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DIX-HUITIÈME LEÇON

MédicameMs [fin]. Nitrite de sodium, nitro-glycérine, anémone pulsatile, ciguë et cicutine, pilocarpine, simulo. — Moyens physiques : décubitus, applications froides, pointes de feu, bains chauds, hydrothérapie.

Messieurs,

Nitrite de Gamgee a fait voir que les nitrites métalliques prosodmm. j disent dans le sang les mêmes modifications que le nitrite d'amyle. Cette similitude des effets a conduit quelques médecins à faire l'essai de ces médicaments et plusieurs d'entre eux emploient le nitrite de sodium ou le nitrite de potassium de préférence au nitrite d'amyle. Ces corps ne doivent pas cependant être considérés comme des médicaments équivalents.

S'il est vrai que le nitrite de sodium, AzO^Na, qui est habituellement prescrit, possède comme le nitrite d'amyle la propriété de transformer l'hémoglobine en méthémoglobine, il importe de faire remarquer que cet agent détruit en même temps un certain nombre de globules rouges, ce qui, nous l'avons vu, ne se produit pas à la suite des inhalations de nitrite d'amyle.

D'autre part, tandis que ce dernier est administré par la voie pulmonaire sous formé de vapeurs, le nitrite de sodium est un sel qu'on fait ingérer en solution.

MÉDICATION AiNTISPASMODIQUE.

Or, ce sel est extrêmement irritant et susceptible de déterminer une inflammation gastro-intestinale assez intense.

Les expériences qui ont été faites par Binz sur les animaux font ressortir encore quelques autres différences entre les effets du nitrite d'amyle et ceux du nitrite de sodium.

Ce dernier a, en effet, déterminé une action narcotique assez accentuée et une paralysie des extrémités nerveuses. Il est vrai que ces phénomènes ne se sont montrés qu'après les injections intravasculaires.

Quoi qu'il en soit, on doit regarderies nitrites de sodium et de potassium comme plus toxiques et plus déglobulisants que le nitrite d'amyle.

Ils ont paru à Hay supérieurs à ce dernier médicament dans l'angine de poitrine et ils semblent avoir donné quelques bons résultats dans l'épilepsie entre les mains de plusieurs médecins américains : Law, W. Mitchell, etc. Dans cinq cas où le bromure avait échoué, Ralfe a obtenu une certaine amélioration.

Lublinski en a tiré de bons effets dans l'angine de poitrine, dans l'asthme, dans la migraine et déjà on possède d'assez nombreuses observations qui tendent à établir la très réelle valeur de ces agents médicamenteux.

Les doses ne sont pas nettement précisées. On peut administrer 15 centigrammes de nitrite de sodium à la fois dans une potion et renouveler cette dose plusieurs fois par jour. Mais il serait difficile de dire à quel moment on s'expose à voir survenir des effets toxiques. 11 sera toujours important de s'inquiéter des troubles digestifs qui peuvent être suscités par le médicament.

LEÇONS DE TflÉRAPEUTIQUE.

A côté des nitrites vient prendre rang la nitro-glycérine ou trinitrine, Cm^Az^O'. C'est l'éther nitrique de la glycérine, obtenu par Sobr ero.

Liquide oléagineux, incolore, d'odeur nulle à froid, de saveur douceâtre, la trinitrine n'est miscible à l'eau que dans la proportion de 1 sur 800; mais elle est miscible dans un mélange d'eau et d'alcool. Elle exerce les mêmes effets que les nitrites et cela d'une manière très énergique.

Lauder Brunton et L. Tait qui l'ont étudiée ont reconnu qu'elle agit sur le sang des animaux de la même manière que les nitrites ; que, de plus, elle présente les caractères d'un poison musculaire.

Elle diminue, comme les nitrites, la tension sanguine, mais, d'après ces médecins, ses effets thérapeutiques seraient moins accentués que ceux du nitrite d'amyle.

Les expériences faites par Hay confirment cette similitude d'action entre la trinitrine et les nitrites. D'après cet observateur, mise en présence des alcalis, la trinitrine serait décomposée ; deux tiers du nitre seraient convertis en nitrites, le dernier tiers en nitrates. Le sang alcalin, maintenu à la température du corps, déterminerait cette transformation pendant laquelle l'oxygène mis en liberté deviendrait l'agent actif de la transformation de l'hémoglobine en méthémoglobine.

Employée comme médicament la trinitrine agirait sur le sang plus énergiquement que les nitrites, parce que ceux-ci seraient décomposés en grande partie par les acides de l'estomac, tandis que la première résisterait à l'action de ces acides.

Quoi qu'il en soit de ces explications théoriques, il est certain que la nitro-glycérine est une substance très

active et d'une grande toxicité. C'est à elle que sont dus 'les accidents éprouvés par les officiers d'artillerie qui s'occupent de la fabrication de la dynamite, accidents sur lesquels M. Bourru a appelé l'attention.

En France, M. Huchard a proposé d'utiliser la trinitrine dans les mêmes cas pathologiques que les nitrites. Pendant les accès d'angine de poitrine il a recours de préférence aux inhalations de nitrite d'amyle ; il fait prendre la trinitrine dans leur intervalle, en administrant trois à quatre gouttes d'une solution au centième. Les effets du médicament deviennent sensibles au bout de quatre à cinq heures et durent deux à trois heures.

Troussiévitch, qui recommande la nitro-glycérine dans toutes les affections accompagnées d'anémie cérébrale, conseille d'employer la solution au centième en en déposant quelques gouttes sur la langue.

A cette liste de médicaments déjà un peu longue je dois encore faire quelques courtes additions pour compléter ce que j'ai à vous dire de l'intervention médicamenteuse dans la médication antispasmodique.

L'anémone pulsatile étudiée par Stôrck, par Cullen, Anémone puis par Orfila, Binz, Clarus, etc., exerce sur la moelle P'iisatiie. et le bulbe une action paralysante encore mal précisée.

Elle a été recommandée comme antispasmodique par divers médecins et entre autres par L. Shapter qui se loue de son emploi dans l'éclampsie scarlatineuse.

On l'a également prescrite en cas d'accès épileptiformes, liés à l'évolution dentaire ou à une affection utérine.

Elle est administrée surtout sous forme de teinture à la dose de cinq, dix ou vingt gouttes, prises une heure avant les repas, seule ou associée, soit au bromure, soit à la teinture de chloroforme (Shapter).

Ciguë.

Pilocarpinc.

Shnulo.

Agents physiques.

Froid.

Je dois citer de nouveau ici la ciguë et son principe actif la conicine qui vous sont déjà connues. Ces médicaments paraissent exercer une action favorable en cas de contracture (Trousseau, J. Ilarley).

La pilocarpine, que nous avons également étudiée, a été souvent employée dans leclampsie puerpérale. Parmi les nombreuses observations publiées sur ce sujet, celles de Sànger, de Kleinwachter, de Schuelein, de Braun sont les plus instructives. Elles nous montrent que les résultats de la médication sont assez variables et que celle-ci doit intervenir uniquement dans la forme non comateuse ; sur ce dernier point Sânger et Schuelein se sont nettement prononcés.

Enfin, pour terminer, je citerailesimulo, fruit du ca/jpàris coricu avec lequel on fabrique une teinture. Ce médicament a été essayé dans l'épilepsie; il a permis à un médecin anglais, Larrea, de se guérir lui-même de cette maladie. White l'a fait prendre dans sept cas à la dose de 1 à 8 grammes par jour. Il en a obtenu six fois de bons résultats. C'est uu sujet à l'étude.

Examinons maintenant le bénéfice qu'on peut retirer dans la médication antispasmodique de l'intervention des moyens physiques.

Plusieurs médecins ont attribué une certaine valeur au décubitus latéral gauche que Bader a recommandé en cas de danger dans le cours de la chloroformisation. J. Brown serait parvenu à arrêter à l'aide de ce simple moyen des convulsions occasionnées par le

mal de Bright.

Tous les procédés de la révulsion ont été mis à contribution. Occupons-nous seulement à ce propos des faits principaux.

Les applications de glace sur divers points du corps

MÉDICATION ANTISPASMODIQUE. ^àl

ont été employées principalement dans l'hystérie et dans la chorée. M. Bourneville, 0. Berger ont reconnu qu'en plaçant un sac de glace sur la région ovarienne hyperesthésiée, on peut prévenir une attaque imminente.

On s'est également servi de la glace appliquée le long de la colonne vertébrale pour calmer divers accidents hystériques, notamment le hoquet rebelle (0. Berger).

Dans la chorée on emploie de préférence, pour produire le froid, les pulvérisations d'éther à l'aide de l'appareil de Richardson. Ces pulvérisations, faites le long de la colonne vertébrale et renouvelées chaque jour une ou deux fois, constituent une des médications de cette maladie.

On a publié un certain nombre d'observations de guérison d'affections spasmodiques traitées à l'aide du fer rouge. Citons entre autres faits ceux de Pétrone. Ils . sont relatifs à des spasmes partiels idiopathiques survenus à la suite de l'action du froid. Les pointes de feu étaient appliquées le long de la colonne vertébrale à des hauteurs variant avec le siège du spasme.

Le même procédé a souvent été utilisé avec des. succès divers dans des cas de contracture ayant pour origine une affection médullaire.

Plus récemment on a tenté de guérir l'épilepsie jacksonnienne en pratiquant au niveau du siège de la lésion, sur le cuir chevelu, une cautérisation ignée analogue. Le même moyen a été récemment (1884) proposé par M. Féré dans l'épilepsie vulgaire. Ce médecin distingué fait faire à des intervalles variables des cautérisations superficielles au thermo-cautère sur les points du crâne correspondant à la région du

cerveau supposée malade. Il a cité un certain nombre d'améliorations obtenues à l'aide de cette méthode, vcupuncturc. L'acupuncturc qui, vous le savez, a été empruntée aux Chinois, a été jugée utile dans quelques affections spasmodiques par Bretonneau, Cloquet, Trousseau et Pidoux, etc.

On doit à Arens des observations plus récentes (1881) qui tendent à démontrer que l'asthme, la toux hystérique et la gastralgie peuvent être guéries par ce moyen.

Bains Lcs baius u'out guère été utilisés que dans le traite-

■ ment de l'éclampsie puerpérale. Dans les cas recueillis par C. Breuss, à la clinique de Braun les malades prenaient des bains entiers d'une demi-heure à la température progressivement croissante de 38 à 45° C.

Elles étaient ensuite enveloppées pendant deux à trois heures dans une couverture de laine. On obtenait ainsi une abondante sudation. Cette méthode est bien supportée et elle ne paraît pas dangereuse, même en cas de coma, lorsque le médecin lui-même en surveille l'application. Bappelons que Liebermeister, Frerichs, Rosenstein et d'autres encore ont reconnu, d'ailleurs, les bons effets des bains chauds dans l'hydropisie des albuminuriques.

'drothérapie. L'cau froide ou plutôt l'hydrothérapie est utilisée sur une large échelle dans le traitement des névroses convulsives. A elle seule, elle ne peut que très rarement guérir l'épilepsie; mais, assez souvent elle détermine une amélioration en rendant plus longue la période qui sépare les crises. Elle peut surtout rendre service à titre de moyen tonique, névrosthénique, propre à combattre les effets déprimants produits par le bromure ou à relever les forces des épileptiques débilités.

On doit la considérer comme contre-indiquée lorsque les crises paraissent dues à une lésion organique.

Ce sont presque toujours les formules les plus simples qui sont mises à contribution. Le plus souvent, en effet, on se sert du jet brisé ou de la pluie ou encore des deux à la fois, en applications prolongées.

L'hystérie est tellement variable dans ses expressions symptomatiques, tellement protéiforme, qu'il est difficile de formuler une appréciation générale sur le rôle que peut jouer l'hydrothérapie dans son traitement. La plupart des spécialistes reconnaissent que ce sont les formes frustes, incomplètes de la maladie, qui fournissent le plus grand nombre des résultats favorables. Dans certains cas les insuccès peuvent tenir aux conditions de milieu dans lesquelles se trouvent les malades et on réussit souvent à obtenir, après leur isolement dans un établissement spécial, des effets qui tardaient à se montrer au moment où elles vivaient au sein de leur famille. Dans l'hystéro-épilepsie on n'a guère obtenu que des améliorations ; de même les formes anormales de l'hystérie sont remarquables par leur résistance aux procédés hydrothérapiques.

Les formules doivent varier suivant les cas; on ne saurait à cet égard énoncer des règles précises. Disons seulement que si le plus souvent on met en œuvre les applications froides, il y a place cependant pour les douches tempérées ou les bains d'affusion prolongés dans les cas où il 'existe des manifestations cérébrales et en particulier de l'insomnie ou une grande surexcitation,

La forme vulgaire de la chorée est facilement modifiée par l'hydrothérapie, les fausses chorées ou tics nerveux sont, au contraire, d'une grande résistance à ce mode

de traitement, de même malheureusement qu a beaucoup d autres.

Dans la ehorée vulgaire au début on se sert de la douche à 30-32° C, appliquée pendant deuxù trois minutes. Au bout d'une semaine ou deux on emploie de l'eau de plus en plus froide, en même temps qu'on restreint proportionnellement la durée de lapplication. En cas de manifestations rhumatismales, on fera intervenir les douches de vapeur, ou les bains en caisse, suivis d'une douche tempérée.

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