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DEUX TYPES

clair par la force du mal de tête )), d'avoir par instants comme un brouillard, comme un voile devant les yeux.

Enfin, lorsque la céphalée se manifeste sous une forme aiguë et violente, on la voit en certains cas se compliquer d'un véritable siibdelirium intermittent, consistant en propos entrecoupés, en paroles sans suite, en actes inconsidérés et comme impulsifs, dont les malades ne se rendent pas compte. Exemple. J'ai eu l'occasion de voir avec l'un de mes collègues, il y a quelques mois, un jeune homme qui, à la suite d'une syphiHs absolument négligée, avait fini par être atteint de manifestations assez graves, notamment d'accès formidables de céphalée. Or, ce jeune homme répondait à peine à nos questions, paraissait indifférent à notre présence et étranger à tout ce qui se passait autour de lui. De temps à autre il articulait des mots incohérents ; plusieurs fois, dans le cours de notre consultation, il se leva sans motif, comme égaré, se recoucha de même, se découvrit, se recouvrit, et tout cela sans propos, sans intention suivie, à la façon d'un malade en délire.

J'ajouterai même qu'en certains cas — mais ceux-ci tout à fait exceptionnels — on a vu des malades, exaspérés par la douleur, en arriver à des projets, voire à des tentatives de suicide. J'ai dû, pour ma part, faire garder à vue pendant quelques jours (le temps de produire une sédation sur la douleur) un malade qui, non sans intention, s'était élancé brusquement vers sa fenêtre dans une effroyable crise de céphalée.

Comme évolution, la céphalée secondaire affecte deux types différents, de fréquence à peu près égale : 1° le type continu avec exacerbations ; — 2° le type intermUtent.

Dans le premier type, les malades souffrent de la tête d'une façon permanente, aussi bien le jour que la nuit, aussi bien la nuit que le jour. Seulement, les douleurs redoublent par instants, sous forme d'accès. Ces accès se produisent surtout la nuit. Pour la céphalée, plus que pour tout autre symptôme secondaire, l'influence nocturne de la vérole se traduit par une exacerbation marquée. C'est presque toujours le soir ou la nuit que les douleurs atteignent ces terribles paroxysmes dont je vous ai parlé précédemment.

Il est des cas toutefois (ceux spécialement d'intensité légère ou moyenne) où la céphalée se continue avec égalité à tout moment du jour et de la nuit. Je l'ai même vue redoubler d'intensité le jour et se calmer la nuit; mais cela est très rare.

Second type, un peu plus commun, je crois. Ici, la céphalée est intermittente. Dans ce cas, elle disparaît généralement pendant le jour, pour se reproduire à certains moments, surtout vers le soir, vers cinq ou six heures de l'après-midi le plus souvent. Elle dure alors un temps variable, quelques heures en moyenne, parfois aussi une partie de la nuit ou même toute la nuit, pour s'apaiser vers le jour.

Fréquemment encore elle affecte dans ses intermittences une l'itable périodicité. Chez certains sujets elle apparaît vers le soir, à heures absolument régulières, voire si régulières que les malades vous disent : « Dans deux heures, dans une heure, dans une demi-heure d'ici, je serai pris de la tête » ; et leur prédiction s'accomplit à point nommé.

La durée qu'affecte ce pénible symptôme est très variable , et cela dans des limites assez larges. Chez un certain nombre de malades la céphalée disparaît en quelques jours. Chez d'autres, et c'est là le cas le plus habituel, elle persiste plusieurs semaines (alors, bien entendu, qu'elle n'est pas traitée). Chez d'autres enfin elle dure un temps infiniment plus long. J'ai vu nombre de femmes qui, par ignorance de leur maladie, ont enduré deux, trois, quatre, cinq mois de suite, d'horribles céphalées qu'elles prenaient pour des migraines ou des névralgies. Une de mes clientes de la ville, affectée d'une syphilis qui resta longtemps méconnue, m'affirmait avoir souffert de violents maux de tête pendant plus d'une année.

Ajoutons que cette céphalée est essentiellement sujette à récidives. On n'en est pas délivré parce qu'on l'a subie une première fois. Loin de là. Elle a des retours très fréquents.

S'il est des plus pénibles, ce symptôme en revanche, hàtonsnous de le dire, est des plus accessibles au traitement spécifique,

des plus facilement curables. De l'aveu de tous les cliniciens, le mercure exerce sur lui une action des plus puissantes, une action véritablement merveilleuse comme sûreté et comme rapidité de résultats. En quelques jours il fait justice de la céphalée secondaire, du moins dans la presque totalité des cas. Plus vive même est la douleur, plus sensible est l'influence du remède. J*ai vu et tout le monde a vu des céphalées atroces être soulagées presque subitement par le mercure et dissipées en moins d'une semaine. Bien rares, bien exceptionnels sont les cas où ce symptôme se montre réfractaire au mercure.

Eh bien — le croiriez-vous? — ce résultat d'expérience commune et journalière a été contesté par quelques adversaires acharnés du mercure 1 « Si la céphalée, a-t-on dit, disparaît à la suite de l'administration du mercure, ce n'est pas au mercure qu'il faut en faire honneur; elle disparaît parce qu'elle doit disparaître sponte suâ, parce qu'elle n'a qu'un temps, parce qu'elle ne saurait durer toujours. Ce qu'on prend pour le résultat d'une influence thérapeutique n'est que le produit d'une simple coïncidence. » Ou bien encore : « Le mercure ne dissipe pas la céphalée par l'effet d'une vertu spécifique; ce qu'il produit, d'autres remèdes le produisent également ; le sulfate de quinine ou un purgatif en ferait tout autant. »

Pour l'argument de « coïncidence », il est, en vérité. Messieurs, de l'ordre de ceux auxquels on a le droit de ne pas répondre. Quand un fait s'est produit des milliers de fois, quand chacun peut le reproduire à volonté dans des conditions identiques, le hasard des coïncidences ne saurait lui servir d'explication. N'insistons pas.

Rien de plus sérieux dans la seconde objection. Dire que le sulfate de quinine et les purgatifs exercent sur la céphalée secondaire la même action curative que le mercure, c'est émettre un de ces paradoxes auxquels la pratique journalière oppose de constants et formels démentis. Que de fois n'avons-nous pas vu des malades qui, pour se débarrasser de leurs maux de tête, ont vainement essayé des purgatifs, du sulfate de quinine et de cent autres remèdes, et qui finalement n'ont été soulagés que par le mercure ! Sur ce point l'expérience n'est plus à faire; elle est

faite, et sûrement, scientifiquement faite de longue date. S'il est quelque chose de démontré en thérapeutique, c'est à coup sûr l'action élective, spécifique, du mercure sur certains symptômes de la vérole, sur la céphalée secondaire tout particulièrement.

Que l'on conteste l'influence curative du mercure sur la syphilis considérée d'ensemble comme dialhèse, cela se conçoit à la rigueur, cela peut souffrir discussion. Mais nier l'action curative du mercure sur les accidents de la diathèse, sur des symptômes que nous voyons chaque jour soulagés et guéris par lui, cela vraiment est incompréhensible; car cela n'est pas seulement tenir en dédain formel ce qu'ont établi l'expérience de plusieurs siècles et l'accord unanime des meilleurs observateurs; c'est de parti pris récuser un fait constant et fermer volontairement les yeux à l'évidence.

Un dernier mot, L'iodure de potassium exerce-t-il sur la céphalée secondaire la même action sédative que le mercure? Non, certes. Sur ce point, il est inférieur au mercure. Il soulage cependant, cela est incontestable ; mais il ne soulage que d'une façon moins rapide et moins sûre. De là cette double conséquence pour la pratique : 1° avantage évident à prescrire le mercure dans tous les cas, de préférence à l'iodure; — 2° avantage possible à combiner les deux remèdes, pour obtenir de l'un et de l'autre la somme totale de leur action thérapeutique. Inutile ou superflue pour les cas légers ou moyens, cette médication mixte est surtout indiquée alors qu'on a affaire à ces crises de céphalée violente qu'il importe de soulager promptement, et je puis dire qu'elle fournit toujours les meilleurs résultats.

II. — Troubles du sommeil. — L'insomnie est un phénomène commun dans la période .««condaire, surtout à une époque peu avancée de l'infection.

Elle se présente sous deux formes très distinctes, qui se définissent d'elles-mêmes, à savoir : l'insomnie symptomalique , et l'insomnie essentielle.

L'insomnie symptomalique est l'cfl'el bien naturel des don-

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