COXALGIE OU MAL DE POTT
Elle est plus grande dans certains cas de rétraction du psoas, dont je veux aujourd'hui vous faire étudier un exemple ; et je vous mettrai en garde contre la faute de diagnostic en vous expliquant comment et pourquoi je Fai commise il y a quelques semaines, comment et pourquoi je l'ai rectifiée il y a quelques jours.
Notre fillette, âgée de onze ans et demi, est atteinte d'un mal de Pott grossièrement évident, avec gibbosité lombaire très accentuée. J'ai choisi ce cas exprès pour que sur ce point tout débat clinique fût inutile : il y a un mal de Pott.
De celui-ci, l'histoire est ancienne : malade depuis l'âge de deux ans et demi, à la suite d'une rougeole, l'enfant fut soignée d'abord par Jalaguier, puis elle séjourna pendant trois ans à Berck, puis j'en devins responsable — vous allez voir jusqu'à quel point — à l'hôpital Trousseau d'abord, a Tenon ensuite. Pendant cette longue période, des corsets plâtrés furent appliqués.
Comment furent exécutées, à Paris, les prescriptions de Jalaguier et les miennes? Vous allez en juger.
Le 12 octobre dernier, le père m'apporta à Tenon sa fille, souffrant, suppurant, cachectique, incapable de marcher, et me pria de la garder dans mes salles parce que sa mère, qui la conduisait au pansement deux fois par semaine, venait de déserter le foyer conjugal.
Or, je n'avais pas souvenir de cette enfant, et, d'autre part, sa malpropreté me surprit, pour une de nos habituées ; et j'appris que, pour avoir ses matinées libres, sans soupçon, la mère partait avec sa fille sous prétexte de la faire panser et rentrait au logis après s'être assurée, par menaces, du silence de l'enfant.
Je n'avais donc aucun renseignement — et le' père pas plus — sur l'évolution de ce mal de Pott, dont le rachis portait d'ailleurs la trace indéniable, et l'état local, au premier coup d'oeil, paraissait bien être celui d'une coxalgie survenue secondairement, comme on me le disait en me présentant l'enfant.
BuocA. — Leçons cliniques, 2^ série. 9