CHANCRES EXTRA-GÉNITAUX
2° Si les régions péri-génitales (périnée, face supéro-inlerne des cuisses, plis génito-cruraux, etc.) sont bien plus fréquemment aflectéesde chancres chez la femme que chez l'homme, cela encore se conçoit facilement. Chez elle, en effet, ces parties risquent bien plus que dans notre sexe d'être souillées par le pus virulent. Le périnée de la femme, par exemple, s'offre naturellement à la contagion, parce qu'il est situé immédiatement en arrière de la vulve, et que tout ce qui s'écoule de la vulve se répand sur lui. Le périnée de l'homme encourt-il des dangers analogues?
3° Enfin, quant à Vanus, vous me dispenserez de vous dire les raisons qui l'exposent chez la femme, bien plus fréquemment que chez l'homme, à devenir le siège du chancre syphilitique. Ces raisons, vous les devinez. Elles sont telles que l'accident primitif de l'anus, presque exceptionnel ou du moins très rare chez l'homme, est au contraire assez commun chez la femme*. Les
1. Voici en eÊFet ce que fournit la comparaison des deux statistiques suivantes, relevées sur les observations qui me sont personnelles :
1° Hommes : Nombre de cas observés 471
— Cbancres de diverses régions 465
— Chancres de la région anale ou péri-anale 6
Moyenne : i chancre de la région anale ou péri-anale sur 78 chancres de toutes régions.
3» Femmes : Nombre de cas observés 203
— Chancres de diverses régions 189
— Chancres de la région anale ou péri-anale.... 14
Moyenne : 1 chancre de la région anale ou
péri-anale sur 14 chancres de toutes régions.
À ce propos, une remarque incidente doit trouver place ici.
A très juste titre le chancre anal a mauvais renom. Chez Thomme, en elîet, il est l'indice presque certain d'une contagion directe. A-t-il chez la femme une signification aussi positive? Non. Si, chez elle, il dérive souvent d'un contact obscène, il peut résulter aussi du contact le plus normal; il peut être produit par le simple écoulement sur le périnée et l'anus des liquides vaginaux servant de véhicule au pus contagieux. — Mais, dans ce cas, dira-t-on, les parties génitales et l'anus doivent être contaminés à la fois. — Quelquefois oui, répondrai-je; mais quelquefois non, et l'anus seul est affecté. Car les choses peuvent se passer de la façon suivante : une femme s'expose à la contagion dans un rapport normal; elle se lave, elle prend une injection; elle détcrgc et protège ainsi la vulve et le vagin; mais ce qu'elle ne peut protéger au même degré par des ablutions de ce genre, c'est l'anus dont les plis rayonnes et l'infundibulum normal sont disposés à merveille pour servir de refuge au