TOUX ET RENACLEMENT HYSTERIQUES
rétrécissement concentriqae notable (fig. 49J des deux champs visuels. Les muqueuses pharyngienne et laryngienne sont tout à fait normales : elles ne sont ni rouges, ni granuleuses, ni épaissies.
Les antécédents héréditaires d'Alice L... ne sont pas mauvais : sa mère jouit d'une excellente santé; son père est un homme doux, anxieux, se préoccupant outre mesure de sa propre santé et de celle de ses enfants.
Il est à noter qu'il a eu jadis des granulations pharyngiennes provoquées par l'abus du tabac, et que, par suite de cette affection, il a été tourmenté longtemps par un renâclement ayant à peu près le même timbre dont est atteinte sa fille.
Celle-ci a joui pendant son enfance d'une assez bonne santé. Depuis l'âge de dix ans, elle est sujette à de fortes migraines et à des névralgies erratiques. Les accidents actuels ont débuté il y a neuf mois.
Fie. iî. — Rétrécissement concentrique des champs visuels d'Alice L...
En sortant d'une maison où elle avait passé la soirée, Alice L... fut saisie par le froid. Elle commença alors à avoir des quintes de toux violente qui se reproduisirent plusieurs fois chaque jour pendant deux mois consécutifs. Puis, sans cause connue, la toux disparut et fut remplacée par le renâclement persistant que nous venons de constater, car depuis son début aucun traitement n'a pu le modifier.
Dans ce cas, comme dans le précédent, le diagnostic s'impose non seulement parce que l'examen de la malade révèle l'existence de stigmates sensitivo-sensoriels non douteux (liémi-hypoesthésie et rétrécissement concentrique des champs visuels), mais aussi parce que le renâclement présente des caractères pour ainsi dire spécifiques : il se produit avec une cadence uniforme et invariable dans la position verticale; il s'arrête dans le décubitus horizontal; il cesse pendant le chant ou la lecture à haute voix; il disparait totalement durant le sommeil. Ces particularités suffisaient à elles
seules pour établir la nature de l'accident qui nous occupe; elles permettent d'affirmer que cet accident ne tient pas à une affection organique du larynx ou du pharynx; qu'il est d'origine purement névropathique et qu'il guérira sans laisser de traces K