement nourrissante et laxative.

On en prescrit trois à quatre grands verres de vingt en vingt minutes, le matin ou, si les malades le préfèrent, dans l'après-midi, mais toujours loin des repas, deux heures au moins avant l'ingestion d'aliments solides.

Le petit-lait détermine habituellement des évacuations plus ou moins abondantes, suivies quelquefois d'irritation rectale douloureuse.

11 convient surtout dans les affections des voies digestives, avec pléthore abdominale ou liées aux névroses. Il a été recommandé aussi dans la tuberculose (Thiery-Mieg, Beneke), en raison de son action sédative delà toux et modératrice des sécrétions bronchiques. Je l'ai aussi employé plusieurs fois chez des cardiaques, en dehors des crises d'asystolie.

Les autres ressources offertes par les modificateurs

de l'hygiène ne sont pas plus à négliger que le régime.

Bien souvent la dyspepsie a son origine dans un mode d'existence mal entendu qu'il est nécessaire de réformer. Malheureusement pour eux, les malades consentent rarement, sur ce point, à se soumettre aux exigences du médecin. On se heurte fréquemment aussi à la nécessité où ils se trouvent de continuer à travailler pour gagner leur vie, malgré l'état précaire de leur santé.

L'homme est fait pour la vie active, mais non pour cette existence fiévreuse, cette sorle de surmenage physique et intellectuel des grandes villes.

Il y a longtemps qu'Hippocrate a énoncé ce besoin d'activité : « L'homme qui mange, dit-il, ne peut jouir de la santé, qu'à la condition d'user par le travail ce qu'il a absorbé comme nourriture. » Et Chomel exprimait une idée analogue lorsqu'il écrivait. « On digère autant avec les jambes qu'avec l'estomac. »

Ces propositions veulent dire que la nourriture doit être proportionnelle au travail el que l'exercice est une condition de bonne digestion.

Sur ce dernier point, on a fait quelques expériences. Les premières en date ont semblé établir qu'un exercice modéré favorise la digestion, tandis qu'un exercice violent l'arrête. Chez des chiens de chasse excités à la course après le repas, ou, au contraire, soumis au repos complet après un fort repas, on a cru observer l'arrêt de la digestion.

Cette question a été reprise récemment et on est arrivé à des conclusions différentes : Colin, expérimentant sur trois chiens, a trouvé que les mouvements ménagés du corps ralentissent la digestion.

Tout récemment (1891) Streng a étudié l'action des

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mouvements du corps sur la digestion chez le chien et chez l'homme, et il a été amené à conclure qoe cette action est nulle. Mais dans ces recherches on n'a pas eu recours aux analyses chimiques, de sorte qu'on est en droit de faire des réserves sérieuses sur la légitimité des conclusions qui en ont été tirées.

En tout cas il est certain que le travail cérébral, les préoccupations, les soucis, les chagrins sont susceptibles d'entraver la digestion, et qu'il en est de même du travail musculaire exagéré. Il importe donc de soustraire autant que possible les dyspeptiques à l'influence de ces causes qui peuvent troubler la santé.

Chez tous ces malades, il est nécessaire de régie- {J^senl menler sérieusement le repos et les exercices. Il n'y a pas sur ce point de formule uniforme et les prescriptions varieront suivant les cas.

Dans un certain nombre de conditions le repos plus ou moins absolu s'impose. Il doit être absolu dans les états aigus et subaigus ; dans les états chroniques au moment des crises, telles que celles de gastrosuccorrhée avec douleurs et vomissements, ou même lorsqu'il existe seulement une gastralgie intense sans gastrosuccorrhée ; et, enfin, lorsqu'on croit devoir soumettre les malades, au moins passagèrement, à un régime alimentaire insuffisant, tel, par exemple, que le régime lacté qui, nous l'avons vu, doit être progressif et commencer par de petites doses. Le repos vise ici un double but : modérer les besoins de manière à calmer la faim et par suite l'excitation stomacale; diminuer les dépenses et par suite la dénutrition résultant d'une alimentation insuffisante.

Le repos complet, même au lit, est également indiqué dans les cas de dyspepsie avec neurasthénie pro-

noncée. La cure de la neurasthénie, notamment celle de Weir Milchell, que je vous ai décrite à propos des médications ressortissant aux troubles des fonctions nerveuses, cure ayant pour base le repos et un certain régime progressif, s'adresse dans la majorité des cas autant à l'état gastrique qu'à l'état nerveux lui-même. Et si parfois l'isolement est une condition de succès, c'est qu'il est difficile d'obtenir dans certains milieux, des malades et de leur entourage, l'observation régulière des prescriptions relatives au repos et au régime. L'isolement est surtout nécessaire quand la dyspepsie neurasthénique se développe chez des hystériques, circonstance assez fréquente dans la pratique.

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