G2 DÉCOLLEMENT ET CHUTE DE L'ONCLE
qucfois à séparer la lamelle unguéale de sa matrice sur une hauteur assez considérable. Extérieurement, du reste, la limite des portions détachées et des portions adhérentes se traduit par un changement de coloration appréciable à la surface de l'ongle.
Il est assez rare que ce décollement inférieur (je l'appelle inférieur parce qu'il procède de bas en haut, contrairement à d'autres variétés d'onyxis qui détachent l'ongle de haut en bas), il est assez rare, dis-je, que ce décollement inférieur arrive à rompre toutes les adhérences de la lamelle unguéale et à en provoquer la chute. Le plus souvent il se limite et n'atteint que le tiers ou la moitié de la hauteur de l'ongle. Consécutivement, la lésion-se répare par la croissance des portions supérieures de l'ongle, lesquelles reprennent adhérence avec les tissus sous-jacents.
III. — Troisième variété : décollement total et chute de l'ongle {alopécie unguéale de quelques auteurs) .
Dans cette variété d'onyxis, l'ongle se détache peu à peu des parties sous-jacentes, se décolle progressivement dans toute son étendue; puis, quand toutes ses adhérences se sont rompues, il finit par tomber, en laissant à découvert ce qu'on appelle la matrice unguéale.
Ce travail de séparation se fait sans douleur, à ce point que certains sujets — peu soucieux de leur personne, il faut en convenir — sont parfois surpris de voir un de leurs ongles détaché sans avoir un instant soupçonné qu'il lut malade. J'ai dans mes notes, par exemple, l'histoire d'un jeune maçon qui perdit à son insu tous les ongles des orteils. Fort étonne un beau jour de cette découverte, il se mit à la recherche des ongles qu'il n'avait plus, et en trouva deux dans l'une de ses chaussettes. De même une femme de nos salles nous racontait dernièrement qu'elle venait de trouver dans ses draps l'ongle d'un de ses gros orteils, et cela à sa grande stupéfaction, disait-elle, car « elle ne savait pas l'avoir perdu S).
Mais, le plus habituellement, quand on a affaire à des malados moins indifférents d'eux-mêmes, ou bien encore quand la lésion porte sur les mains, le décollement progressif de l'ongle, quoique toujours insensible ou presque insensible, comme douleur, n'é-
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chappe pas à l'attention et peut être suivi dans tous ses détails. On voit alors l'ongle se bomber au niveau de sa racine, faire relief, se soulever; bientôt on aperçoit son bord supérieur qui, détaché et poussé en avant (suivant le mode habituel de croissance ou d'élimination de la lamelle unguéale), laisse à nu derrière lui une petite surface rosée, sèche et squameuse, laquelle n'est autre que la matrice de l'ongle. Cette surface devient de jour en jour plus considérable, à mesure que progresse le travail d'éhmination. Puis l'ongle se décolle de plus en plus et finit par tomber.
Mais, avant même qu'il se soit détaché, déjà un processus régénérateur s'est établi, etun nouvel ongle tend à se constituer. Celuici s'accroît et se développe. Parfois aussi réguHer que celui dont il a pris la place, il est en d'autres circonstances plus ou moins arqué, incurvé, crochu, à la façon des ongles de nouvelle formation. On dit même qu'en certains cas de cet ordre la régénération unguéale ne se produit pas, et que l'ongle est remplacé simplement par une masse informe de matière cornée. Je ne saurais garantir ce dernier fait, ne l'ayant pour ma part jamais observé.