applications
de la cocame, non seulement ^pour insensibiliser le de la cocaine. bulbe oculaire et pour pratiquer des opérations, voire même l'énucléation ; mais aussi pour combattre les douleurs inflammatoires ou névralgiformes, et même les phénomènes inflammatoires eux-mêmes.
La marche de l'anesthésie de l'œil produite par Tins-
*oO LEÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.
lillation d'une solution de cocaïne varie suivant la nature du produit utilisé et le titre de la solution. Au début la cocaïne allemande (de Merck) donnait de meilleurs résultats que les produits français; mais nous possédons maintenant de très bonnes préparations. 11 paraît résulter de certains faits qu'il y a lieu, d'autre part, de compter avec les idiosyncrasies individuelles, capables d'exercer une influence sur l'intensité de l'action anesthésiante.
En général, lorsqu'on emploie des solutions faites avec 2 à 3 p. 100 de chlorhydrate — ce sont celles qui conviennent le mieux pour la pratique oculistique — on observe les principaux faits suivants.
Une minute après l'instillation de quelques gouttes dans l'œil, le regard devient plus fixe, les paupières sont plus ouvertes. Déjà la conjonctive et la cornée sont anesthésiées. Au bout de 15 à 20 minutes la pupille se dilate. Pas de rougeur, pas d'irritation.
En renouvelant la dose toutes les 5 minutes, on prolonge la durée de l'anesthésie et l'on peut entreprendre alors des opérations. La solution a la propriété de faire contracter les vaisseaux : les tissus sont pâles et il en résulte pendant l'opération une économie du sang. La dilatation pupillaire dure assez longtemps, environ 24 heures, d'après MM. Trousseau et Dor.
L'anesthésie produite parla cocaïne est superficielle, mais il suffit de répéter les instillations dans le cours d'une opération pour obtenir l'insensibilation des parties profondes. Ainsi Turnbull a pu enlever sans douleur le globe oculaire en employant une solution à 4 p. 100 dont 8 gouttes étaient instillées toutes les trois minutes. On usa la valeur de 2 grammes pour toute l'opération et l'hémorragie fut moins prononcée
qu'à l'ordinaire. L'emploi de la cocaïne est actuellement vulgarisé à ce point qu'il serait impossible d'indiquer le nombre élevé des opérations plus ou moins importantes exécutées à l'aide de cet agent.
L'insensibilisation des différentes parties de l'œil a lieu généralement suivant une certaine loi. Tout d'abord la cornée et la conjonctive sont atteintes; puis la sclérotique, les muscles et les parties profondes se prennent à leur tour. L'action diminue à mesure qu'on se rapproche des bords palpébraux ; mais elle s'étend aux voies lacrymales. L'iris échappe quand le médicament est appliqué seulement sur la conjonctive ; on s'est assuré cependant que celui-ci pénètre jusque dans la chambre antérieure. Quant aux parties profondes, elles n'offrent qu'une sensibilité moindre, elles ne sont anesthésiées réellement qu'à la suite d'une application directe. Ainsi dans l'opération de la ténotomie, on fait une injection de quelques gouttes de la solution sous la conjonctive au niveau de l'insertion du muscle.
Ces effets sont tellement nets et remarquables que la plupart des ophthalmologistes s'accordent à considérer l'anesthésie générale comme destinée à disparaître de la chirurgie oculaire.
Owen a proposé d'associer la cocaïne à l'atropine pour obtenir une action plus immédiate et surtout plus durable. Cette pratique est trop récente pour qu'on en puisse juger la valeur.