PSEUDO-RHUMATISME SYPHILITIQUE
VU, en efîeL, de nombreuses erreurs commises relativement à ce pseudo-rlnimalisme de la vérole. Je m'accuse le premier d'en avoir commis bon nombre pour ma part, bon nombre que je retrouve et reconnais aujourd'hui en relisant mes anciennes notes. Je puis môme vous citer l'histoire d'un de nos confrères, médecin des plus distingués, qui se trompa sur lui-même dans un cas de ce genre et se crut longtemps rhumatisant, alors qu'en réalité il n'était que syphilitique. Affligé de douleurs multiples de l'ordre de celles que nous venons d'étudier, ce confrère se traita pendant trois mois entiers à l'aide de tous les antirhumatismaux vulgaires, tels que sulfate de quinine, bicarbonate de soude, colchique, vératrine, bains de vapeur, douches sulfureuses, etc., etc. Aucun de ces remèdes ne lui procura le moindre soulagement. Du jour, en revanche, où l'erreur fut suspectée, l'administration des anlisyphilitiques dissipa comme par enchantement ce prétendu rhumatisme, et le malade fut guéri, absolument guéri, en moins de quinze jours. Conservez donc ce fait en souvenir. Messieurs, et tenez-vous en garde contre les surprises auxquelles expose en pratique ce pseudo-rhumatisme de la vérole.
Je viens de passer en revue. Messieurs, les principales afîeclions secondaires du système locomoteur qui peuvent être rattachées d'une façon précise à la lésion de telle ou telle partie de ce système *.
Mais, ainsi que je vous le disais au début de notre conférence
1. A la description qui procède j'aurais peut-être dû joindre un chapitre mrValrophie musculaire progressive de provenance syphilitique. Je n'ai pas osé le faire, ne possédant encore sur ce point qu'un nombre d'observations trop insulTisant. Ce que je puis dire, c'est qu'on a vu parfois l'atrophie musculaire progressive se produire dans le cours de la syphilis, et cela niômc à une période jeune encore de la maladie, en pleine période secondaire. M. Rodct (de Lyon), notamment, a relaté un fait de ce genre des plus intéressants {Union médicale. 185!), 1. 1, p. 403). Ces dernières années, j'ai eu dans mon service une malade qui, coïncidcmment avec des manifestations multiples de syphilis secondaire (syphilides muqueuses, adénopathies, céphalée, ar- Ihralgies, insomnie, (lèvre spécifique, analgésie, ancsthésie, douleurs multiples, etc.),