‹ Leçons cliniques sur la syphilisChapitre 92 sur 263 · QUATRIÈME GROUPE : TYPE VÉSICULEUX · texte numérisé non relu

QUATRIÈME GROUPE : TYPE VÉSICULEUX

SYPHILIDE HERPÉTIFOnME'.

Des diverses variétés qui composent ce quatrième groupe*, une

1. Forme décrite par certains auteurs sous les noms de: pustules syphilitiques vésiculeuscs; — pustules syphilitiques séreuses; — syphilide pustuleuse miliairc ; — syphilide miliaire, etc.

2. A dessoin j'ai passé sous silence dans cet exposé très élémentaire doux formes éruptivcs des plus rares, qui appartiennent au type vésiculcux, à savoir : la syphilide varicelliforme et la sypliiiidc ec^émaUuse.

I. — La première se caractérise ainsi : début j^énéralcinent marqué parquoiques phénomènes fébriles; — éruption de taches rouges, circonrrites, sur lesquelles se produit presque aussitôt un soulèvement vésiculeux — puis formation de vésicules gh'buienses, acuiniuées, coniques, du volume d'un grain de millet; ces vésicules sont remplies par unn sérosité transparenlc, qui peu à peu se trouble et semble devenir pyoïde, jaunâtre (A ce moment, l'éruption offre une certaine analogie d'aspect avec l,i viiiiolc et a même é|é décrite sous les noms de variole syphililiqiie, syphilide vnrioliforuic, etc.;; — jilus lard, croAles brunâtres se constituant à la surface de ces vésico-

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seule est importante et mérite d'être étudiée en détail. C'est la sypliilide dite herpéiiforme.

Cette dénomination suffit déjà par elle seule à vous donner une idée o-énérale de la forme éruptive que nous allons décrire. Vous savez, en effet, ce qu'est l'herpès : une série de petites vésicules miliaires qui érodent superficiellement le derme et qui, à un moment donné, se recouvrent de croûtelles. Eh bien, telle est, en abrégé, la syphilide herpétiforme.

La lésion élémentaire de cette syphilide est une vésicule ou une papulo-vésicule, c'est-à-dire une papule miliaire surmontée à son sommet d'une ampoule microscopique contenant une gouttelette de sérosité.

Et l'évolution de cette lésion élémentaire consiste simplement en ceci : la transformation de la papulo-vésicule initiale en une petite élevure recouverte d'une croûlelle à son sommet.

La vésicule, en effet, n'est qu'une phase toujours éphémère de l'éruption. Elle se rompt rapidement, et ce que l'on constate après elle, c'est tantôt un petit bouton rougeâtre, faisant une saillie légère, dépouillé d'épiderme à son sommet et bordé d'une collerette grisâtre, tantôt et plus habituellement — car c'est là le type le plus durable de la lésion — une petite papule granuleuse, surmontée d'une croûtelle brune, sèche, adhérente.

L'éruption persiste un certain temps, plusieurs semaines au moins, sous cet aspect. Puis, quand elle. doit entrer en régression, ses croûtelles se détachent et ses papules s'affaissent. Reste alors

pustules; — finalement, chute de ces croûtes, et macules consécutives persistant un temps assez long, puis disparaissant sans cicatrice.

Cette éruption est presque toujours disséminée comme une varioloïdc. — Elle n'est que rarement conlluente. — Souvent elle procède par poussées consécutives.

II. — L'eczéma sypliilitique s'accuse d'aijord, dit-on, par des'taches érytliémateuses plus ou moins étendues, à la surface desquelles se produit un pointillé vésiculeux. Plus tard ces taches deviennent érosives et suintantes, puis se recouvrent en partie ou en totalité de croûtes minces, non consistantes, mollasses, jaunes ou jauniUrcs. A ces croûtes succède une maculature qui se dissipe sans laisser de cicatrice. — Les sièges de prédilection affectés par cette variété de syphilide seraient la face et le scrotum.

•le considère pour ma part l'eczéma syphilitique comme une manifestation excessivement rare. Je crois que, pour la plupart des cas, les lésions qu'on a décrites sous ce litre, si tant est môme que cette forme morhide doive être conservée, auraient pu être plus légitimement rapportées soit à la syphilide érosive, soit à la syphilide papulocroûleuse.

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une macule brunâtre sur laquelle l'épiderme se reforme et qui s'efface graduellement.

Ce qui donne à la syphilide lierpétiCorme un aspect tout spécial, ce sont les deux caractères suivants :

i" Ténuité singulière des éléments éruptifs;

2° Confluence excessive de ces éléments.

Quelques développements à ce double propos.

4° La syphilide herpéliforme est composée d'éléments éruptifs remarquablement j36fî7s, du volume d'une tète d'épingle ou d'un grain de millet tout au plus. Elle est ce qu'est l'herpès. Elle mérite à ce point de vue la qualification de miliaire que lui ont donnée certains syphiliographes.

2° De plus, ses éléments éruptifs sont excessivement nombreux en général. Quand ilb occupent une région, ils la criblent littéralement, comme ferait une variole des plus confluentes, et c'est par centaines qu'on pourrait les y compter.

Ils sont le plus habituellement semés au hasard sur la peau. Plus rarement on les trouve distribués en cercles, en anneaux, en croissants, etc.

Ils occupent de préférence les membres et le tronc. Jamais, pour ma part, je ne les ai observés à la face, non plus qu'aux mains et aux pieds ^

La syphilide herpétiforme se dissémine assez souvent sur plusieurs départements de l'enveloppe cutanée. D'autres fois elle se circonscrit à une région, sur une étendue plus ou moins limitée ; mais cela est relativement rare.

C'est un symptôme de la première ou de la seconde année d'infection. — Avec M. Bazin, je crois cette forme éruptive plus commune chez la femme que chez l'homme.

C'est enfin, comme les éruptions des groupes précédents, une manifestation bénigne : bénigne en ce sens, d'abord, qu'elle n'offre aucune gravité par elle-même; bénigne aussi parce que, comme expression de la diathôse, elle n'atteste pas une forme grave de

I. Voyoz cniiime oxcmplo une belle pièee dcpsoi'e an inuscc de I'liô|iilalSninl-Loui5 (collection itailiculiùre, no ItO'.li.

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syphilis et ne comporte pas d'indication pronostique sérieuse pour l'avenir.

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