‹ Leçons cliniques sur l'hystérie et l'hypnotismeChapitre 66 sur 175 · RAPPORTS AVEC L'ANESTHESIE · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC L'ANESTHESIE

Je comprime l'une de ces zones, celle du creux poplité gauche, et voilà que la raideur générale des membres et les sanglots commencent aussitôt à se produire. Je comprime la région ovarienne gauche, et tout rentre aussitôt dans l'ordrç; la malade a déjà repris connaissance; la contracture a disparu; les sanglots ont cessé comme par enchantement. La pression de l'ovaire a donc une action frénatrice, tandis que la pression des zones des seins et des membres a une influence excitatrice.

Il convient de noter ici que la zone ovarienne est plus puissante que les autres. Je vais vous en donner la preuve en répétant une expérience souvent pratiquée par M. Charcot : Avec une main je comprime l'ovaire gauche, tandis qu'avec l'autre je presse sur l'une des zones sus-mammaires. Dans ces conditions, l'attaque ne se produit pas: Vinûiience spasmo -frénatrice de la compression ovarienne domine et paralyse l'influence spasmogène de la compression de la zone sus -mammaire.

Vous pouvez vérifier, Messieurs, sur les trois malades que je viens de faire passer sous vos yeux, l'irrégularité signalée par M. Charcot et ses élèves dans le nombre et la topographie des zones spasmogônes.

Chez Marie M... (Ilg. 18), hémi-hypoesthésique gauche, il existe trois zones excitatrices (sein, pli du coude, creux poplité) qui toutes sont placées sur le côté gauche du corps, et une zone frénatrice au niveau de la région ovarienne du même côté.

Léonie P... (fîg. 20), également hypoesthésique du côté gauche, possède cinq zones spasmogènes — trois à gauche (sein, pli du coude, creux poplité), deux à droite (sein, pli du coude) — et une zone spasmo-frénatrice dans la région ovarienne gauche.

Enfin, chez Emma B... (fig. 19), qui est franchement hémianesthésique gauche, on trouve une zone excitatrice médiane (apophyses épineuses de la région dorsale,), trois zones latérales gauches (sein, pli du coude, jarret) et cinq zones latérales droites (régions sus-orbitaire et sous-orbitaire, sein, pli du coude, jarret). En outre, la région ovarienne gauche est le siège d'une zone frénatrice.

Il n'y a donc aucun rapport constant entre la distribution topo-

IG

DES ZONES SPASMOGENES.

graphique des zones liystérogènes et celle de riiémianeslliésie hystérique. Le plus souvent les zones se trouvent du môme côté que l'hémianesthésie; mais elles peuvent exister aussi sur les régions sensibles du corps. Chez quelques sujets elles occupent même exclusivement le côté non anesthésié. Une des malades de notre service, la nommée Paule C..., fournit un exemple de ce mode anormal de répartition des zones spasmogènes. C'est une hystérique, âgée de vingt ans, qui nous a été envoyée de Mirande

FiG. 21. — Zuiics spasinogcucs cl spasino-frénalriccs de l'iiulu C...

(Gers), pour des accidents convulsifs de la plus grande violence. Quand elle est arrivée dans le service, elle avait une contracture hystérique persistante du membre inférieur gauche. Aujourd'hui la contracture a disparu, et les attaques sont beaucoup moins violentes et beaucoup moins fréquentes qu'elles ne l'étaient il y a quelques mois.

Paule C... est hémianesthésique du côté droit (ftg. 21). Nous lui connaissons six zones spasmogènes. L'une d'elles est médiane; elle est placée exactement au sommet des apophyses épineuses, de

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