PRÉFACE. IX
Elles prouvent, en effet, péremptoirement qu'en province, pourvu que le matériel neuropathologique dont on dispose soit suffisant pour permettre d'embrasser toutes ses formes, de reconnaître tous ses grands aspects, l'hystérie ne diffère en rien, absolument en rien, de ce qu'elle est chez nous, à Paris; et tout récemment ne montriez -vous pas qu'à Bordeaux, dans les services de clinique générale, les cas d'hystérie mâle, d'hystéro-traumatisme, d'hystéro- neurasthénie, ces nouveau-venus dans la nosographie neuropathologique, se présentent nombreux chez les artisans tout aussi bien qu'à la policlinique et dans le service spécial de la Salpêtrière.
Mais je ne saurais m'arrêter exclusivement aux sujets qui ont plus particulièrement fixé mon attention; je tiens à relever encore que vos études ont touché à tous les grands problèmes que soulève l'histoire de l'hystérie et de l'hypnotisme. Si elles ne les résolvent pas tous, elles ont du moins le mérite d'en exposer les termes avec netteté et de fournir des documents précis qui pourront, quand les temps seront venus, contribuer à leur solution; en particulier, vos leçons sur les anesthésies, les tremblements hystériques, les spasmes rythmiques, les zones spasmogènes et hypnogènes, les suggestions hypnotiques, les attaques de contracture, les attaques de délire, les délires hystéro -hypnotiques provoqués, etc.; toutes ces leçons, dis-je, représentent autant de monographies toujours excellentes et le plus souvent parfaitement originales : elles sont dignes, au premier chef, de provoquer les méditations des hommes de science.
Vous avez bien voulu, mon cher Pitres, inscrire mon nom en tête de votre ouvrage et évoquer le souvenir des années déjà lointaines où nous avons vécu côte à côte, en communion d'idées scientifiques. De tout cela je suis profondément touché et je vous remercie. Mais, croyez -moi, votre livre n'avait pas besoin de