DIX-NEUVIÈME LEÇON
DES ZONES SPASMOGENES
SOMMAIRE
I. Définition et historique des zones spasmogènes. IL Étude expérimentale des zones spasmogènes sur quelques malades du service.
III. Nombre, distribution topographique, étendue des zones spasmogènes.
IV. Zones spasmogènes et zones spasmo-frénatrices. Zones spasmogènes à effets incom-
plets. Apparition et disparition spontanées des zones spasmogènes.
V. Absence des zones spasmogènes dans certains cas d'hystérie vulgaire.
Messieurs,
Pour vous faire comprendre tout de suite l'intérêt de l'étude que nous allons entreprendre, je commencerai par vous rendre témoins d'une expérience clinique.
La malade que je vous présente est une hystérique admise depuis quelques jours dans le service. En ce moment, elle est calme, tranquille, gaie et n'éprouve aucune des sensations pénibles qui précèdent habituellement ses attaques convulsives. Sans rien lui dire, j'exerce une compression brusque sur un point de sa colonne vertébrale. Aussitôt elle perd connaissance, ses muscles se tétanisent, sa face se congestionne, puis elle commence à pousser les cris et à exécuter les grands mouvements du tronc et des membres qui caractérisent la phase clonique de l'attaque hystérique. Il a suffi de cette pression relativement modérée sur une région déterminée du corps, pour provoquer immédiatement l'explosion de l'attaque convulsive.
Si maintenant nous abandonnions la malade à elle-même, l'attaque provoquée évoluerait comme le font les attaques spontanées : elle durerait un quart d'heure, une demi-heure, peut-être même davantage. Dans tous les cas, elle fatiguerait inutilement la malade et serait pour nous, dans le moment présent, une cause de dis-