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AFFAIBLISSEMENT DES RÉACTIONS ÉLECTRIQUES

d'un nouveau traumatisme, comme le fit ce malade de Vulpian qui guérit en quelques semaines d'une atrophie des muscles de la jambe après avoir failli se rompre les os en tombant d'une voiture K

En règle générale, les paralysies hystériques ne s'accompagnent pas de modifications notables de l'excitabilité électrique des muscles. Il peut arriver cependant que les muscles paralysés deviennent rapidement moins excitables aux courants galvaniques et faradiques, ce qui serait de nature, si on n'en était prévenu, à entraîner des erreurs de diagnostic. Il est même possible qu'on observe dans quelques cas de la réaction de dégénérescence, ainsi que MM. Gilles de La Tourette et Dutil en ont cité un exemple. Je n'ai jamais constaté, pour ma part, dans l'hystérie, cette perversion des réactions électriques, mais j'ai vu survenir, chez quelques malades atteints de paralysies franchement hystériques, un affaiblissement rapide de l'excitabilité des muscles paralysés. En voici la preuve :

Obs. IV. — Paralysie faciale survenue chez une hystérique à la suite d'un traumatisme léger. Affaiblissement rapide de l'excitabilité électrique des muscles paralysés. Guérison. — Jeanne J..., ménagère, est âgée de quarante-six ans.

Antécédents héréditaires : Père inconnu ; mère vivante, âgée de soixante-seize ans; n'a jamais eu de maladies nerveuses. Pas de renseignements sur le reste de la famille.

Antécédents personnels : Jeanne a eu, à douze ans, une fièvre typhoïde grave. Depuis lors, elle est sujette à des migraines très violentes. Mariée à vingt-huit ans à un homme ivrogne, brutal et débauché, elle a été très malheureuse avec lui. A la suite de scènes de ménage, elle a eu souvent de grandes attaques convulsives de nature hystérique.

Il y a quinze jours, pendant une de ces attaques qui se prolongeait dans la nuit, son mari, exaspéré de ne pouvoir dormir, lui donna sur le milieu de la joue droite un coup avec le bec d'une lampe à gaz Mill qu'il tenait à

1 Vulpian, Maladies du système nerveux, t. II, note de la page 590. Il s'agit dans ce cas d'un homme qui, dans le cours d'une sciatique très intense, eut une atrophie très prononcée des muscles de la jambe gauche. Les divers traitements employés, notamment la faradisation, échouèrent complètement. Un jour le malade fit une chute de voiture. Il perdit connaissance. On le transporta au lit et on constata qu'il avait des contusions considéi^ables, particulièrement sur le bras et la jambe gauches. Au bout de peu de jours, lorsque les douleurs des contusions s'apaisèrent, il s'aperçut que les douleurs de la sciatique n'existaient plus. Deux ou trois semaines après, il marchait plus facilement qu'avant la chute, et quelques semaines plus tard l'atrophie avait complètement disparu.

la main. Il en résulta une brûlure au deuxième degré sur une surface de deux centimètres carrés environ. Trois jours après, la malade remarqua qu'elle avait de la difficulté à ouvrir la bouche. En même temps se produisit un blépharospasme des paupières du côté droit et une déviation très marquée de la bouche, vers le côté gauche. Cet état dura quarante- huit heures; puis l'œil droit s'ouvrit tout à coup et resta ouvert sans que la malade pût le fermer volontairement.

État actuel : Paralysie faciale droite avec flaccidité de la joue paralysée et entraînement très marqué de la bouche vers le côté gauche. La déviation est augmentée quand la malade parle et surtout quand elle rit. Dans ces actes, la moitié gauche des lèvres est seule mobile. Quand la malade veut souffler, l'air passe par la moitié droite de la commissure des lèvres. La paupière supérieure droite est relevée ; elle reste immobile dans les efforts de clignement et dans les tentatives que fait la malade pour fermer volontairement les yeux.

Les muscles releveurs de la mâchoire inférieure sont le siège d'une rigidité permanente qui empêche presque complètement l'ouverture de la bouche. Les mâchoires ne peuvent être écartées de plus d'un centimètre. La langue ne peut être tirée hors de la bouche à cause de la contracture des mâchoires. Autant qu'on en peut juger, elle n'est pas déviée. La malade affirme du reste qu'elle peut la mouvoir sans aucune difficulté dans l'intérieur de la cavité buccale.

L'exploration électrique, pratiquée par M. le professeur Bergonié, révèle une diminution très notable de l'excitabilité aux courants faradiques et galvaniques dans les muscles peauciers de la moitié droite de la face, sans réaction de dégénérescence.

La sensibilité cutanée est partout conservée. Les organes des sens fonctionnent normalement. Les champs visuels ne sont pas rétrécis. Pas de zones spasmogènes. Pas d'ovaralgie.

La malade est soumise à un traitement hydrothérapique et, trois fois par semaine, à de courtes séances d'électrisation. Un mois après, elle quitte l'hôpital tout à fait guérie de la paralysie faciale pour laquelle elle y était entrée.

Cette observation me paraît fort intéressante. Nous avons déjà vu précédemment que, dans l'hémiplégie hystérique, les muscles de la face ne se comportent pas comme les autres muscles du corps. Ils sont le siège de contractures totales ou partielles donnant lieu tantôt à l'hémispasme glosso-labié type, tantôt à la rigidité des mâchoires ou de la langue seulement. Il est curieux de constater que, dans un cas de paralysie hystéro-traumatique de la face, des contractures de certains muscles se sont associées à la paralysie des autres. Le cas échéant, cette association de la contracture et de la paralysie pourrait servir utilement au diagnostic.

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