‹ Leçons cliniques sur l'hystérie et l'hypnotismeChapitre 102 sur 175 · BAILLEMENT ET ÉTERNUMENT HYSTERIQUES · texte numérisé non relu

BAILLEMENT ET ÉTERNUMENT HYSTERIQUES

C'est ainsi que lorsque la malade lit mentalement, lorsqu'elle fixe son attention sur un travail manuel ou intellectuel, lorsqu'elle est distraite par une conversation agréable, le spasme devient à la fois moins fort et moins fréquent. Il devient, au contraire, plus rapide et plus bruyant quand la malade est triste, quand elle se sent observée, quand elle est émue ou contrariée, etc. E^nfîn, il cesse complètement pendant le sommeil, le bain, les repas, la lecture à haute voix.

Nous n'avons pas trouvé de zones périphériques dont l'excitation ait sur lui une action suspensive manifeste. Il n'existe aucun stigmate sensitivosensoriel. Pas d'attaques convulsives.

Cette observation est intéressante à divers points de vue. Elle nous montre une hystérique sans symptômes sensitivo-sensoriels et sans attaques convulsives, atteinte, à la suite d'une émotion morale, d'un spasme inspiratoire tout à fait caractéristique. Si les antécédents héréditaires et personnels de la malade ne fournissaient pas des preuves certaines de l'existence de tares névropathiques, on serait peut-être fort embarrassé pour rattacher le reniflement rythmique à sa véritable cause, car l'hystérie ne s'affirme ici par aucun de ses stigmates permanents habituels. Retenez cette particularité, qui n'est pas aussi exceptionnelle que l'on pourrait le croire dans l'histoire des spasmes hystériques et, d'une façon plus générale, dans l'histoire des accidents locaux de l'hystérie.

Page 1