‹ Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industrielsChapitre 77 sur 125 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

Laque en grains. 160 Galipot 112

Cire jaune 1 Arcanson 112

Alcool à 90° 640 Essence de térébenthine 144

Ces deux compositions se font à part ; on les mêle ensuite intimement et on passe le tout au tamis. On colore ce vernis, en rouge avec le rouge de Prusse, en jaune avec l’ocre de rue, en couleur de noyer avec la terre d’ombre.

Ces matières minérales doivent être finement broyées et surtout bien privées d’eau, sans quoi le vernis serait décomposé.

C’est ce vernis qu’on désigne dans le commerce sous les noms de siccatif brillant, chromodurophane.

c. Vernis gras . — Ceux-ci peuvent être considérés comme des vernis à l’essence, auxquels on ajoute une huile grasse préparée, pour les rendre plus souples, plus résistants, plus solides. Ils ont en effet ces qualités à un haut degré, mais ils sèchent moins vite, sont moins siccatifs. On les destine aux objets qui sont sujets à des frottements, ou à la rencontre des corps durs, à la décoration des voitures; on les applique surtout sur les objets extérieurs, portes, croisées, volets, exposés aux intempéries de l’air.

Les matières employées sont en petit nombre, telles que : huile de lin cuite, huile d’œillette, huile de noix, huile de chènevis, essence de térébenthine, essence de spic, térébenthine, les diverses variétés de copal, succin, asphalte, caoutchouc.

La résine copal est la substance la plus importante dans l’art du fabricant de vernis gras; les variétés désignées dans le commerce sous les noms de copal dur et de copal demi-dur , qui donnent les meilleurs vernis, offrent une très-grande résistance à l’action des dissolvants, et ce n’est qu’après les avoir soumis à une sorte de torréfaction qu’on est parvenu à les rendre miscibles aux huiles et aux essences.

Le procédé ordinaire de fabrication est le suivant : on commence par fondre le copal à feu nu dans un matras en cuivre ; on y ajoute la moitié de son poids d’huile de lin, et lorsque le mélange est bien fait, on y verse avec précaution de l’essence de térébenthine en quantité variable suivant la consistance que doit avoir le vernis.

Cette opération exige de grandes précautions pour éviter la coloration du mélange, qui se produit invariablement dès que la température dépasse 3G0°, cause des pertes considérables s’élevant parfois à 50 p. 100, et répand des vapeurs épaisses et irritantes qui empoisonnent 1 air et ont fait classer ces établissements parmi les plus insalubres et donné lieu à de fréquents incendies.

Tous ces inconvénients graves sont évités par le procédé qu’a indiqué M. H. Violette. Il consiste : 1° à fondre préalablement le copal en vases clos à 360°, en lui faisant perdre seulement par la chaleur de 20 à 25 p. 100 de son

poids ; 2° à dissoudre à 100°, dans un mélange convenable d’huile et d’essence, ce même copal fondu.

Voici l’un des appareils que ce chimiste a proposés pour cette opération ififf- 935).

a est un récipient cylindrique en cuivre argenté intérieurement (I), d^ 1 mètre de diamètre et de 0m,70 de hauteur, recevant 100 kil. de copal. 11 est encastré

Fig. 935. — Appareil pour la fusion et la modification du copal.

dans un fourneau en maçonnerie. Il est traversé dans son centre par un agitateur b pour renouveler les surfaces du copal. On introduit celui-ci par l’orifice o- Le tube,c est destiné à conduire les vapeurs huileuses dans un réfrigérant d. 11 faut environ deux heures pour opérer la transformation de la matière en copal soluble. Le tube e, fermé avec une tige en bois, sert à vider le copal suffisamment distillé et bien fluide; on le coule en plaques.

Avec ce copal ainsi préparé, la fabrication des vernis gras est aussi simple que celle des autres vernis. Dans un récipient cylindrique étamé chauffé par un serpentin à vapeur, on introduit :

Copal préparé 100 kil.

Essence de térébenthine 300 —

Huile de lin cuite 100 —

La dissolution se fait rapidement, et on obtient environ 5 hectolitres d’un vernis très-beau, de bonne consistance, sans aucune perte et sans aucune main-d’œuvre. Voici deux autres vernis gras sans copal :

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