‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 50 sur 263 · SIÈGE · texte numérisé non relu

SIÈGE

Siège du chancre :

Bubon correspondant:

Chancres génitaux (c'est-à-dire chancres des grandes lèvres, des petites lèvres, de la fourchette, du méat urinairc, de l'urèthre, de l'entrée du vagin, etc.)

Ganglions inguinaux.

Chancres péri-génitaux (chancres du périnée,des régions génito-crurales, du mont de Vénus, de la cuisse, des fesses, etc.).

Ganglions inguinaux.

Ganglions inguinaux.

Ganglions sous-maxillaires.

Ganglions sus-hyoïdiens.

Ganglion pré-auriculaire.

Ganglion épitrochléen. — Ganglions

Chancres de l'anus, de la marge de l'anus.

Chancres des lèvres, du menton

Chancres de la langue.

Chancres des paupières Chancres des doigts. . .

Chancres du bras Chancres du sein

axillaires.

Ganglions axillaires.

Ganglions axillaires (quelquefois gan-

Chancres du col utérin

glions sous-pectoraux).

Ganglions pelviens (théoriquement). —

En général, rien dans les aines. Excep-

tionnellement, bubon inguinal.

Pour nous, ici, le siège précis de deux bubons est particulièrement essentiel à déterminer.

1" Le chancre du sein fait son bubon clans Vaisselle. Parfois cependant on trouve, avec ce chancre, un ou plusieurs ganglions engorgés sous le grand pectoral, un peu en avant du creux axillaire.

2° Le chancre du col utérin doit faire théoriquement son bubon dans les ganglions pelviens. Mais ce bubon pelvien n'a jamais été constaté, et cela pour une bonne raison" parce qu'il n'est pas accessible, appréciable. Deux fois cependant, particularité curieuse, j'ai trouvé, coïncidemment avec le chancre du col, une adénopalhie inguinale bien accusée. Cette adénopathie était-elle explicable par ce fait qu'un chancre aurait existé à la vulve et se serait évanoui assez hâtivement pour échapper à l'examen? Je ne le crois guère, et, hypothèse pour hypothèse, je préfère celle qui expliquerait ce bubon par une anastomose entre les lymphatiques du col et ceux de la partie antérieure du vagin, lesquels, comme vous le savez, ont pour aboutissants normaux les ganglions de l'aine.

Époque d'apparition. — Quand se manifeste le bubon symptomatique du chancre?

158 AbÉNOl'ATHIE PRIMITIVE.

Quelquefois, dans le? derniers jours du premier septénaire ; bien plus souvent, dans le cours du second septénaire qui suit l'apparition du chancre.

Notez toutefois qu'en fixant cette date à l'éclosion de l'adénopathie, nous exprimons simplement ce qu'il nous est possible de constater, c'est-à-dire l'époque où la lésion ganglionnaire devient appréciable au toucher. Il est possible, il est certain même que cette lésion débute j^ius tôt; car, bien évidemment, elle ne saurait être appréciable dès le premier instant où elle se produit. Mais quant à fixer le terme exact, le terme vrai où les ganglions commencent à être affectés par la maladie, nous ne saurions le faire, et pour cause, n'ayant sur ce point aucun renseignement nécroscopique.

Il se peut encore que les progrès de cette adénopathie soient assez lents pour qu'elle ne devienne bien manifeste que plus ou moins tardivement. Cela se voit en certains cas, mais cela est en somme assez rare pour qu'on puisse poser comme règle que le bîthon suit de très près V apparition du chancre.

Syr)iptômes. — En quoi consiste cette adénopathie? Par quels signes se caractérise-t-elle?

Raisonnant à priori, on serait tenté de croire que le bubon symptomatique du chancre infectant doit être une adénopathie sérieuse, importante comme volume, comme accidents, comme douleurs, comme complications possibles, etc. Car, à maladie grave correspondent rationnellement des manifestations graves. On serait tenté de croire, par exemple, que ce bubon doit être bien autrement sérieux que celui du chancre simple, affection mille fois moins redoutable que la syphilis, ou que celui d'un traumatisme, d'une brûlure, d'une inflammation légère. Or, il n'en est rien, et c'est précisément le contraire qui a lieu.

De toutes les adénopathics possibles, l'adénopathic symptomatique du chancre infectant est à coup sûr une des plus légères, une des moins importantes comme accidents, une des plus pauvres en complications; au total, une des plus bénignes, des plus inoffensives, des plus anodines, à ce point qu'elle peut passer complètement inaperçue. C'est même, en nombre de cas, un symptôme

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